Contact

Abo, dons, adhésions

« La machine à réaliser est plus compliquée à faire marcher que la machine à promettre »

On dépose le bilan Gaudin (4)
le 30/08/2015

Comment faire le bilan de 20 ans de règne sans partage sur la ville ? Marsactu et le Ravi passent au crible quatre compétences essentielles d’une municipalité. Aujourd’hui la stratégie de développement...

Quatre campagnes municipales gagnantes, cela fait beaucoup de promesses, dont certaines n’ont pas été tenues, reconnaissait le candidat Gaudin en 2008. En effet, de nombreux projets ont traversé les mandats sans jamais trouver de concrétisation. La bibliothèque de Saint-Antoine devrait être ouverte depuis 2000 et les habitants ne savent plus trop s’ils doivent croire à une inauguration cette année… Des promesses de la campagne 2014 sont en bonne voie pour la rejoindre, comme le téléphérique de Notre-Dame de la Garde. Sur la dizaine de dossiers de sa délégation aux grands projets d’attractivité, Gérard Chenoz confiait à La Provence qu’il envisageait «  d’en sortir deux  » d’ici à 2020. «  On voudrait faire tout ça. Mais vous savez, j’ai mis presque 15 ans pour avoir le MuCem. (...) Dans un mandat, on arrive à réaliser des choses, mais peut-être pas tout  », répondait en janvier Jean-Claude Gaudin. «  C’est pour ça que je suis candidat pour un quatrième mandat  », souriait-il un peu plus tôt.

Mais certains administrés rient jaune. C’est le cas de ceux qui se sont installés sur des zones d’aménagement concertées, ces territoires d’expansion. Au Rouet, à la Capelette, à Saint-Tronc, Sainte-Marthe, Château-Gombert, les logements sont souvent arrivés avant les écoles, les crèches, les routes... Au cours du 3ème mandat, les maires de secteurs Robert Assante et Guy Teissier (UMP), pourtant membres de la majorité, ont critiqué ces lacunes. «  Ce n’est pas en se lançant dans une urbanisation à outrance pour en retirer des taxes que nous changerons l’équilibre budgétaire de cette ville. Ça l’est d’autant moins quand cette urbanisation s’accompagne d’un manque de coordination en termes de transports, de réseaux viaires adaptés, de services publics  », fustigeait en 2011 Guy Teissier, aujourd’hui président de la communauté urbaine.

On retrouve là les accusations de gestion au coup par coup formulées par l’opposition municipale. «  Gaudin, c’est une mécanique politique. Tout ce qu’il voit, il le voit pour des manœuvres, des positionnements politiques  », critique Jacques Boulesteix. Stratège électoral reconnu, le maire n’a pas le même crédit lorsqu’il s’agit de penser sa ville au futur. Les enjeux du développement durable sont longs à infuser et les documents de planification ont subi le même sort que certaines promesses électorales. À commencer par les plans de développement des transports en commun, où l’on pioche des chantiers sans chercher à respecter l’ensemble.

Alors que l’avenir des grandes villes s’écrit désormais à l’échelle de métropoles, Gaudin n’a jamais vraiment goûté ce jeu collectif. Lui et ses adjoints regrettent régulièrement « l’évasion commerciale » des Marseillais qui font leurs achats dans le reste du territoire. Les débuts de la capitale de la culture ont été empreints de bisbilles avec Aix et chacune des deux villes devrait avoir son Aréna. L’État a peu aidé, attendant 2012 pour jouer le bras de fer sur la construction métropolitaine. Mais la communauté urbaine de Marseille, présidée par Gaudin de 2000 à 2008, a été bâtie sur des bases squelettiques : gouvernance des maires, fortes redistributions financières aux communes, transferts de compétences réduits… Paradoxalement, malgré sa croisade contre les «  charges de centralité  », le maire n’a pas non plus cherché à s’alléger d’équipements d’envergure comme le Vélodrome, l’Opéra, le palais de la glisse, le bataillon des marins-pompiers. Le prestige a ses raisons que les finances ignorent…

Benoit Gilles & Julien Vincent



Pour "célébrer" dignement les 20 ans passés par Gaudin dans le fauteuil de maire de Marseille, il n’en fallait pas moins de deux rédactions ! En juin, le Ravi a ainsi accueilli dans ses colonnes Marsactu. Nous étions ravis de soutenir ainsi le pure player phocéen, liquidé en mars, repris en avril par ses journalistes. Ils préparent pour la rentrée leur grand retour en ligne. le mensuel "pas pareille fête donc aussi la nécessaire renaissance de la presse marseillaise indépendante !

@-Leravi - http://www.leravi.org