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Bienvenue à facho-land ! (bis repetita)

le 6/06/2012

L’analyse des scores du 1er tour de la présidentielle est précieuse pour photographier les rapports de force politiques dans la région avant les législatives des 10 et 17 juin. Provence-Alpes-Côte d’Azur, après la Picardie et la Corse, et à niveau égal de la Champagne, s’affiche comme la région la plus adepte de l’extrême droite en France. C’est l’une de celle aussi où Nicolas Sarkozy résiste le mieux dans sa chute. Quelques données rééquilibrent le tableau : Hollande en tête à Marseille et à Avignon, deux villes pourtant gérées par l’UMP, et un Front de gauche frôlant les 14 % dans les Bouches-du-Rhône…

Bouches-du-Rhône  : du bleu, tendance Marine

Certes, avec 28 %, François Hollande arrive en tête, de peu, dans la deuxième ville de France, Marseille. Mais, avec une participation légèrement en deçà par rapport 2007, dans le «  13  », c’est Nicolas Sarkozy qui, avec 27,5 %, conserve la pole position. Avec ses 23 %, Marine Le Pen retrouve, après le ressac de 2007, les scores du FN de 2002. Pire : en frôlant les 25 %, elle arrive en tête dans des villes PS, ou apparenté, comme Miramas, Istres ou Vitrolles mais aussi dans des fiefs du PC comme Martigues ou Gardanne. Sans parler de Marignane où la «  fille de  » fait presque 35 %. D’ailleurs, si à Aix, d’aucuns se féliciteraient presque de voir Sarkozy (32,81 %) arriver en tête et Hollande (26,77 %) lui sucer la roue, ce serait oublier que la fille double presque le score de son père (14,55 %). Et que dire des poussées frontistes à Aubagne ou La Ciotat qui rejouent un scénario à la 21 avril tandis qu’Arles se fait, elle, un 21 avril à l’envers ? Dans le département, Hollande, avec 24,5 %, tout en étant en deçà de sa moyenne nationale, améliore légèrement le score de son ex en 2007. Si ni l’extrême gauche, ni EELV n’arrivent à décoller (encore que, avec 2 %, Eva Joly doublerait presque le score de Dominique Voynet…), la seule véritable poussée à gauche est celle de Jean-Luc Mélenchon qui flirte avec les 14 % là où le PC plafonnait à moins de 3 %. Et Bayrou dans tout ça  ? Le centriste dévisse de 15 à 6 %. Autant dire que dans les Bouches-du-Rhône, il risque d’y avoir au menu des législatives quelques triangulaires, le FN ayant déjà commencé à lorgner sur plusieurs circonscriptions. A gauche, l’heure est au rassemblement. La recomposition, ce sera pour plus tard...

S.B.



Var  : la vie en bleu… très sombre

Aucune surprise du côté du Var qui reste fidèle à ses convictions de droite, tendance extrême, et qui met en avant le duo UMP-FN en offrant à Nicolas Sarkozy la première place avec 34,78 %, en baisse sensible par rapport à 2007 où il comptabilisait 39,74 %, mais avec un score qui reste tout de même supérieur à sa moyenne régionale (31,05 %). Toulon ne dément rien puisque l’UMP y fait 32,21 %. A Saint-Tropez, le président sortant obtient même la majorité absolue avec 58,30 % contre seulement 11,18 % pour Hollande qui dépasse à peine le score national d’un Mélenchon. Très bien positionné aussi à Saint-Raphaël, ville où il obtient 47, 88 % de voix. Le FN s’impose comme le deuxième parti du département, il est même en tête dans certains villages comme à Artignosc-sur- Verdon, 242 votants et 42,68 % de voix pour l’extrême droite. Au premier tour de 2002, le Var plaçait directement le FN sur la première marche avec 23,54 %. En 2012, Marine dépasse le score de son père et explose même celui de 2007 avec 24,83 % contre seulement 13,91 % pour Jean-Marie il y a dix ans. Le Var aurait bien vu un duel UMP-FN au second tour  ! Reste à savoir dans quelle mesure l’excellent score de l’extrême droite pèsera ici sur les législatives. Par exemple dans la 3ème circonscription ou se présente Bruno Gollnisch... Même à La Seyne-sur-Mer, ville de gauche, la moutarde hollandaise ne prend pas et le PS se cale à la troisième place avec pourtant 23,43 % contre 19,65 % en moyenne dans le département. Mélenchon fait par contre une belle percée à la Seyne (13,02 %) et y dépasse largement son score départemental (9 %). Plus surprenant est le résultat d’Eva Joly dans un Var anti LGV et gaz de schiste où elle comptabilise seulement 1,89 % (contre 2,17 % au niveau régional). François Bayrou s’effondre en passant de 2007 à 2012 de 15,3 % à 6,3 %. L’abstention est plus élevée qu’en 2007, 19, 41 % contre 16,53 % mais avoisine la moyenne régionale (19, 40 %).

