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Ce n’est pas la fête à La Grenouille

Le Pradet (83)
le 11/05/2012

Le projet varois d’écoquartier de La Grenouille, au Pradet, fait plus la pluie que le beau temps… Et fait croasser...

21 janvier, le journaliste Denis Cheissoux débute son émission CO2 mon amour, sur France Inter, par un billet d’humeur à charge contre la mairie du Pradet et son projet de 900 logements en écoquartier  : «  Là-bas un orage d’été vous fait monter en deux heures le chiffre d’affaires des marchands de bottes en caoutchouc. […] Aussi tenions-nous à saluer l’initiative d’élus de sensibilité écologique du Pradet qui ont déclassé des terrains historiquement agricoles sur plus de 14 hectares en terrains constructibles  !  »

Contre l’avis de la chambre d’agriculture, de l’État et du commissaire enquêteur, Claude Mesangroas, le maire PS fait voter en décembre dernier le nouveau Plan local d’urbanisme (PLU) et le quartier durable promis durant sa campagne en 2008. «  Nous ne sommes pas contre des logements mais pas sur le site de La Grenouille qui regroupe à lui seul une zone d’effondrement, des zones humides inondées à la moindre pluie et une zone de captage d’eau potable non respectée  », s’insurge Christine Watel, présidente du CIL (Comité d’intérêt local ) de propriétaires. Au total quatre associations (1) dont celle de La Garde, soutenue par son maire UMP Jean-Louis Masson (2) ont déposé un recours gracieux. «  Nos inquiétudes sont fondées puisqu’en janvier, la commune a été classée en état de catastrophe naturelle suite aux inondations de l’automne passée  », ajoute Christine Watel. Le Fonds mondial pour la nature (WWF) a décidé d’en faire un de ses sujets d’action en 2012.

Pour Bernard Pezery, adjoint au maire délégué de l’aménagement du territoire il s’agit «  d’une guéguerre politicienne  » et de «  propriétaires qui ne veulent pas de nouveaux logements à proximité  ». Christine Watel dément. Son opposition dérange, elle a dû déposer une main courante, menacée, selon elle, par certains propriétaires qui voient l’opportunité de se débarrasser au prix fort de terres devenues (enfin) constructibles. Aucune parcelle n’aurait été cédée pour l’instant, mais la mairie avoue que certaines promesses de vente existent. A contrario, dans le quartier voisin de La Fleuride, Jean-Baptiste Giraud a vu son terrain constructible non inondable de 4,5 hectares se transformer en terre agricole. Il a déposé un recours contentieux. «  Comment vous êtes au courant de ça  ?  », lance le 1er adjoint. Car au Pradet, un Giraud qui attaque fait toujours peur  : «  Il y a quelques années mon père a fait verser de très gros dommages et intérêts à l’ancienne municipalité pour un refus illégal de permis de construire  », raconte le fils, confiant.

Au milieu des coassements, un soutien écologiste subsiste malgré tout, celui de Christine Sandel, conseillère régionale EELV (lire ci-dessous son argumentation détaillée) qui ne comprend pas un tel acharnement  : «  Ce projet a été réfléchi et je n’ai jamais vu ailleurs un tel travail écocitoyen de la part d’une commune.  » Un appui qui fait sploch lorsque cette dernière avoue que la mairie est en passe de lui céder un terrain pour son projet expérimental «  d’auto-promo  » (3)  : «   Mais ça je ne sais pas si c’est utile de le préciser dans l’article.  » Croâyez-vous  ?

Samantha Rouchard

(1) L’UNALCI, VIE de l’eau et l’association de défense du Plan de La Garde

(2) Le cabinet du maire n’a pas donné suite à notre demande d’entretien.

(3) Dix familles achètent un terrain en commun pour y créer des logements de petites tailles, comprenant des logements sociaux, des espaces communautaires et une mixité de population.

Croâ ?

Notre article «  ce n’est pas la fête à la Grenouille  », sur le projet d’écoquartier varois au Pradet, a fait bondir Christine Sandel, la conseillère régionale écolo.

Conseillère régionale EELV, je suis personnellement mise en cause dans l’article intitulé «  ce n’est pas la fête à la Grenouille  » d’avril 2012, et je souhaite répondre à ces propos mensongers. Je suis venue habiter la commune du Pradet en 2010 pour vivre dans le futur quartier durable de la Grenouille et participer à un projet d’habitat groupé en auto-promotion.

