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La rose veut retrouver du piquant

le 2/02/2008

PARTI SOCIALISTE. Après l’orage et l’accalmie, le soleil va-t-il briller à nouveau pour les socialistes de la région ? La météo reste incertaine...

Après la douloureuse défaite lors des présidentielles, le parti socialiste avait, en Paca, limité les dégâts aux législatives. Ses responsables régionaux espèrent désormais, se refaire une santé lors des municipales. Dans les Bouches-du-Rhône, Marseille mobilise toutes les énergies. Jean-Noël Guérini, homme fort du PS dans « 13 », a longtemps hésité à entrer dans la bataille électorale. Mais depuis septembre, il mène une campagne déterminée et méthodique qui a réussi à ébranler l’assurance du maire UMP sortant de Marseille. De là à créer la surprise en faisant basculer à gauche la 2ème ville française ?

Dans le reste du département, la situation est contrastée. Aix-en-Provence avait basculé à droite en 2001. Pas sûr que la ville redevienne socialiste, le mois prochain, avec la dissidence de Michel Pezet face à la liste officielle d’union de la gauche conduite par Alexandre Medvedowsky. « On a tout essayé mais la notion de responsabilité est parfois difficile à faire passer, soupire Eugène Caselli, 1er secrétaire fédéral socialiste du « 13 ». Pourtant Aix a toujours été la ville des paradoxes. Tout est encore possible pour la gauche. N’oublions pas que Maryse Joissains s’est retrouvée élue alors qu’elle avait moins de 17 % au 1er tour. » Un trublion pourrait changer ce scénario : le patchwork Modem-ex-Verts-dissidents UMP de François Xavier De Peretti qui va probablement mordre sur l’électorat de centre gauche...

Autre ville « problématique » : Istres. « Nous voulons y garder notre identité qu’incarne Alain Tavernier », affirme Eugène Caselli, se réjouissant du soutien - tardif ! - du PCF. Nul doute que François Bernardini, divers gauche, va regagner la ville au détriment de son ancien parti. 2001 avait été marqué par une surprise : la victoire d’un socialiste à Salon de Provence à l’issue d’une quadrangulaire. « Le jeune maire (NDLR : 51 ans en 2008 tout de même !) a fait maintenant sa place. C’est un très bon candidat », se félicite le 1er fédéral. Avec là aussi, une ombre au tableau : le secrétaire de la section PS de Salon a rejoint la liste du candidat UMP ! Eugène Caselli a au moins un motif de satisfaction : « A Miramas, avec Frédéric Vigouroux, nous avons de très bonnes chances de gagner. » En 2001, le PCF avait perdu cette ville, ancrée à gauche, au profit de l’UMP à l’issue d’une triangulaire avec un candidat de la LCR. Cette fois-ci, le PS a réussi à fédérer, dès le 1er tour, la gauche alternative, les Verts, les radicaux. Il semble bien placé pour emporter la mise.

Dans le Var, les ambitions des socialistes sont plus modestes. Toulon est inaccessible. « Je joue pour gagner », affirme, bravache, Robert Alfonsi, tête de liste PS. Il espère surtout accéder au second tour et faire mieux que les 31 % de la candidate socialiste en 2001. En tant que 1er secrétaire varois, il met tous ses espoirs sur la Seyne-sur-Mer. Le PCF avait perdu en 2001 la ville, qu’il détenait depuis la Libération, en faveur de l’UDF Arthur Paecht lors d’une triangulaire avec Patrick Martinenq. Même si la candidature de ce dernier, exclu depuis du PS, va à nouveau brouiller les cartes, la situation semble favorable à Marc Vuillemot, investi par le PS avec le soutien du PCF. Les socialistes varois espèrent prendre une revanche à Draguignan. Christian Martin, le maire sortant PS, y avait été battu de 167 voix par l’ancien maire Max Piselli. « Christian Martin se bat avec beaucoup d’énergie », applaudit Robert Alfonsi. « J’axe ma campagne sur le thème « comment garder les jeunes et les actifs ». L’élection est très ouverte », confie Christian Martin. En terre de mission dans les Alpes Maritimes, les socialistes ont réalisé l’exploit de se diviser à Nice, avec la dissidence de Patrick Mottard qui avait porté leurs couleurs en 2001. Patrick Allemand, investi par le PS et soutenu par la gauche plurielle, gagnera probablement cette primaire fratricide. « On créera franchement la surprise si Nice bascule à gauche mais on ne peut pas l’exclure, veut croire Paul Cuturello, conseiller général socialiste et candidat sur la liste Allemand. Christian Estrosi, le sous-ministre UMP, baisse sans cesse dans les sondages alors que Jacques Peyrat, le maire sortant, exclu de l’UMP, monte régulièrement. » Reste que Christian Estrosi demeure le grand favori. Lot de consolation dans le « 06 » : Valbonne et Carros devraient rester socialistes. Le PCF pourrait aussi reprendre la Trinité avec le soutien du PS. On a toujours besoin de bons camarades pour vous remonter le moral !

Michel Gairaud

@-Leravi - http://www.leravi.org