S.R.



Vaucluse  : 1er département FN de France

Fidèle à lui-même, le Vaucluse a fortement voté à droite, Marine Le Pen talonnant de très peu le président sortant (27,03 % contre 27,44 %). François Hollande est troisième avec 22,34 % des suffrages, un score à peine supérieur à celui de Ségolène Royal en 2007 (21,45 %). Les Vauclusiens ont boudé François Bayrou puisque le centriste divise par plus de deux son score de 2007 (6,73 % contre 15,46 %). Quant à Jean-Luc Mélenchon (11,14 %), il réalise un score fidèle à sa moyenne nationale et régionale. La surprise, si ç’en est une, vient donc encore une fois du Front National, à un niveau record dans plusieurs villes du département  : 41 % à Bédarrides, 33 % à Bollène, 31 % à Cavaillon, 28,5 % à Carpentras… Le 84 confirme sa spécificité frontiste avec un score supérieur de plus de 3 points par rapport à la moyenne régionale et de presque 10 points à sa moyenne régionale. Les législatives de juin prochain devraient donc réserver bon nombre de triangulaires. Petite surprise à Orange où Nicolas Sarkozy l’emporte avec 31 %, suivi quand même de près par Marine le Pen (29,5 %). Cette dynamique de droite est par contre totalement inversée à Avignon où Sarkozy a subi une lourde défaite  : en deuxième position avec 23 % (7 points de moins qu’il y a cinq ans), il est devancé par François Hollande qui pointe à presque 31 % (3 points de plus qu’en 2007). Marine le Pen réalise 20,5 % dans la cité des Papes et le candidat du Front de Gauche a été plébiscité puisqu’il réalise un score supérieur de 2 points à la moyenne nationale (13,4 %). Et l’abstention  ? Avec 18 %, elle est plus faible qu’au niveau national (20,53 %) ou régional (19,40 %) mais tout de même plus élevée qu’il y a 5 ans, puisqu’elle était à peine de 15 %.

C.C.



Alpes-Maritimes et Alpes  : marée noire et air vicié

Il y a des signes qui ne trompent pas : dans les Alpes-Maritimes, le département le plus sarkozyste de France, celui qui avait terminé sa campagne du premier tour à Nice perd six points à 37 % tandis que le FN progresse de près de dix points, avec près de 24 % pour Marine Le Pen. Hollande, lui, à moins de 20 %, améliore quelque peu le score de Royal en 2007. Et Mélenchon de frôler les 9 %, là où le PC ne réalisait même pas 2 %. In fine, sur ces côtes où la droite avait cru ériger des digues face au FN en singeant son programme et ses postures, celles-ci sont en train de se fissurer face à une véritable marée noire.

Les Alpes de Haute-Provence se préparent, de leur côté, à une véritable recomposition politique. Si, comme il y a cinq ans, Sarkozy arrive en tête avec plus de 25 %, il perd presque cinq points, s’imposant toutefois à Manosque et Forcalquier. C’est le FN qui rafle la mise en battant tous ses records locaux et départementaux,  : Marine Le Pen double le score de son père avec plus de 20 % (allant au-delà des résultats de 2002). Elle parvient même à arriver en tête à Oraison, l’une des six villes de plus de 3500 habitants de ce département ! Alors que les socialistes locaux espéraient un Hollande au moins au niveau national, le candidat PS, tout en arrivant en tête à Digne, Châteaux-Arnoux et Sisteron, ne parvient pas à atteindre le score 2007 de Ségolène Royal, en deçà de 25 %. Il est probable que la percée de Jean-Luc Mélenchon, le Front de Gauche réalisant l’un de ses meilleurs scores avec 15 %, ne soit pas étrangère à cette situation…

Dans les Hautes-Alpes aussi, avec 14 %, Jean-Luc Mélenchon confirme que les thèses du Front de Gauche ont de l’écho dans les campagnes. Il est même, localement, au coude-à-coude avec Marine Le Pen qui, avec presque 18 %, s’impose plus facilement dans les communes les plus rurales que dans des villes comme Gap ou Briançon. Reste que si, dans ce département, Eva Joly, avec ses 3,6 %, réalise, comme Bayrou frôlant les 10 %, un score supérieur à ses performances au niveau national, dans les Hautes-Alpes, c’est Sarkozy qui, avec 26 %, arrive en tête devant le candidat socialiste. De justesse, toutefois, puisque le candidat de l’UMP recule de près de cinq points tandis que celui du PS se maintient au niveau de Ségolène Royal en 2007. En clair, même en montagne, l’air peut être vicié.

S. B.

@-Leravi - http://www.leravi.org