L’association «  Quartier libre  » à laquelle j’appartiens s’est beaucoup impliquée lors des ateliers éco-citoyens, et nous avons constitué, au sein de cette association, un groupe de futurs habitants, intéressés par un projet en auto-promotion.

Il se trouve que l’ensemble des terrains du quartier durable étaient déjà octroyés à un promoteur immobilier puisque, depuis des années, (et sous les mandatures du maire JOFFRE), des compromis de vente avaient été signés avec ce dernier. Seuls, quelques propriétaires ne s’étaient pas engagés auprès de ce promoteur et deux d’entre eux étaient particulièrement intéressés par notre projet et susceptibles de nous vendre directement leur terrain.

En aucune façon, la mairie n’est intervenue, même si elle s’est montrée très favorable à l’aspect innovant de notre démarche collective.

Les membres du CIL de la Grenouille, que vous citez dans votre article, ne sont pas contre la construction de logements mais pas à leur porte… et surtout pas de logements sociaux. La municipalité souhaite 30 % de logements sociaux sur ce quartier, situé contre le centre-ville, car la commune ne respecte pas, à ce jour la loi SRU. Or, à la fin de ce mandat, elle aura atteint 13 %.

Elle respecte scrupuleusement la loi littoral avec des coupures d’urbanisation, en particulier sur le secteur de la Fleuride, situé dorénavant en zone agricole. Vous citez Monsieur Giraud, effectivement furieux de ne pouvoir laisser libre champ aux promoteurs et à la spéculation foncière. C’est pourtant dans l’intérêt général que son terrain redevient agricole dans le nouveau PLU, en accord avec les exigences du SCOT.

La municipalité respecte aussi la préservation de terres agricoles puisqu’il y a plus de 30Ha prévus dans ce nouveau PLU par rapport à l’ancien. Le développement durable n’est pas un vain mot mais une réelle démarche, avec une véritable prise en compte des problèmes mondiaux (réchauffement climatique, raréfaction des ressources fossiles...) dans la construction de la ville de demain à travers  :

  • un refus de l’étalement urbain

l’établissement d’une ceinture verte qui encercle la commune donnant une vraie cohérence à son inscription dans la zone d’extension du parc national de Port Cros

le maintien d’une activité économique agricole par la préservation des terres fertiles, l’augmentation de 30 ha de Zone Agricole et la mise en place de structures permettant aux agriculteurs d’écouler leur production (marché des producteurs et livraison pour la restauration collective)  ; Sans parler d’une démarche de démocratie participative, dans l’élaboration de ce PLU, démarche chère aux écologistes.

Le respect des zones humides, malgré les nombreuses contre-vérités de certaines associations dites environnementales et le courage affiché dans ce PLU de construire à proximité de zones inondables et non sur des zones inondables bien identifiées dans le plan de prévention des risques.

Alors, des articles mensongers pleuvent…

Quoi  ? Des écolos veulent construire en zone inondable, détruire des zones humides ou des zones agricoles, s’acoquiner avec des élus et voir «  des enjeux environnementaux sacrifiés sur l’autel des amitiés politiques  ».

le Ravi est un journal satirique. Il est bien dans son rôle lorsqu’il dénonce les malversations politiciennes, après investigation. Que ce journal indispensable à la démocratie dans notre région ne tombe pas dans l’humour facile qui consiste, pour une belle phrase, à laisser courir de fausses insinuations mais il pousse là le bouchon un peu trop loin. Venez voir de près ce qu’est un PLU élaboré avec la population, dans un réel souci de démocratie, venez analyser les documents et comparer avec le PLU précédent, comprenez les enjeux de cet outil qui détermine la ville de demain… Votre article sera alors beaucoup plus objectif.



Encore quelques précisions ravissantes  :

Notre article fait réagir  ! Et pas que Christine Sandel  ! Christine Watel, Présidente du CIL de La Grenouille, tient à préciser que «  le CIL fait de la prévention, il n’est pas contre des constructions à conditions que toutes les études de faisabilité soient réalisées  » et que les menaces à son encontre ont eu lieu devant témoins  : «  France 3 et les adhérents du CIL étaient présents.  » Du côté de la préfecture du Var un contrôle de légalité a été émis le 22 février qui se conclut négativement  : «  Le PLU est entaché d’illégalité. De ce fait, je vous invite à bien vouloir faire rapporter par votre conseil municipal la délibération du 21 décembre 2011 par laquelle vous approuvez votre PLU et de reprendre votre procédure au stade de l’arrêt. Dans le cas contraire, je me verrais contraint de déférer ce dossier au tribunal administratif.  » Un courrier de trois pages reçu en mairie le 27 février, dont Claude Mesangroas (maire PS) déclarait ignorer l’existence (Var matin du 5 avril). Son directeur de l’aménagement, Sébastien Ruvira, interrogé sur ce même courrier, nous affirmait pourtant quelques jours plus tôt : «  Cela ne change rien pour nous, les ajustements nécessaires seront faits.  » Une certitude  : le Ravi va continuer à suivre de près les péripéties du PLU au Pradet.

