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Education populaire et culture : continuons le début !

Une tribune libre par Benjamin Dubreuil et Vincent Clavaud des Céméa
le 22/11/2016

Le projet d’éducation populaire à l’épreuve du temps présent ! Benjamin Dubreuil, responsable national du « pôle culture » des Céméa (Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active) et Vincent Clavaud, chargé de mission de ce pôle missionné sur Avignon, s’interrogent sur le rôle de l’éduc pop en ce début de siècle…

L’année 2015 a été traversée par des événements d’une grande violence. Des repères culturels qui semblaient profondément ancrés dans notre société ont été menacés : la liberté d’exprimer, de dénoncer, de critiquer et d’en rire, la liberté de se réunir et de jouir de la vie en toute quiétude.

Dans le climat qui s’est installé en 2015, les militants des Ceméa ont rapidement pris conscience de l’onde de choc et de ses possibles répercussions dans le rapport à l’autre dans notre société. Le repli sur soi, la défiance vis-à-vis de ce qui est étranger et la mise en doute du collectif sont des phénomènes bien repérés.

Les Ceméa réagissent en prenant appui sur leur ambition première : agir par l’éducation pour que le plus grand nombre d’enfants, de jeunes et d’adultes développent leur propre autonomie de pensée, développent leur capacité critique de discernement, leur habileté à identifier et déjouer les tentatives d’endoctrinement et d’asservissement à une vision du monde exclusive, une vision du monde prônant la haine et la destruction de l’autre, de ceux qui ne se soumettent pas.

Dans ce contexte troublé et inquiétant, l’éducation par l’artistique doit tenir sa place. Il a fallu commencer par penser les incidences de ce qui se passait, et de ce que nous en comprenions, pour repenser la tenue, les contenus et les manières de conduire nos actions dans le champ culturel au sens large.

Nos rendez-vous sont conçus aujourd’hui, dans les festivals comme Aurillac, Avignon, Bourges et Charleville-Mézières entre autres, pour réactiver l’état d’esprit du début de quelque chose. Cet élan du début qui a à voir avec la création de quelque chose, qui envisage les possibles, qui fait appel à la créativité et qui prend le temps de penser la réalisation, de penser les possibles avant de penser par problèmes, de prendre du recul vis-à-vis des évidences et des habitudes pour porter un regard neuf sur le réel.

Concrètement, les militants des Ceméa continuent de mettre en place les conditions pour que les personnes, à qui s’adressent les actions des Ceméa, développent leur capacité d’exprimer et de s’exprimer, éprouvent des rencontres, apprennent à ressentir et à mettre à distance leur expérience sensible afin prendre conscience de ce qui les touche. Nous privilégions également des démarches de projet et des processus longs pour mettre au travail le soutien et l’accompagnement des pratiques artistiques amateurs.

Contribuer à faire culture humaniste, mettre les personnes en dignité, apprendre à devenir plus autonome dans son rapport à l’espoir d’un monde plus juste font partie de nos enjeux prioritaires.

Les Ceméa continuent de militer pour que ces enjeux accèdent au rang de priorités de l’action publique pour les années à venir.

Ce texte est une réécriture synthétique du rapport d’activité 2015 du « pôle culture » national des Ceméa. www.cemea.asso.fr

Une tribune publiée dans le Ravi n°142 daté juillet-août 2016

@-Leravi - http://www.leravi.org