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Ski : Remonter la pente. Parc naturel régional du Queyras

le 7/07/2006

Parc naturel régional du Queyras. Après avoir laissé se développer les stations de ski, le parc voudrait réguler l’urbanisme. Reste à convaincre élus et population.

L’été dernier, sous l’impulsion du Conseil général des Hautes-Alpes, le Syndicat mixte des stations de montagne du Queyras a octroyé à la société Transmontagne la remise en état des télésièges de ses stations. En contrepartie, cette dernière a obtenu un marché de 4000 lits banalisés. A l’heure du tourisme vert, l’idée peut surprendre. « Il est difficile de vendre à des tours opérateurs les petits meublés des propriétaires privés », explique Agnès Montesinos, chargée du tourisme au PNR du Queyras. Inquiète, pour le territoire comme pour l’économie locale, elle avoue une totale impuissance de l’établissement public sur ce genre de dossier : « Comme sur toutes les zones urbaines, nous n’avons aucun pouvoir. » C’est la chasse gardée des élus. La situation remonte à l’origine du parc, à une période où il se préoccupait plus des sentiers et des déchets. Mais l’époque semble aujourd’hui révolue. « Si nous voulons intervenir sur le territoire, il est logique et nécessaire que nous agissions sur l’urbanisme », argumente Agnès Montesinos. Pour cela, le Queyras se prépare à une révolution : sa nouvelle charte, prévue pour 2009, comprendra un nouveau plan afin de préciser les zones interdites à la construction et proposera le gel du développement des stations de ski au profit de nouvelles activités touristiques. Une autre piste étudiée est la coopération internationale. Avec quatre parcs italiens de la région du Mont Viso, le Queyras a postulé au label de l’Unesco « Réserve biosphère ». Pas vraiment plus contraignant que celui des parcs naturels régionaux français, il permettra cependant d’intensifier la mise en valeur du territoire en proposant de nouveaux sentiers de randonnée, de nouveaux gîtes... Une nécessité pour fidéliser la clientèle hors saison. Mais avant toute chose, Agnès Montesinos estime que le principal enjeu pour le parc est de convaincre la population et les élus du bien-fondé de ses projets. Toujours assez peu informés de ce qu’est véritablement un parc naturel régional, en-dehors d’un label à exploiter, les deux risquent cependant de rechigner. Le territoire est en effet toujours très dépendant des activités touristiques. « Bien que l’économie des sports d’hiver ne soit qu’un complément à celle estivale, elle est un complément nécessaire », explique prudemment Magali Palu, chargée de la communication du parc.

J-F.P.

Hautes-Alpes. 11 communes. 60 330 hectares. Créé en 1977. 2300 habitants.

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