S.R.


PLU du Pradet suite ! Jean-Baptiste Giraud, propriétaire de terrains constructibles du quartier La Fleuride transformés en terrains agricoles, ainsi que Christine Watel, présidente du CIL (Comité d’intérêt local) de La Grenouille, tous deux pointés du doigt dans l’argumentaire de Christine Sandel, publié dans le Ravi n°96, ont tenu à répondre aux accusations de la Conseillère régionale d’Europe écologie Les Verts. Il y a quelques jours encore, les droits de réponses étaient visibles sur le site d’EELV, Jean-Baptiste Giraud ayant exigé comme la loi l’y autorise que le sien y figure, mais désormais la page est « introuvable ». Mystère de la technologie…

le Ravi ne craint pas le bug et a mis le tout en ligne sur son site internet, précédé de notre article initial (Ce n’est pas la fête à La Grenouille, Ravi n°95). Suite à la publication de cet article nous avons été contactés par l’association Collectif Pradétan de luttes contre les nuisances (CPLN) qui nous signale qu’ils ont pour leur part déposé un recours contentieux contre la mairie du Pradet pour la transformation - qu’ils considèrent abusives - de zones agricoles en zones naturelles dans le quartier de La Cibonne cette fois. Affaire à suivre…


Jean-Baptiste Giraud :

« Madame Sandel fait soit preuve d’une immense naïveté, soit manque de formation, aussi bien en matière de communication, que de connaissances des règles d’urbanisme et plus largement des règles de droit.

Madame Sandel nous apprend en effet dans sa réaction à l’article du Ravi que "l’ensemble des terrains du quartier durable [de la Grenouille] étaient déjà octroyés à un promoteur immobilier puisque, depuis des années, (et sous les mandatures du maire JOFFRE), des compromis de vente avaient été signés".

Fort bien ! Donc, nous savons désormais par le biais d’une élue de la Nation que des

terrains ENCORE agricoles ont été promis à la vente à un promoteur immobilier voici

des années ! Sachant que ce promoteur ne prévoyait certainement pas d’y planter des

salades, mais bien d’y construire... Sachant que la mandature de Monsieur Joffre

s’est achevée en 2008, et que le projet de révision du PLU a été engagé en 2002...

on peut donc facilement imaginer que les propriétaires des terrains agricoles se

sont engagés avec le promoteur immobilier dont il est question dans l’article de

Madame Sandel voici une bonne dizaine d’années.

Que s’est il donc passé au cours des dix dernières années, pour que des terrains

agricoles, situés en zone humide, et en fonction des expertises, totalement ou en

grande partie inondables, deviennent constructibles ? Je laisse les lecteurs de ce

droit de réponse imaginer par eux-mêmes.

La spéculation foncière, madame la conseillère régionale, ce n’est pas de déplorer

être empêché en dépit du bon sens et du droit de construire sur des terrains

effectivement constructibles, qui n’ont rien d’agricole puisque entièrement entourés

d’habitations. La spéculation foncière, c’est bien au contraire de transformer des

terrains agricoles, sur lesquels une activité est encore possible selon la Chambre

Départementale d’Agriculture et selon le préfet, en terrains constructibles !

La candidate d’EELV aux élections présidentielles s’est elle-même élevée contre la

transformation de terres agricoles en terres constructibles.

(http://basse-normandie.france3.fr/info/speculation-fonciere-eva-joly-s-engage-72338664.html)

C’est ça le scandale Madame Sandel, et le fait que vous souteniez la transformation

de 14 hectares de terres agricoles en terrains à bâtir avec une telle insistance, ou

un tel aveuglement, est particulièrement inquiétant !

Quant à la Fleuride, il est également curieux que vous ne vous soyez pas étonnée de

voir une coupure d’urbanisme tomber littéralement du ciel, quasiment,

providentielle, bien qu’elle n’en respecte ni les principes (circulaire d’Ornano) ni

les orientations. D’un côté, des terrains constructibles, sur lesquels un permis est

déposé depuis des années, deviendraient agricoles pour se conformer à une coupure

d’urbanisme improbable, et de l’autre, des terrains agricoles, "cédés depuis des

années à un promoteur" (sic), deviennent par magie constructibles.

