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Pour une descente qui part du bas…

le 3/04/2013

Les débats sur la transition énergétique se multiplient. Ceux gérés par les Etats s’avèrent peu dynamiques. Les citoyens peuvent-ils faire mieux en se regroupant dans une initiative locale de transition ? Une tribune libre de Michel Bernard, de la revue Silence

A Doha, en décembre 2012, nous en étions au 18ème sommet sur le climat. Chaque année les Etats font la preuve de leur incapacité à agir concrètement en faveur de la sobriété énergétique. C’est pourtant la seule solution viable pour limiter le dérèglement climatique en cours et prévenir la pénurie de pétrole qui s’annonce.

A un niveau inférieur, les Agendas 21 lancés en 1992, pourraient être des outils efficaces pour les collectivités publiques. Ils restent, le plus souvent, en dessous des enjeux nécessaires pour arriver à un équilibre (1). Les querelles politiques, les enjeux électoraux et les intérêts particuliers gomment toute volonté un peu ambitieuse.

Reste donc au citoyen à agir par lui-même en espérant que ce qui part du bas soit plus efficace que ce qui part du haut. C’est le pari que font depuis deux ans la centaine de groupes de transition qui ont vu le jour en France (2). Ces groupes s’appuient sur le Manuel de transition de Rob Hopkins (3). Celui-ci montre de manière très positive comment un mouvement qui part des solutions locales peut permettre d’accélérer les choses. Ce mouvement parle du phénomène de résilience, capacité à se sortir d’un problème, en valorisant une solution meilleure que la situation d’avant. Il propose d’adopter une démarche inclusive en partant de petits groupes de discussion puis en élargissant le dialogue au niveau associatif, au niveau des élus locaux et plus haut si un problème le nécessite (4).

En se servant de nombreux travaux issus de la psychologie du changement, les groupes de transition enrichissent les approches militantes traditionnelles. Les groupes urbains sont confrontés à la question épineuse de la relocalisation de la production alimentaire alors que les groupes ruraux s’interrogent sur les alternatives à la voiture individuelle.

Loin des gaz de schistes, de l’Astrid (Marcoule) et de l’ITER (Cadarache), le soutien à des alternatives déjà existantes (Amap, vélos, énergies renouvelables, jardins partagés, habitats groupés…) vise à faire se rencontrer des personnes aux parcours très variés.

En conclusion comme l’explique le Réseau des initiatives de transition : « Nous avons utilisé quantité de créativité, d’ingéniosité et de facultés d’adaptation en montant la pente de la consommation d’énergie, il n’y a pas de raison que nous ne réussissions pas à en faire autant en descendant ».

Michel Bernard, revue Silence !

Silence, qui vient de fêter ses 30 ans, « se veut un lien entre toutes celles et ceux qui pensent qu’aujourd’hui il est possible de vivre autrement sans accepter ce que les médias et le pouvoir nous présentent comme une fatalité ». La revue est éditée par une association indépendante.

La grande enquête du dernier numéro, daté avril 2013, est titrée : « slow, des lents demains qui chantent ? »

(1) Il faut baisser de 80 % notre recours aux énergies fossiles d’ici 2050.
(2) Dans la région, il y a des groupes constitués à Aix-en-Provence, Arles, Avignon, Marseille, Salon-de-Provence, Seillans… et des groupes en gestation à Mouans-Sartoux, Nice, Roquefort-les-Pins, Miramas, Saint-Andéol, Fréjus, la Seyne-sur-Mer. Contacts sur le site transitionfrance.fr
(3) Co-édition Ecosociété (Québec) et Silence (Lyon), 2010.
(4) « Le rôle des élus est de soutenir et non de conduire. »

@-Leravi - http://www.leravi.org