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Nationalité « MONNAIE’gasque »

Monaco
le 30/03/2012

Plus fort que le FN : la Principauté applique la préférence nationale. Les Monégasques sont des privilégiés au statut très convoité. Mais ne devient pas sujet du prince qui veut !

Ils sont seulement 8 000 et ne représentent que 20 % de la population du Rocher… Mais à eux seuls, les Monégasques cumulent tous les privilèges  : fiscalité très avantageuse et passe-droits en tous genres  !

Bien né, tu seras

Seul le droit du sang est en vigueur à Monaco  : il faut être né de parents monégasques (valable aussi en cas d’adoption) pour être à son tour auréolé  ! Faute d’avoir hérité de cette précieuse lignée bien que vivant ici depuis des générations, ils sont aujourd’hui des milliers d’«  enfants du pays  » à ne bénéficier d’aucun statut reconnu, encore moins de privilèges. Pas de droit du sol donc, si ce n’est pour les enfants nés sur place de parents inconnus. Sachant que l’accouchement sous X n’est pas légal à Monaco, l’exception reste théorique. «  Ça pourrait être par exemple un enfant qui serait abandonné sur les marches d’une église  », précise, confus, Bernard Lefranc, à la tête du service de l’état civil à la mairie de Monaco, concédant néanmoins que «  le cas est assez rare  ». Et pour cause, dans un pays qui possède en moyenne six caméras par réverbère, les parents démissionnaires ne demeureraient pas inconnus très longtemps  !

Avec un Monégasque, tu te marieras

Autre possibilité pour obtenir le sacre suprême  : le mariage, mais seulement pour les femmes  ! Un homme qui se marie à une Monégasque n’obtiendra pas pour autant la nationalité (une réforme est en cours). Et au palais, on veille déjà à ce qu’une donzelle, russe, blonde, à forte poitrine qui épouserait un vieux monsieur possédant douze Rolex, ne le fasse pas pour de mauvaises raisons. L’épouse ne pourra ainsi faire la demande de nationalité qu’après cinq ans d’union maritale, en application de la Constitution, et «  à condition que la communauté de vie avec le conjoint monégasque n’ait pas cessé au moment de la demande  ». Bonne nouvelle pour elle  : «  En cas de divorce, la nationalité reste acquise  », précise le responsable de l’état civil.

Si avec Albert t’es sympa, naturalisé tu seras



Dernière option possible, la naturalisation. Officiellement, il faut justifier de dix ans de résidence sur le Rocher et être prêt à renoncer à sa nationalité d’origine. Quand on cherche à savoir si d’autres critères, financiers par exemple, peuvent motiver la décision, c’est l’omerta du côté du responsable de l’état civil  : «  Nous ne saurons pas vous dire, le dossier arrive sur le bureau du prince et il est seul décisionnaire.  » Albert sait choisir ses sujets. Alain Ducasse, le chef étoilé au chiffre d’affaires estimé à 40 millions d’euros, faisait partie de la cinquantaine de chanceux en 2008 (en 2010, sur 400 demandes, seules sept ont abouti). À longueur d’interviews, celui qu’on surnomme désormais Alain «  DuCash  » élude les questions sur la fiscalité par cette réponse  : «  Monaco, c’est un choix de cœur.  » Un cœur en or massif…

Samantha Rouchard

@-Leravi - http://www.leravi.org