Contact

Abo, dons, adhésions

Pour ou contre le mariage pour tous ?

le 4/04/2013

Chaque mois, un sujet fait "tchatcher" à la rédaction du Ravi. En avril, dans le numéro qui sort ce vendredi, c’est l’augmentation des taxes sur le diesel... En janvier, c’était "le mariage pour tous", une loi examinée par les sénateurs ce jeudi...

Pour

Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. » Aux versets bibliques, je préfère l’article premier de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Au passage, pas besoin d’être lesbienne ni même de croire aux sacro-saints liens du mariage pour défendre le droit des homosexuels à pouvoir y accéder. Parce qu’à force de faire des raccourcis clavier on mélange tout, on propose un dossier sur les gays et on s’entend dire « ah non, pas encore un dossier cul ! », comme si homosexualité ne rimait qu’avec backroom, Fistinière et rapports à risque.

Et même ? Pourtant, j’ai autour de moi tous les cas de figure : Jean qui géolocalise des coups d’une heure sur Grindr, Fabien qui après des années d’abstinence a enfin rencontré l’homme de sa vie, Véréna qui cherche encore la femme de la sienne, Xavier qui vient de se faire plaquer après 4 ans de vie commune, Gérard et Bruno en couple depuis 20 ans… Moi, je vois des êtres humains tout simplement avec un corps, une âme et un cœur et avec l’envie d’aimer et d’être aimés au grand jour, le désir d’être légitimés et enfin acceptés. Pour certains ça passera par le mariage, pour d’autres non. Mais la liberté et l’égalité commencent là, par le droit qui est offert à chacun de choisir ce qu’il veut faire de sa vie, avec qui et comment.

Samantha Rouchard

Contre

Le mariage, c’est l’un des archaïsmes qui a survécu à la Révolution française. Marier un homme à une femme permettait à l’Eglise, quand elle était aux affaires, d’assurer la stabilité de la société, tout en culpabilisant les êtres humains de leurs désirs de l’autre. La République a conservé ce rituel et l’a même recouvert des ors de la citoyenneté avec le mariage civil. Dès lors, le mariage est devenu autant une affaire de reproduction sociale (on se marie dans les mêmes couches sociales), que de gestion de patrimoine. L’amour passe au second plan. Et c’est plutôt rassurant de savoir que deux personnes n’ont pas besoin d’un curé, d’un imam, d’un rabbin ou de l’adjoint au maire pour s’aimer. C’est de leur responsabilité de vivre cette histoire mais aussi d’y mettre fin.

Car enfin, se marier avec un autre être humain et lui promettre fidélité jusqu’à la fin de sa vie, c’était peut-être envisageable en 1730, quand l’espérance de vie ne dépassait pas les 30 ans. Mais aujourd’hui où l’on peut devenir centenaire, qui a envie de passer 50, 60, 75 ans avec la même personne ? Jusqu’à présent, la communauté homosexuelle était révolutionnaire car on lui interdisait d’accéder au mariage. En réclamant à cors et à cris d’être traitée sur un pied d’égalité avec le reste de la population, elle s’embourgeoise, elle rentre dans le rang, elle s’institutionnalise. Elle devient chiante !

Stéphane Sarpaux

@-Leravi - http://www.leravi.org