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« Jeannot, racontez-nous Monte-Carlo en 81 ! »

Contrôle technique du Formula One Marseille Festival
le 2/11/2018

Près de 30.000 spectateurs étaient présents en juin dernier sur le Circuit Paul Ricard au Castellet pour fêter le retour de la Formule 1 en France. Accréditation impossible à obtenir oblige, le Ravi a testé la version Formula One Marseille Festival, "roadshow" de Formule 1 qui se tenait sur le Vieux-Port au même moment...

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11h33

Le matin avant le roadshow de Formule 1, sous l’ombrière du Vieux-Port, une dizaine de militants du collectif Marseille en Commun tiennent des banderoles où on peut lire « Stop pollution » ou « Nous ne voulons plus mourir de respirer ». Au moins autant de journalistes les entourent. L’écolo Sébastien Barles alpague deux passantes : « Mettez-vous derrière la banderole, les amis ! » Cinq policiers, intrigués, viennent parler au petit groupe.

11h45

Les manifestants se mettent en mouvement vers l’Hôtel de Ville aux cris de « La F1 ça pue et ça pollue » et « Pas pour la bagnole, de l’argent pour nos écoles ». Les flics emboîtent le pas en marmonnant dans leurs talkies.

11h50

Photo à l’Hôtel de Ville et petite interview pour l’AFP. La F1 Festival a bien choisi son lieu : un des quartiers les plus pollués de la ville la plus polluée aux particules fines en 2018 selon Air Paca. Les passants jettent un coup d’œil sans s’arrêter, sauf un. « Jaloux ! », lance-t-il au groupe avant de continuer son chemin.

12h00

« On sait que 14 millions ont été rassemblés par le groupement d’intérêt public, s’indigne Christine Juste, porte-parole régionale EELV. Mais cela va coûter bien plus avec la mobilisation de la police, de la Croix-Rouge, le blocage de la circulation... » Un vieil homme s’arrête devant les pancartes. « Mais arrêtez, grogne-t-il, ça va faire venir de l’argent... » Et vous allez assister au show monsieur ? « Moi ? Bien sûr que non ! », s’offusque-t-il en tournant les talons.

12h15

La manifestation se disperse. Michèle Rubirola, conseillère départementale, lance un dernier coup d’œil par-dessus son épaule aux stands où s’affairent déjà plusieurs membres du staff. « En plus, c’est encore organisé par Redbull. Ça ne leur a pas suffi, le Crashed Ice ? », peste-t-elle.

16h30

Quelques badauds commencent à s’approcher autour des barrières devant l’Hôtel de Ville. Un camion de la propreté de la Ville passe et repasse sur les deux kilomètres de route entre l’Hôtel de Ville et le Mucem : on n’aura jamais vu la voirie marseillaise aussi propre.

17h10

Les portes du Village ouvrent sur l’esplanade du J4. Un quart d’heure suffit pour en faire le tour. Il n’y a pas foule. Thibault attend afin de tester un circuit en réalité virtuelle. Il sera au Castellet (83) le lendemain, mais voulait voir l’opening du Festival à Marseille. Il fait la moue : « Il est un peu cher quand même, le Grand prix de France cette année. J’ai eu ma place à 400 euros en pré-vente, alors qu’à Spa, en Belgique, les places 17-27 ans sont à 125 euros. » Alors cela en vaut-il vraiment le coup ? Sans hésiter : « Oh, non, sûrement pas ! »

18h00

Le circuit en réalité virtuelle n’est pas trop mal fait, même si le casque est trop grand et donc l’image floue lorsqu’on a le malheur d’avoir une petite tête. Juste à côté, un stand d’e-sport permet, toujours virtuellement, de se tamponner. À part ces ateliers et deux expositions de voitures, il n’y a que des stands de goodies et des foodtrucks. Fin de la visite. Marche arrière toute, direction les bords du circuit pour s’assurer une place de choix.

18h15

Le mur de foule devant l’Hôtel de Ville a bien épaissi. Franck Montagny, ancien pilote aujourd’hui consultant pour Canal+, fait de grands coucous de son air jovial et se prête avec enthousiasme au jeu des caméras. « Excusez-moi, vous pouvez vous pousser un petit peu ?, demande une dame qui se presse nerveusement contre la barrière. On ne voit pas Coulthard. » L’autre vedette de la soirée vient de s’avancer sur le parvis : David Coulthard a lui remporté treize Grand Prix, même si le dernier remonte à il y a quinze ans.

18h30

Les deux ex-pilotes s’engouffrent dans une Aston Martin « Red Bull Racing », et entament un tour de piste pour chauffer la foule, Coulthard au volant. Montagny, lui, agite par la fenêtre ouverte un drapeau français en adressant de larges sourires sur son passage. Faites-vous plaisir, les gars, comme dirait Coluche, c’est nous qui payons.

19h15

Mouvement de foule chez les journalistes : Christian Estrosi et Renaud Muselier sortent de l’Hôtel de Ville, suivis de près par Martine Vassal et Jean-Claude Gaudin. Autocongratulations, puis photo de famille devant le parvis. En moins de cinq minutes, tout ce joli monde - « LR » de rien - est à nouveau rentré.

