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La FAQ du « redressement » du Ravi

Pour tout savoir sur le Ravi, sa situation, son avenir...
le 3/09/2015

Le 10 novembre, la Tchatche sera à nouveau au tribunal. Mais cette fois, on l’espère, pour « consolider » l’association. Foire aux questions pour comprendre où en est et où va le Ravi. Et quels objectifs, avec vous, il va falloir relever.

Combien d’abonnés s’affichent au compteur du Couscous Bang Bang du Ravi ?

Cet été le Ravi a franchi le seuil symbolique des 1550 abonnés. Soit une belle progression de plus de 700 abonnés en six mois. Allez sur la page « Couscous Bang Bang » du www.leravi.org pour suivre l’évolution de ce compteur. Il est mis à jour, une fois par semaine. Il additionne les abonnements effectués en ligne par carte bancaire, les bulletins envoyés par la poste avec des chèques, les souscriptions sur des « tables » et autres ventes directes lors d’événements… Mais ce chiffre soustrait également les anciens abonnements qui n’ont pas été encore renouvelés. Il affiche donc une photographie exacte du nombre de ceux qui reçoivent chez eux le mensuel à un instant T.

L’objectif de 5102 abonnés en 2015 est-il atteignable ?

Ça va être difficile ! En renouvelant la prouesse des six derniers mois d’ici la fin de l’année, en gagnant donc à nouveau 700 abonnés (une excellente progression pour un journal qui ne comptait en décembre 2014 que 800 abonnés), le compteur afficherait 2200 abonnés. Au rythme actuel et compte tenu du coup de mou prévisible au cœur de l’été, atteindre 2000 abonnés le 31 décembre serait déjà une belle performance. Mais dans une région de 5 millions d’habitants, 5000 abonnés, 0,1 % de la population prête à financer un journal libre, cela doit être possible, non ?

Si le Ravi a moins de 5102 abonnés fin 2015 quelle sera la conséquence ?

Ce ne sera pas la fin de votre mensuel pas pareil ! Pourtant, le constat est inchangé : même si la progression des ventes chez les marchands de journaux fait du bien, le Ravi doit, le plus vite possible, fédérer 5000 abonnés pour garantir son existence et son indépendance. L’association la Tchatche qui salarie les journalistes parvient à équilibrer ses comptes en mixant les ressources : un peu de pub (avec pour principe de ne pas aller au-delà de 25 % du chiffre d’affaire et de trier les annonces), beaucoup de bénévolat (les administrateurs ne touchent aucun dividende ! Les coups de main gratuits sont fréquents), des « prestations » en milieu scolaire rémunérées (initiation à la critique des médias, au dessin de presse, une formation « pas pareille » à la fac…), des projets de journalisme participatif dans les quartiers (co-financés par des fondations, des collectivités publiques…), des partenariats choisis (la couverture, par exemple, des Etats généraux de l’urgence sociale en Paca…). Les « abos » ne sont pas notre seule ressource : mais eux seuls peuvent nous prémunir des pressions économiques et politiques, eux seuls peuvent nous permettre de renforcer nos capacités à pratiquer un journalisme offensif.

Où en est votre redressement judiciaire ?

Le tribunal de Grande instance de Marseille et l’administrateur judiciaire sous la tutelle duquel l’association a été placée croient en sa capacité de se restructurer et de régler ses dettes. Ils nous ont donc accordé une deuxième « période d’observation » de six mois et ont fixé un dernier rendez-vous au TGI le 10 novembre. A cette date, la Tchatche devrait basculer en « consolidation » : elle retrouvera ainsi sa liberté de mouvement (fin de la tutelle) mais devra régler ses dettes selon un calendrier précis.

Quel est le montant et la nature des dettes ?

