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Le Var et le Vaucluse dans le viseur du FN

Elections départementales
le 21/03/2015

La Paca va-t-elle offrir, à l’occasion des élections des 22 et 28 mars, ses premiers départements à l’extrême droite ?

C’est un territoire du Haut-Var coincé entre Brignoles et Toulon. En 2011, dans le canton de Garéoult, 8 % des électeurs inscrits sur les listes votaient Front national. Ils étaient 17 % lors des européennes de mai 2014. Jean-Marie Le Pen dépassait alors les 38 % des voix. Pour les prochaines élections départementales, les 22 et 29 mars prochains, sur les 23 cantons varois, le FN espère en remporter dix. Voire douze, ce qui lui donnerait la majorité absolue.

Présider le Var et le Vaucluse, c’est le nouvel objectif du FN dans sa marche vers le pouvoir national. Suite logique dans la région d’où proviennent, pour toute la France, les deux seuls sénateurs et la députée du parti d’extrême-droite (Gilbert Collard, député du Gard, est seulement apparenté). «  Le FN s’enracine dans des territoires où il était déjà fort  », analyse Christelle Marchand-Lagier, universitaire spécialiste du vote FN. Paca détient le record du nombre de maires FN au kilomètre carré. Rien que dans le Var, le parti revendique 175 conseillers municipaux... Qui deviennent une manne de candidats.

«  Alors qu’en 2011 on avait eu du mal à couvrir tous les cantons, nous avons reçu 120 candidatures, se réjouit Frédéric Boccaletti, secrétaire départemental du parti et candidat à La-Seyne-sur-Mer (83). Le plus dur a été de faire des choix.  » Et gare à qui ne se plie pas à la discipline ! Nicolas Melnikowiz, tête de liste FN pour les municipales à Saint-Raphaël, a été exclu du parti pour avoir manifesté dans la presse son mécontentement de ne pas avoir été choisi... (Var Matin, le 10/12/2014).

La Ligue du Sud en trublion

Dans le Vaucluse aussi le FN présentera des candidats dans tous les cantons. Même à Bollène et Orange, les fiefs de la Ligue du Sud. Depuis les sénatoriales, le torchon brûle entre les deux formations d’extrême droite. Le FN garde en travers de la gorge la candidature de Marie-Claude Bompard, qui aurait empêché l’élection de son troisième sénateur. De son côté, Jacques Bompard envisage de soutenir des candidats dans les cantons où la Ligue du Sud ne sera pas présente. Ce qui pour Marion Maréchal (nous voilà) -Le Pen représente «  tout au plus une petite écharde  » (Le Figaro, le 23/10/2014), reste un sacré obstacle sur la route vers la présidence du département. Philippe de Beauregard, candidat FN à Vaison-la-Romaine et ancien proche de Jacques Bompard, balaie la question : «  On a bon espoir d’obtenir des accords au second tour.  »

Fâché avec ses alliés, le Front peut compter sur des soutiens plus inattendus. De nombreux élus « divers droite » ou « sans étiquette » n’ont pas hésité à lui donner leurs voix lors des dernières sénatoriales. Et côté UMP, le mot d’ordre « pas d’alliance avec le FN », déjà mis à mal, résistera-t-il dans un contexte où la droite et l’extrême-droite réunissent plus de voix que la gauche ?

L’analyse des précédents scrutins montre que l’abstention favorise les scores du FN. Avec une réforme des conseils départementaux aux compétences encore floues, les votants risquent de se faire rares dans les bureaux de vote. «  On ne sait même pas si les départements existeront encore en 2020, peste Frédéric Boccaletti. Comment voulez-vous qu’on propose un programme ?  » En insistant un peu, il nous livre quand même sa première mesure : «  renforcer les contrôles du RSA pour sanctionner les indélicats qui profitent du système.  » De ce côté-là, pas de surprise.

Margaïd Quioc

@-Leravi - http://www.leravi.org