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le Ravi en redressement judiciaire, c’est officiel !

L’aventure d’un journal "pas pareil" en Paca se poursuit
le 28/11/2014

Qu’est-ce qui se passe ?

Le tribunal de grande instance de Marseille a validé, ce vendredi 28 novembre, notre demande de mise en redressement judiciaire de la Tchatche, l’association qui édite depuis 11 ans le Ravi, mensuel d’enquête et de satire en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Cette décision, pour une période de 6 mois éventuellement renouvelable, est assortie de la nomination d’un administrateur judiciaire.

la Tchatche avait déposé le bilan mardi 18 novembre devant le TGI. Durant l’audience, mardi 25 novembre, les responsables de l’association, son directeur, des représentants des salariés, avaient défendu leur volonté de poursuivre l’activité et l’aventure éditoriale.

Pourquoi ?

Trois phénomènes principalement : crise de la presse (moins de 2 000 exemplaires vendus par mois en dix ans d’existence, mais 50 000 lecteurs gratuits sur le web), pari interne de consolider l’emploi après la fin des contrats aidés, baisse de certaines aides publiques aux associations (- 44 % pour le conseil régional Paca, - 90 % au conseil général 13).

le Ravi a tenté et réussi à diversifier ses ressources : hausse du lectorat (+ 50 % en kiosques, + 20 % en abonnements), diversification de ses ressources publiques [Union européenne pour une étude sur la « presse pas pareille », État pour des actions d’éducation populaire, hausses des financements via des fondations privées (+ 30 %)].

Mais, au mois d’octobre, plusieurs projets tombés à l’eau et/ou retardés ont achevé la trésorerie toujours très tendue de l’association.

le Ravi a déjà connu des trous d’airs financiers. Et même un gros, pas plus tard que l’an dernier. Jusqu’à présent, il les a tous surmontés. Mais là, c’est différent. Le déficit à combler est presque deux fois plus important que tout ce que nous avons connu, près de 55 000 euros.

La suite ?

La "masse" salariale étant le principal poste de dépense de l’association, la Tchatche va devoir réduire son personnel. Durant cette période, l’équipe de salariés du journal pourrait passer de 7 personnes (5,5 équivalents temps plein) à 2 salariés à temps plein. Ce scénario, exposé au tribunal, est à valider avec l’administrateur judiciaire.

Le journal papier va être allégé afin de permettre à l’équipe et aux bénévoles de dégager le temps nécessaire pour mobiliser plus de lecteurs et trouver de nouvelles ressources. Bref, ce temps sera employé à réinventer le Ravi, aussi bien sur le plan éditorial qu’économique. Objectif : un retour en fanfare en septembre 2015.

L’équipe mais aussi des bénévoles se mobilisent pour éditer un numéro dès décembre, préparer le lancement d’une grande campagne de soutien. Une assemblée générale extraordinaire de l’association la Tchatche aura lieu le samedi 13 décembre (heure et lieu précisés très bientôt).

Une période "d’observation en redressement judiciaire" comporte des risques élevés. A tout moment, si la trésorerie fait défaut, la situation peut se bloquer et nous pouvons être obligés de liquider le journal.

Pour survivre et pour renaître, le Ravi a besoin de la mobilisation de ses bénévoles, de ses lecteurs, de l’État, des collectivités locales, de ses partenaires privés et, au-delà, de tous ceux qui veulent une presse locale indépendante.

En 2013, près d’un millier de personnes s’était rassemblé à Marseille, à l’initiative du Ravi, de Mediapart et de Marsactu, pour refuser le monopole de Bernard Tapie sur les médias du Sud. Si comme nous, vous croyez toujours qu’une presse «  pas pareille » est indispensable, faites un don, abonnez-vous, abonnez-vos amis et vos ennemis.

@-Leravi - http://www.leravi.org