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Les recettes de la Sodexo

La multinationale de la malbouffe se gave toujours à Marseille
le 28/11/2018

Pierre Bellon, le patron de la Sodexo, serait-il un philanthrope ? Le contrat des cantines scolaires de Marseille ne rapporterait pas un kopeck à sa multinationale. Officiellement…

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«  Du bénévolat  », «  de l’humanitaire  ». Les éléments financiers de la délégation de service public de la restauration scolaire pour les années 2018-2025 remportée par la Sodexo en juin dernier ont beaucoup amusé dans le petit monde de la restauration collective.

Il faut dire que la multinationale de la malbouffe promet de se mettre au pain sec. Son offre finale annonce 611 000 malheureux euros de bénéfices (avant impôts) sur les 7 années du contrat sur un chiffre d’affaires de plus de 146 millions d’euros. Des miettes ! «  Je plains le directeur qui a signé le contrat  », commente un acteur du secteur. Avant de prévenir : «  La vente à perte est interdite par la loi, c’est considéré comme du dumping !  »

Officiellement, c’est l’attachement de Pierre Bellon à Marseille qui justifient cette disette. Le fondateur du leader mondial des cantines est marseillais, proche de Jean-Claude Gaudin, et a fait du contrat des cantines scolaires de sa ville natale un totem pour son entreprise. Cependant, cette charité reste bien ordonnée : la multinationale de la malbouffe sait trouver les moyens de se gaver. Si sur les six premières années de la précédente DSP (2011-2018), les comptes de sa filiale dédiée au contrat - la Société marseillaise de restauration et de services (SMRS) - sont dans le rouge de 2,3 millions d’euros (1), le groupe a réussi à faire rentrer dans ses caisses presque 6,5 millions d’euros. Chaque année, la SMRS a ainsi réglé 1,08 millions d’euros de frais de siège ou de groupe à sa maison mère, comme le montre le compte-rendu financier du rapport annuel du délégataire pour l’année scolaire 2014-2015. Le seul que le Ravi ait pu consulter, les autres années ayant été caviardées par la mairie au nom du secret industriel et commercial. Ou parce que les bonnes recettes doivent rester secrètes ?

Le document contient une autre curiosité : une ligne de «  remise sur volume  » de plus de 3,35 millions d’euros ! «  Dans la restauration collective, les marges se font essentiellement sur les denrées alimentaires  », explique le PDG d’une entreprise du sud de la France. Et de traduire : «  Compte tenu de la taille de la DSP et des prix d’achats compressés de la Sodexo, même avec du bio elle marge au moins de 30 centimes sur un repas à 1,50 euros.  » Sur les 11,12 millions d’euros d’achats de matières premières cette année-là, la ristourne s’élève à 30 % ! On se croirait dans la grande distribution et ses célèbres marges arrières…

Jean-François Poupelin

1. La Sodexo n’a pas répondu à nos sollicitations.

Enquête publiée dans le Ravi n°166, daté octobre 2018

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