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Le mois de l’oursin

Edito
le 5/02/2009
Il faut le reconnaître. Sauf pour les petits veinards qui vont batifoler dans les stations de ski, emmitouflés dans de moches combinaisons fluos sur des pistes bombardées par des canons à neige asséchant les nappes phréatiques, février n’est pas le mois le plus rigolo. Même si on pourra sans doute s’y réchauffer en défilant dans de belles manifestions pour lutter contre la crise, la morosité hivernale nous guette tous. Et ce n’est pas la perspective de lire le rapport d’Edouard Balladur sur la réforme des collectivités territoriales qui va nous rendre par magie, euphoriques. Bien sûr, pour les amoureux, il y a la Saint Valentin, le 14, la fête des fleuristes et du petit commerce à court d’idées entre les bacchanales consuméristes de Noël et l’indigestion de chocolats à Pâques...

Heureusement, l’echinoidea est là pour sauver la mise. Du grec ekhinos, épine, et derma, « derme » ! L’oursin, quoi ! Chers lecteurs qui n’habitez pas les pieds dans l’eau, sachez donc que février est au cœur de la saison où il faut déguster cette petite bestiole. Sur la côte bleue, petit paradis proche de Marseille à quelques battements d’ailes de gabian du futur incinérateur de déchets qui parfumera bientôt un peu plus la jolie ville de Fos-sur-Mer, on célèbre même des « oursinades ». La Région propose 50 % de réduction pour s’y rendre le week-end en TER. Une perspective qui ne manquera pas de faire rêver dans les Alpes-Maritimes où une grève a paralysé les trains régionaux en décembre et janvier.

Qu’est-ce qui rend si sympathique l’oursin ? Au premier abord, l’animal semble plutôt insaisissable. Dépourvu de dos et de ventre, son anus est curieusement situé sur le dessus et sa bouche sur le dessous. Le genre de détail qui n’intéresse personne, à l’exception peut-être des très nombreux clients de l’industrie du sexe prospérant en Paca. Nous y consacrons dans ces pages une enquête torride que vous n’aurez probablement pas envie de lire. In fine, le charme de l’oursin réside dans son mystère, le côté rebelle que lui donne en permanence son humeur piquante. Est-ce dû également à son cousinage avec le concombre de mer ? Importante question qui pourrait faire à elle seule l’objet d’un prochain édito...

le Ravi

@-Leravi - http://www.leravi.org