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Le flou artistique persiste autour de la métropole

MP 2013 : dépôt de bilan !
le 28/01/2014

Réussite collective pour les élus, présenter la capitale européenne de la culture comme une préfiguration de la future métropole marseillaise reste un tabou…

« La question métropolitaine explique principalement la réponse négative [des villes moyennes associées à l’année culturelle] sur le déficit », reconnaît Jean-François Chougnet, directeur de Marseille Provence 2013. Lundi 28 octobre, alors que le renflouement du trou de 2,9 millions d’euros de la capitale européenne était au menu du conseil d’administration de l’association, Aubagne, Gardanne, Istres, Martigues, Salon-de-Provence et l’inévitable Aix-en-Provence, ont ainsi refusé de remettre au pot.

Et pour cause, au moment de tirer le bilan de la capitale européenne, la métropole est toujours un sujet aussi sensible. Rares sont ceux, comme Daniel Hermann, adjoint à la culture de Jean-Claude Gaudin, qui espèrent ouvertement que l’année culturelle restera comme le début de l’aventure métropolitaine (1). Ou qui, comme Jacques Pfister, président de la CCI Marseille Provence et de l’association MP 2013, s’expriment sans détour. Il affirme dans une note interne intitulée « Bâtir l’après-2013 » que l’un des enjeux de l’après-capitale est de «  constituer un appui au projet métropolitain » dont il est un fervent défenseur. En règle générale, il semble presque interdit de faire de la capitale européenne un quelconque avant-goût de la future métropole marseillaise. Y compris à la préfecture ! « On a fait la démonstration qu’en jouant collectif on pouvait réussir, mais on ne parle pas de métropole », insiste lourdement le service communication du préfet délégué à la métropole.

Stratégie d’évitement

Pourtant, et en premier lieu, élus et associations considèrent que la capitale européenne a été une vraie réussite au niveau territorial et collectif. « Au début, on a eu pas mal de difficultés à travailler ensemble, reconnaît Patrick Arnoux, premier adjoint (PS) d’Aubagne. Mais [...] tout le monde a [finalement] compris l’intérêt de le faire. » « On a résisté à la fatalité d’un Aix 2013, d’un Arles 2013, etc. », acquiesce l’intéressé. « Structure commune, financement commun, vision commune du territoire », pour Daniel Hermann, la capitale européenne a été en effet et indubitablement « importante » pour développer le travail entre les différentes collectivités. Mieux assure Claire Antognazza, adjointe à la culture d’Arles (2), « la question de la métropole n’a jamais bloqué les discussions. » Ce que confirme également Laurent Carenzo, conseiller de Jacques Pfister pour Mp 2013 : « Les relations entre les politiques et au conseil d’administration ont très bien fonctionné. »

Autres sujets de satisfaction, la fréquentation touristique, la carte de transport unique ou encore les collaborations entre le « groupe des six » villes moyennes (Festins de Méditerranée, etc.) ou sur tout le territoire (GR2013, etc.). « La revalorisation de l’image de Marseille a été très importante pour une partie de la population du territoire », note également Loïc Gachon, maire PS de Vitrolles. Mais de constater « une stratégie de l’évitement » en cette fin de capitale : « Aix a repris ses billes et les villes moyennes se mettent en réseau. » (3)

Les municipales d’abord

Car si la capitale européenne a créé de l’envie - le « groupe des six » a décidé de pérenniser sa collaboration culturelle. « Mais concrètement personne ne veut bouger d’un iota », nuance de son côté Michel Pezet, qui siège au CA de MP 2013 pour le conseil général des Bouches-du-Rhône. Explication de l’avocat : « Tant que les municipales ne sont pas passées, la question est renvoyée. » « Ça n’est pas une posture politicienne, sinon on s’opposerait seulement maintenant, se défend l’Aubagnais Patrick Arnoux. Le problème de la métropole, c’est qu’elle se fait au pas de charge et est imposée, alors qu’à Lyon elle s’est construite de manière empirique. »

Résultat, la préfiguration d’un après-capitale européenne, qui est dans les tuyaux avec, peut-être, un événement à l’horizon 2015, a pris soin de ne brusquer personne. « L’idée est de trouver une suite à 2013, mais sans forme institutionnelle », explique Laurent Carenzo. Mais il y a pire : le tourisme, à la satisfaction unanime, ne sera pas, par exemple, une compétence métropolitaine. Quand ça ne veut pas...

Jean-François Poupelin

1. MP 2013 a-t-elle donné goût à la culture aux élus marseillais ? Daniel Hermann et Jean-François Chougnet ont bien du mal à citer cinq conseillers municipaux qu’ils auraient croisés dans les expos, les salles de concerts ou de théâtre de la capitale européenne. Exception notable : Jean-Claude Gaudin. « Il a beaucoup inauguré cette année », persiflent les mauvaises langues.

2. Arles n’est pas dans le périmètre de la future métropole. Mais elle aimerait bien !

3. Sophie Joissains (UDI), adjointe à la culture d’Aix-en-Provence, comme Gaby Charroux (PCF), député-maire de Martigues, n’ont pas donné suite aux sollicitations du Ravi.

@-Leravi - http://www.leravi.org