19h20

C’est l’heure de la « Parade Renault Passion », pour célébrer le 120ème anniversaire de la marque et « rendre hommage à l’iconique fabriquant français ». Les vieilles voitures partent les unes à la suite des autres, au son de la voix du commentateur qui retrace brièvement leur historique. Aucun pilote titulaire n’est présent pour le Festival. Du haut du balcon de l’Hôtel de Ville, avec le reste des invités, Martine Vassal et Christian Estrosi observent le spectacle tout en discutant, une flûte de champagne à la main.

19h25

« On doit maintenant attendre un peu car il y a quelqu’un sur le circuit... » Vu l’important dispositif de sécurité mobilisé pour l’événement, c’est une prouesse.

19h30

La Renault Nervasport, Renault 4CV 1063 et autres « Étoile Filante » s’élancent à nouveau sur la route. Le journaliste de SkySport a reçu le droit de monter à bord d’une Renault 5 Turbo : le voilà qui s’installe à côté de Jean Ragnotti, le champion du monde de 3 rallyes dans les années 1980.

19h35

Nouvelle attente : quelqu’un s’est encore invité sur le circuit. Drôle d’idée. Le balcon de l’Hôtel de Ville s’est presque intégralement vidé : Jean-Claude Gaudin n’est pas réapparu. « Et il ne reviendra pas, tranche notre voisine. Il est retourné à l’intérieur, se goinfrer au buffet. » Elle a l’air très renseignée. « J’étais invitée aussi, mais je préfère regarder Coulthard. » Décidément.

19h45

Troisième pause, un peu plus longue celle-là. Pour meubler, le commentateur bavarde en allant de Jean Ragnotti à un jeune pilote d’une des voitures de parade. « Alors, Jeannot, racontez-nous, qu’est-ce que ça vous a fait à Monte-Carlo en 1981 ? »

20h15

Le moment tant attendu arrive enfin : Franck Montagny et David Coulthard partent dans leurs Lotus Renault et Red Bull RB7, font quelques tours et exécutent des « donuts » à leur arrivée. Pendant que la foule se fait totalement enfumer dans un crissement de pneus à 150 décibels, la plaidoirie de Sébastien Barles le matin même nous revient en mémoire : « Un Grand Prix de F1 pollue autant que 2500 voitures en une année ! » Vroum, vroum.

20h45

Cérémonie d’ouverture du Village. Christian Estrosi prend le micro : « Je suis très fier que Marseille organise ce genre d’événement, et qu’on attire un plus jeune public vers la Formule 1. » C’est sûr qu’entre les vétérans Jean Ragnotti, Alain Prost et David Coulthard... Le président de la Fédération Internationale de l’Automobile Jean Todt, le directeur commercial de Formula One Management Sean Bratches et le président de Formula One Group Chase Carey, se succèdent pour remercier la Ville de Marseille et l’ensemble du GIP de leur « bel investissement dans le projet ». En effet, avec 21 millions versés à la FOM pour l’ensemble de l’organisation du Grand Prix au Castellet, on a vu pire en ces temps de restrictions budgétaires.

21h01

Et zou, nos deux champions font péter le champagne sur la foule et distribuent des autographes. Franck Montagny multiplie les selfies, les sourires et les grimaces.

22h03

Après la fin de la cérémonie, le Village s’est un peu rempli, même si on reste très loin des 100 000 visiteurs que le «  F1 Live » avait accueilli à Londres en juillet 2017. Entre les boutiques avec leurs casquettes Aston Martin à 45 euros et le stand de pâtes pour 10 euros, l’entrée du Village est finalement bien la seule chose à être gratuite.

Raphaëlle Denis

FORMULA ONE MARSEILLE FESTIVAL

Date : du 22 au 24 juin Organisateur : Formula One Management Partenaires : Conseil régional Paca, Métropole Nice Côte d’Azur, Communauté d’agglomération de Toulon Provence Méditerranée, Aix-Marseille Métropole, Conseil départemental du Var, Chambre de commerce et de l’industrie régionale, Chambre de commerce et de l’industrie du Var, Communauté d’agglomération Sud Sainte Baume, Département des Bouches-du-Rhône, Société Excelis. Édition : 3ème (après Londres en juillet 2017 et Shanghaï en avril 2018) Longueur du circuit : 2 kilomètres. Spectateurs : « quelques milliers » vendredi soir selon La Provence.

Le roadshow du 22 juin soumis au test du Ravi : Lieu : de l’Hôtel de Ville à l’esplanade du J4 (Mucem) Ouverture du Village : de 17 à 23 heures. Accès : gratuit. Programme : Parade Renault Passion pour le 120 ème anniversaire de la marque, démonstration F1, parade des pilotes et cérémonie d’ouverture. Invités : le Britannique David Coulthard, vice-champion du monde en 2000 et ambassadeur de RedBull, et Franck Montagny, ancien pilote et consultant Canal+. Voitures : 14 Renault de collection, 2 voitures de F1 (Red Bull RB7 et Renault E20).

Publié dans le Ravi n°164, daté Juillet-Août 2018

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