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Epris mais à quels prix ?

le 2/12/2007

Première en France à avoir été délimitée en centre ville, la zone franche de Toulon couvre 52 hectares. Malgré un tracé digne d’un découpage de circonscription électorale, elle connaît un succès qui risque tout de même d’être sélectif.

Le Barreau touche du bois ! Cette zone est très appréciée des avocats toulonnais qui n’ont pas hésité à se délocaliser à quelques centaines de mètres pour bénéficier des exonérations fiscales et sociales inhérentes à ce périmètre « qui, selon la municipalité, vise à compléter au plan économique et social la rénovation urbaine du centre historique engagée par la ville de Toulon avec un budget de 168 millions d’euros pour la période 2006-2011 ». Ce avec le soutien de l’ANRU, des bailleurs sociaux, du Conseil général du Var, de la Région, de l’agglomération Toulon Provence Méditerranée et de l’Union européenne.

La crainte des gestionnaires de la zone est de la voir se transformer en secteur de bureaux... Ce qui ne serait pas de nature à une relance sociologique et économique. C’est pourquoi ils ont réservé quelques lots supérieurs à 200 m2 pour l’implantation de supérettes ou petits commerces de proximité. D’autres, plus modestes, seraient plus adaptés à des activités pérennes et de chalandise. « C’est bien vu, estime un artisan. Mais plus la structure est modeste au plan des employés et du chiffre d’affaire, moins les exonérations sont intéressantes... » Dès lors, pas facile de résoudre le problème du panachage des activités. Certains veulent tout de même y croire, comme Frédéric Stouvenot, le patron des Editions Géhess, qui est arrivé à Toulon il y a une dizaine d’années : « J’ai toujours vécu dans la vieille ville, avec la volonté de m’y implanter professionnellement... » C’est chose faite depuis un an. Et il estime qu’il faut « faire preuve de volonté pour aider la municipalité à réussir un pari audacieux et réaliste. On peut changer la ville en lui conservant son identité et sans marginaliser les populations qui y vivent. » L’engagement est généreux, mais il ne suffit pas d’être épris de ce cœur de ville en lente mutation architecturale. Cela a un prix ! Aujourd’hui, les tarifs s’envolent et ces vieilles pierres dont on a voulu chasser les populations indésirables (vieux et immigrés) il y a une trentaine d’années, retrouvent une jeunesse... ô combien dorée !

José Lenzini

MAI/JUIN 2007. le Ravi n°41 et n°42 : enquêtes « Les rhumatismes du vieux Toulon » et « Pas si franche la zone urbaine ». Page 5 et page 4.

@-Leravi - http://www.leravi.org