Vous ne voyez rien, toujours rien, Madame Sandel ?

Jean-Baptiste Giraud


Christine Watel, pour le CIL

Christine Sandel affirme plus haut "les membres du CIL..... ne sont pas

contre des logements mais pas à leur porte... et surtout pas de logements

sociaux".

Je ne connais pas cette personne que j’ai seulement aperçue lors des

ateliers organisés en 2010 par la municipalité au sujet du PLU et auxquels

le CIL La Grenouille a participé dans leur intégralité. Le CIL, depuis le

début fait de la prévention. Nous nous sommes depuis le début élevés

devant le fait de vouloir construire un collège (projet supprimé du

contrat de territoire par le Conseil Général du Var) et des logements dans

un quartier sensible, en bordure de la zone bleue et rouge du PPR, dans

une zone humide, une zone agricole, une zone d’effondrement et d’une

grande richesse faunistique et floristique. C’est très exactement ce que

le préfet a signifié le 22 février 2012 dans un courrier officiel au maire

du Pradet, et nous savons tous que le préfet est soumis à un strict devoir

de neutralité, et ne fait qu’appliquer et faire respecter la loi.

Le préfet refuse le déclassement des terrains agricoles en terrains

constructibles, car la loi l’interdit, c’est une réalité. Le préfet refuse

la construction du collège et de logements sur une partie de la Grenouille

soumise aux risques d’inondation signalés par le PPR, c’est une réalité.

Le préfet refuse la construction sur des zones de captage d’eau qu’il faut

préserver comme le demande l’hydrogéologue mandaté par la mairie du Pradet

pour les étudier, c’est une réalité. Madame Sandel, pourtant élue au

conseil régional, ne semble pas s’intéresser aux règles de droit, mais

sait seulement que "des promesses de vente étaient signées depuis

plusieurs années avec un promoteur", comme si cela suffisait à justifier

la transformation de terres agricoles en terrains constructibles !!!

Le CIL n’a jamais dit "pas de logements et surtout pas des logements

sociaux". Il est plus facile d’écrire de tels mensonges quand on se sait

pris en porte-à-faux entre ses engagements politiques de défense de

l’environnement, et la défense de ses intérêts personnels totalement

contraires, à savoir un improbable projet immobilier, fut-il "coopératif",

sur des terrains agricoles situés en zone humide que la véritable

spéculation foncière veut transformer en terrains constructibles contre la

loi, contre le bon sens, contre l’intérêt général mais pour... certains

intérêts particuliers !

Nous voulons des logements au Pradet qui en a besoin, oui, mais pas à

n’importe quel prix. Surtout pas au prix des dégâts qui ne manqueront pas

d’être causés aux maisons, si elles étaient malgré tout construites un

jour sur la Grenouille. Surtout pas au prix des vies qui pourraient être

perdues, comme à Draguignan, par la faute de la spéculation foncière.

Madame Sandel, cette spéculation foncière que votre candidate à la

présidentielle a combattue, en disant d’ailleurs qu’elle était sur ce

sujet dans le même camp que la ministre de l’environnement Nathalie

Kosciusko Morizet, ce qui prouve que ce n’est pas un sujet politique mais

bien éthique ! Spéculation que vous défendez contre toute attente !

Le Comité d’Intérêt Local La Grenouille, dont la mission d’intérêt général

est fixée par la loi qui a promulgué les CIL, a pour but d’assurer la

prospérité et le bien-être de son quartier. En s’opposant au projet inique

de constructions sur la Grenouille, il ne fait que remplir son devoir

constitutionnel depuis que la charte de l’Environnement a intégré notre

loi fondamentale :

Article 1 : Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et

respectueux de la santé.

Article 2 : Toute personne a le devoir de prendre part à la préservation

et à l’amélioration de l’environnement.

Article 6 : Les politiques publiques doivent promouvoir le développement

durable

Le CIL vous invite à relire la charte de l’environnement,

(http://mjp.univ-perp.fr/france/co1958-19.htm) pour que vous puissiez

constater combien elle est incompatible avec le projet que vous soutenez

sur la Grenouille, en dépit du droit et du bon sens.

Pour le CIL La Grenouille

Sa présidente

Christine WATEL



@-Leravi - http://www.leravi.org