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Fabien Barthez et Franck Ribéry, joueurs à l’OM

le 1er/07/2006

Fabien Barthez et Franck Ribéry devraient quitter l’Olympique de Marseille après la coupe du monde. Inconsolables, nous nous sommes empressés de recueillir leurs mots d’adieu.

Equipe de rances

« Tou tou you tou ! Tou tou you tou ! » (Barthez commence) Eh ouais, on a signé un méchant contrat de pub qui casse la baraque. Encore mieux qu’avec Maquedo, vous vous souvenez, quand j’embrassais le crâne d’un hamburger ! Parce que c’est connu, si l’équipe de France a gagné la coupe du monde en 98, c’est parce que Laurent Blanc, il m’embrassait le caillou avant chaque match. Baiser mon crâne, c’est comme toucher la bosse d’un bossu ou marcher dans la merde, ça porte bonheur, pas vrai, Scarfesse ? Bon, lui, il est trop petit, il n’arrive pas à me lécher le teston. Pourtant, il a le cul bordé de nouilles ! Y a pas un an, il jouait en Turquie, et puis le voilà à marquer un but en coupe du monde. (Ribéry intervient) Au niveau des fondamentaux, on est arrivé à dominer au niveau du mental, en jouant avec une grosse envie... (Barthez l’interrompt) Ouais, c’est ça, c’est ça. Bref, voilà on se casse de l’OM. Moi, parce que je suis trop vieux, lui parce qu’il est trop jeune. Et il a faim, le minot ! En contrat jusqu’en 2010 avec Marseille, il fait tout pour se tirer à Lyon, faire monter les enchères, alors que c’est l’OM qui l’a révélé. La gratitude l’étouffe. Il a vite compris, Scarfesse ! C’est sûr qu’après ça, il va pas se retrouver avec son portrait sur la Corniche à la place de Zidane. On a eu chaud, parce que sa tronche, des fois, elle me fout les jetons. Mais quel beau métier que le football. Tu gagnes plein de pognon, t’y es une vraie pute de mercenaire, tu dépends d’agents mafieux et de clubs fraudeurs, mais tout le monde continue à t’adorer, pas comme Forgeard et Zacharias (1), salauds de patrons. Tiens ça me rappelle un dessin de Reiser, où on voit un groupe de mecs devant une télé en vitrine d’un magasin. Ils attendent avec fébrilité qu’un penalty soit tiré. Et en même temps que le joueur shoote, il y a un gars qui leur met un gros coup de pied au cul. Et puis ils sautent tous en hurlant de joie parce que le but est marqué. (Ribéry exulte) Ouaiiiisss ! (Barthez reprend) Le mec qui a filé le coup de pied au cul s’en va tout joyeux en disant que c’est le seul moment où tu peux botter des culs sans problème. Belle image, non ? Pendant la coupe du monde, on parle plus de Clearstream, ni de la loi DAVDSI... Mieux encore, quand tu es footeux, tu peux même faire des conneries, comme cracher à la tronche d’un arbitre lors d’un match amical (2). J’ai été condamné à faire dix actions d’intérêt général chez les amateurs. J’ai même pas eu de regrets : « Personne n’est malade, il n’y a pas de mort. On en fait tout un flan, je ne vois pas pourquoi. (...) Je ne regrette pas, on est des hommes et, comme on dit, on en a entre les jambes. » (3) Et tu vois, qui c’est qu’on sélectionne pour la coupe du monde, c’est le chauve couillu ! (Il chante I will survive) Laaaa la-la la-laaa, la-la-la-la-la-laaaaa, la-la la-laaaaa !( Ribéry intervient) C’est un métier avec des hauts et des bas, si on ne peut pas gagner, il ne faut pas perdre... (Barthez l’interrompt) Bref, moi, j’ai eu un creux à Manchester United, ça s’est mal passé, j’ai pas joué pendant huit mois, avant de revenir à l’OM. Là, « j’ai enfin retrouvé les vestiaires et les odeurs que j’aime. C’est notre drogue à nous, les footballeurs. » (4) Eh ouais, je me shoote en sniffant des chaussettes gorgées de sueur. C’est aussi pour ça qu’on s’échange nos maillots en fin de match. Ah, ces mâles effluves ! Malgré tout, je ne suis pas mécontent de partir de Marseille, j’en avais marre de me faire épingler tous les mois dans le Ravi par votre dessinateur, là, Charmag. Après ça, à moi la belle vie, peut-être une ou deux saisons dans un petit club pépère, et puis après ? Vous croyez que je vais faire cotch’ ou rester dans le milieu ? « Ah non, pas du tout. Je l’aime de moins en moins. C’est de plus en plus pourri. Il y a des choses qui me... Je n’ai pas d’exemple précis à donner. Parfois, il vaut mieux la fermer. » (5) Dont acte. Bon j’irais peut-être faire le beau à l’occasion en commentant les matches sur TF1, et puis lancer une marque de désherbant : « Barthez, le chiendent, il le baise », avec gros plan sur mon caillou, ou bien un système d’arrosage : « Barthez, ça crache ! » Enfin, c’est pas les projets qui manquent pour la retraite.

Paul Tergaiste

(1) Dirigeants d’EADS et de Vinci qui ont récemment défrayé la chronique par leur enrichissement fabuleux, tandis que leurs sociétés vont mal

(2) Contre Casablanca, au Maroc, en 2005

(3) Le Monde, 29/06/2006

(4) L’Express, 07/06/2004

(5) L’Equipe, conférence de presse en 2005

@-Leravi - http://www.leravi.org