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Sale temps sur la météo

Edito
le 4/04/2008
Il y a de l’orage. Tout fout le camp ! Même une honorable institution comme Météo France prend l’eau. Fin mars, une grève a été très suivie pour dénoncer la fermeture programmée de plusieurs sites en Paca et en Corse. 40 postes de « prévisionnistes » pourraient être supprimés dès 2009. Les centres départementaux des Bouches-du-Rhône, des Alpes de Haute-Provence et du Vaucluse sont menacés. La fermeture d’antennes locales, comme celles de Carpentras, Toulon, Salon, Istres et Marignane est au programme. Objectif ? Augmenter la productivité de ce service public en automatisant certaines tâches et en rationalisant son organisation. Ce conflit pose des questions fondamentales. Météo France va-t-il publier un bulletin spécial pour mesurer la pluviométrie de ses relations sociales ? Faut-il décréter un service minimum sur l’activité anticyclonique ? Va-t-on remplacer certains salariés par des grenouilles ?

Fortes perturbations. La dégradation de l’atmosphère chez les météorologues est directement liée aux projets du gouvernement sur la refonte de la fonction publique. Aucune administration n’est épargnée. Les employés de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) craignent eux aussi pour leur avenir. Ils ne scrutent pas les stratocumulus et autres cumulonimbus. Leur mission consiste à protéger en théorie les intérêts économiques des consommateurs. C’est à la DGCCRF que l’Etat a fait appel pour enquêter sur la hausse des prix. Mais si la « révision générale des politiques publiques » (sic), chère à François Fillon, est menée à son terme, il n’y aura bientôt plus d’agents sur le terrain pour attester de la baisse du pouvoir d’achat. Une méthode plus efficace que la hausse du SMIC : casser le thermomètre pour soigner la maladie...

Avis de grand frais. L’intense séquence électorale qui a vu se succéder des présidentielles, des législatives et des municipales, avec une touche de cantonales, est terminée. Notre région a fait preuve de plus de cohérence que dans le reste du pays en ne déjugeant pas, en mars, son enthousiaste initial pour les amis de Nicolas Sarkozy. En France, plus la taille des villes est grande, plus la gauche est hégémonique. Paca offre à l’inverse à l’UMP, ses deux plus grandes mairies de l’Hexagone, avec Marseille et Nice. Parmi les douze dernières villes de plus de 100 000 habitants que le parti présidentiel dirige, on trouve Toulon et Aix-en-Provence. Et les deux autres villes les plus habitées de la région, Avignon et Cannes, ont aussi voté à droite. Reste que le Conseil régional est toujours dirigé par un socialiste et qu’aux cantonales, gauche et droite ont fait match nul avec trois départements partout. Comment exclure de nouveaux coups de vents, bourrasques et autres variations saisonnières ? La cyclogenèse politique devient si complexe ! Allo, Météo France ? Vous pouvez nous faire un bulletin fiable au-delà de cinq jours ?
le Ravi

Infos & satire seront au rendez-vous du prochain numéro du Ravi chez les marchands de journaux dès le vendredi 2 mai. Ou, pour soutenir le seul régional indépendant tout en réalisant de substantielles économies, dans votre boîte aux lettres après avoir rempli et posté le bulletin ci-dessous.

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