Contact

Abo, dons, adhésions

Grosse perquisition à la mairie d’Istres

Une trentaine d’agents de la brigade financière enquêtent sur les pratiques de François Bernardini
le 29/03/2017

La brigade financière est intervenue mercredi 29 mars matin dans les locaux de la mairie dirigée par François Bernardini, le maire « très divers » d’Istres (13).

« Oui, vous êtes bien au cabinet du maire. Mais vous savez très bien que l’on a rien à dire au Ravi. Je n’ai aucune envie de vous parler. Alors arrêtez de perdre votre temps à m’appeler ! » Marlène Prospéri-Picon, la directrice de cabinet du maire « très divers » d’Istres, François Bernardini, nous raccroche presque au nez. Certes, les rapports entre la mairie d’Istres et le mensuel qui ne baisse jamais les bras, depuis qu’ils sont passés notamment par la case « justice » [le maire a porté plainte contre notre journal et a été déjugé par le tribunal en notre faveur], n’ont jamais été très chaleureux. Mais là, c’est glacial.

Il faut dire que, comme il nous l’a été confirmé de source judiciaire, ce mercredi 29 mars matin, une grosse perquisition a eu lieu en mairie d’Istres. Si le rapport de la chambre régionale des comptes sur la gestion de la ville par Bernardini est dans sa phase finale mais ne devrait pas être rendu public avant cet été, le parquet national financier a ainsi décidé d’appuyer sur l’accélérateur.

D’après nos informations, une « trentaine » d’enquêteurs se sont déployés au sein de la mairie, notamment aux services financiers, à l’urbanisme et aux ressources humaines, afin de saisir documents et ordinateurs. D’autres sources font état de perquisition du côté des « centres sociaux »... Selon nos collègues de Marsactu, les enquêteurs s’intéresseraient, entre autres, à un certain nombre de marchés publics, notamment ceux concernant l’entrepreneur istréen Philippe Cambon dont la femme est adjointe au tourisme à la mairie (Lire le Ravi n°106 ou 116 ainsi que nos archives en ligne). Mais, alors que nos confrères faisaient état de perquisitions à son domicile et à son entreprise, contacté en fin de matinée, Philippe Cambon soutient « n’être au courant de rien ». Et lorsqu’on lui demande s’il a lui-même été contacté par les enquêteurs, il lâche : « Non. En tout cas, pas pour l’instant... »

De fait, à Istres, les dossiers « chauds » ne manquent pas. En témoigne par exemple celui de la villa de la directrice de cabinet que le Ravi a déjà évoqué (Cf le Ravi n°134). Alors que doit se tenir ce mercredi après-midi une séance du conseil de territoire Istres Ouest Provence, gageons que ce nouvel épisode va nourrir les discussions autour de celui qui, à la Métropole, a rejoint le groupe de Jean-Claude Gaudin et qui après avoir un temps soutenu Manuel Valls vient de jeter son dévolu sur... Emmanuel Macron.

Sébastien Boistel

@-Leravi - http://www.leravi.org