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Coupure de presse ?

Edito
le 6/11/2008

Presse citron Sa majesté Nicolas Sarkozy a convoqué à l’Elysée, début octobre, les patrons des grands journaux pour inaugurer les Etats généraux de la presse dont il a eu lui-même l’idée au printemps dernier. Autres temps, autres mœurs. En 1789, les Etats généraux, ceux qui ont aboli les privilèges, se sont construits, pas à pas, au sein d’assemblées pluralistes et ouvertes, à l’issue d’un long débat démocratique et public avec les fameux cahiers de doléances. En ce début de 21ème siècle, le Président de la République décide du calendrier, de l’ordre du jour, des participants, afin de fixer dans les deux prochains mois des « solutions » pour l’avenir de la presse. Le chef de l’exécutif détermine, seul, ce qu’il faut faire et ne pas faire pour garantir l’existence d’un contre-pouvoir. Il a soufflé le chaud et le froid. Affirmant à la fois que la « presse ne sera jamais un produit comme un autre » et plaidant pour un assouplissement des règles de concentration des médias et la remise en question des droits d’auteur des journalistes.

Presse à comprimer La presse va mal. Cela ne fait aucun doute. Sans les aides de l’Etat, directes et indirectes, de nombreux quotidiens nationaux disparaîtraient. Et pas seulement l’Humanité. Mais le malaise n’est pas uniquement économique. Les quotidiens régionaux sont riches, protégés par leur situation de quasi monopole et le flot de publicité institutionnelle qui alimente leurs colonnes, pourtant ils perdent sans cesse des lecteurs. La crise touche à la fois l’offre et la demande. Pour séduire les annonceurs, pour ne pas froisser les pouvoirs politiques, il faut lisser le contenu des articles. L’information finit alors par devenir insipide et par se confondre avec la communication omniprésente sur tous les supports médiatiques. La gratuité d’une partie des journaux, celle également du flux incessant des images et des textes en ligne sur internet, crée aussi une concurrence indéniable. Parfois stimulante. Parfois anesthésiante quand les lecteurs s’habituent à consommer passivement des contenus prédigérés.

Presse ravie Va-t-on assister à la mort de la presse ? L’équipe qui réalise ce mensuel atypique ne s’y résigne pas. Il y a toujours urgence de s’informer et d’informer sur les questions locales et régionales. Il est toujours utile de privilégier l’irrévérence à la prudence. Il est toujours indispensable de proposer des enquêtes fouillées et contradictoires. Il est toujours souhaitable de préférer la satire au dogmatisme... Avec d’autres, comme l’ont réclamé des Etats généraux pour le pluralisme, non initiés par l’Elysée ceux-là, le Ravi juge pertinent de construire un pôle public et associatif des médias à but non lucratif (1). Le mensuel régional qui ne baisse pas les bras publiera dans peu de temps, en février, son 60ème numéro. Nous lancerons à cette occasion une nouvelle formule. Façon de donner un nouveau départ à une histoire que nous souhaitons poursuivre avec vous...

le Ravi

Infos & satire seront au rendez-vous du prochain numéro du Ravi chez les marchands de journaux dès le vendredi 5 décembre. Ou, pour participer à votre manière aux Etats généraux de la presse, dans votre boîte aux lettres après avoir rempli et posté le bulletin ci-dessous.
(1) www.etats-generaux-medias.org

@-Leravi - http://www.leravi.org