Le montant est encore à l’étude avec notre mandataire judiciaire. Il devrait se situer dans une fourchette de 40 000 à 80 000 euros (pour un budget annuel qui pourrait approcher les 300 000 euros en 2015). La moitié de cette dette concerne l’Ursaff, le remboursement des assurances ayant pris en charge des retards de salaire lors de notre cessation de paiement. L’autre moitié rassemble de petits montants : factures à l’imprimeur, à nos amis dessinateurs, etc… L’enjeu est de régler au plus vite cette dette pour repartir le plus sainement possible. Votre mobilisation a déjà rendu possible cet objectif. On y est presque ! Nous allons aussi négocier avec nos créanciers : «  on vous paye plus vite mais moins…  »

Comment avez-vous restructuré ?

Nous avons fait une rupture conventionnelle, d’un commun accord, avec notre secrétaire comptable en renvoyant, provisoirement, une partie de ses fonctions en gestion bénévole (les abonnements par exemple…). Nous avons aussi, provisoirement, renoncé à salarier en CDI trois de nos journalistes, désormais pigistes. Nous avons diminué la pagination du journal (4 pages en moins) et opté pour un papier moins coûteux. Des journalistes ont apporté leur appui bénévole pendant ces derniers mois. Un « DLA » (dispositif local d’accompagnement) sur notre organisation interne et notre modèle économique montre qu’il va falloir, à moyen terme et a minima, pérenniser les postes de journalistes, embaucher à mi-temps un secrétaire comptable, doter l’association d’un administrateur, trouver des ressources internes et externes pour mieux diffuser le journal.

Où en est votre « réinvention éditoriale » ?

C’est le grand chantier à venir ! Sans attendre, nous expérimentons des idées (comme la création d’une rubrique sur la presse pas pareille méditerranéenne) et nous redéployons notre énergie, concentrée cet hiver à survivre, dans la production de numéros riches en infos et en idées. Début 2016, si la progression de nos ventes se confirme, nous allons, avec vous, travailler sur un nouveau modèle articulant mieux le journal imprimé (auquel nous tenons !) et notre site web, renouvelant (sans y renoncer !) nos fondamentaux éditoriaux, imaginant des liens réinventés entre « journalistes pas pareils » et « lecteurs pas pareils ». Mais entre septembre et décembre 2015, nous n’allons pas faire du surplace ! le Ravi sera, on vous le promet, en bon ordre de marche pour couvrir les élections régionales sans pour autant négliger tout ce qui s’exprime à l’écart des urnes et fait le sel de la vie locale.

Pouvez-vous vous en sortir seul ?

Non ! Et c’est tant mieux ! Nous sommes dépendants de vous (lire ci-dessus les trois « FAQ » sur les abonnements). Nous sommes aussi convaincus que l’existence du Ravi repose sur l’épanouissement d’un écosystème local et national de médias indépendants et exigeants. En clair, la réussite d’autres projets de presse que le nôtre ne nous menacent pas mais nous confortent. C’est pourquoi nous avons, en juin, accueilli dans nos colonnes les journalistes des Marsactu, le pure player marseillais, qui relancent leur titre (liquidé au tribunal de commerce) après l’avoir racheté. C’est pourquoi nous avons co-fondé l’association Médias citoyens Paca fédérant des acteurs (radios, web, TV participatives) souvent impliqués dans des actions citoyennes de proximité. C’est pourquoi nous multiplions les échanges avec des médias nationaux (Mediapart, L’Age de Faire, Bastamag, Reporterre…) ou locaux (radios Galère, Grenouille, Zinzine, Bat13TV, Com’Etik Vidéo…). C’est pourquoi avec le réseau national Medias Citoyens ou la CPML (Coordination permanente des médias libres) nous défendons initiatives, réflexions et revendications communes.

Comment peut-on vous aider ?

Entrez en fusion pour le Ravi comme Jean-Marc d’Espigoule ! (allez voir en ligne la pub pas pareille imaginée pour notre journal par le réalisateur Christian Philibert) : "Abonnez-vous ! abonnez-vous !"  » Rejoignez la Tchatche (tchatche@leravi.org) pour participer à la vie de l’association qui édite le Ravi. Rejoignez les amis du Ravi (lesamisduravi@gmail.com) qui fédère désormais les lecteurs déterminés à faire connaître leur journal préféré ! On a besoin de vous !

@-Leravi - http://www.leravi.org