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L’AF passe à l’action

le 14/04/2016

L’Action Française, le groupuscule royaliste proche du FN, multiplie les coups de poings dans les Bouches-du-Rhône, notamment à Aix-en-Provence et Marseille.

L’extrême droite provençale est en train de réaliser un véritable exploit : rabibocher parti socialiste et tenants du front de gauche, communistes en tête, sur Aix-en-Provence. Face aux agressions des militants de l’Action française, non seulement les militants de gauche appellent à un rassemblement le samedi 19 mars, place de la Rotonde, mais ils envisagent en plus de se coordonner pour protéger leurs initiatives. C’est quasiment le retour de la gauche plurielle !

Groupuscule royaliste, proche de l’extrême droite et du Front national, de quelques dizaine de personnes, fidèle à l’idéologie antirépublicaine et antisémite du Martégal Charles Maurras, l’AF Provence s’est réveillée ces derniers mois et multiplie les actions, parfois violentes. Le 25 janvier au théâtre d’Aix, à l’occasion des vœux du secrétaire PS de la fédération des Bouches-du-Rhône, Jean-David Ciot, une quinzaine de militants encagoulés ont tenté de pénétrer à la cérémonie, provoquant bousculade et coups de poings. Déjà, au cours des derniers moins l’AF s’était distinguée en faisant irruption à l’IEP d’Aix à l’occasion d’une conférence sur la montée de l’extrême droite en Paca organisée par le PS. Elle a aussi perturbé un cercle du silence en soutien aux sans-papiers et s’en est pris à des militants communistes et à leur local. En toute impunité : jusqu’à présent toutes les plaintes ont été classées sans suite...

D’après une enquête de Mediapart (mai 2014), les militants de l’Action Française Provence sont proches de Stéphane Ravier, sénateur-maire des 13e et 14e arr. de Marseille et patron de la fédération FN des Bouches-du-Rhône. Deux d’entre eux étaient même candidats lors des dernières municipales sur les listes frontistes dans les premier (1er et 7e arr.) et huitième secteurs (15e et 16e arr.). Et leurs profils montrent qu’ils sont loin d’être de « jeunes étudiants, diplômés, qui travaillent », comme aime les présenter Ravier. « C’est le résultat de la situation politique, de la montée du FN », analyse Cédric Bottero du Visa13, une intersyndicale antifasciste. « Une nouvelle génération de fachos renoue avec les anciennes pratiques du FN, note de son côté Rémi Jean, militant du front de gauche, tendance Ensemble. Ils sont de plus en plus audacieux, ils se permettent des choses qu’ils ne faisaient plus depuis longtemps. » Pour preuve, fin février, ils s’en sont également pris aux Républicains, en perturbant avec des fumigènes un débat organisé au siège de la fédération LR de Marseille par des lycéens du parti. Par crainte de ne pas paraître « antisystème » ?

Jean-François Poupelin

Article publié dans le Ravi n°138, daté mars 2016

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