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Et les gagnants sont…

le 2/03/2009

Est-ce un hasard ? En Paca, c’est dans les métropoles que l’on promet le plus. Et donc que l’on cocufie proportionnellement à plus grande échelle les électeurs. Marseille, Nice et Toulon gagnent ainsi haut la main notre concours des promesses « non tenues »…

1er prix : Marseille

Le tandem Gaudin/Guérini

A Marseille, Jean-Claude Gaudin (UMP) et Jean-Noël Guérini (PS) ont rivalisé pendant la campagne dans une surenchère d’engagements. Mieux encore : si le premier a retrouvé son fauteuil de maire, son rival s’est emparé de la communauté urbaine en y plaçant un homme de confiance, Eugène Caselli. Situation inédite de cohabitation où les pouvoirs sont partagés, les bilans aussi.

Jean-Claude Gaudin

Se moquant de son concurrent rebaptisé « père Noël », Jean-Claude Gaudin, fort de son expérience, a été plus prudent en évitant de trop chiffrer et dater ses engagements. Mais talonné dans les sondages, ses nerfs ont lâché entre les deux tours où il a exhibé une lettre signée Nicolas Sarkozy promettant mille merveilles pour Marseille.

- « Ce serait une faute au regard de l’Histoire » que la LGV en direction de Nice ne passe pas par Marseille assure le président à son « cher Jean-Claude ». La décision est reportée au 30 juin, mais le préfet de région nommé par Sarkozy milite depuis, fermement, pour un tracé contournant la capitale régionale.

- « La capitale française de l’Union pour la Méditerranée s’appellera Marseille. » Encore raté ! C’est Barcelone qui a été choisie. Mais les exégètes de la parole élyséenne font remarquer qu’il était dit « capitale française » et non « européenne ». En clair, Marseille devra se contenter d’un secrétariat technique. Comme sur les contrats d’assurance, il faut savoir lire de près les promesses électorales.

- « L’effort de l’Etat en faveur de Marseille doit être à la hauteur. » Une formule fourre-tout. En un an, Marseille accumule de gros revers : le système de défiscalisation des zones franches, invention de Gaudin, est remis en cause par le gouvernement. Plus anecdotique mais humiliant, Patrick Devedjian venu distribuer des sous pour son plan de relance retoque le projet « campus Canebière » au motif qu’il « a un coût exorbitant, le record de France » !

Jean-Noël Guérini

- « Je me donne six mois pour résoudre le problème de la propreté. » Or la gestion des ordures et des déchets ménager, le tri sélectif, sont de la compétence de Marseille Provence Métropole désormais gérée par les socialistes. Surprise ! Un an après, la ville ne resplendit toujours pas ! La situation s’améliore-t-elle ? Difficile d’en juger objectivement : le seuil de tolérance aux crottes de chiens, poubelles éventrées, balades noctures de rongeurs quadrupèdes, est assez subjectif. Une certitude, Jean-Noël Guérini avait promis de supprimer le « fini/parti », pratique qui autorise les éboueurs à quitter leur service une fois leur tournée terminée. Et peut-être à bâcler leur travail... Il n’est désormais plus question d’en finir avec cette tradition mais d’un dialogue « constructif » avec le puissant syndicat FO qui fait la loi chez les territoriaux depuis Gaston Defferre…

- « Je prends l’engagement de mettre fin à l’incinérateur. » Jean-Noël Guérini a fait de ce dossier un des axes forts de sa campagne. Parce que cette technique « dégage de la dioxine et porte atteinte à la santé de nos concitoyens », il s’est engagé à obtenir un moratoire et à organiser un référendum. PS et UMP viennent de voter une délibération programmant la fin des travaux de l’incinérateur partiellement reconverti en usine de méthanisation (lire page 20).

« Je prends l’engagement… »

2ème prix : Nice

Christian Estrosi

Il est phéno ! Il est phéno ! Il est phénoménal ! Christian Estrosi (UMP) a promis presque toutes les secondes durant sa campagne. Il a même continué à multiplier les effets d’annonce une fois plébiscité par les électeurs. C’est l’école Sarkozy. La méthode a un avantage : très difficile de lister les manquements aux engagements tellement ils se multiplient.
- Un exemple symbolique, celui de la construction d’un grand stade pour Nice. Ce projet, sans cesse repoussé, s’est retrouvé au cœur des affaires judiciaires de l’ère Peyrat. Avec Christian Estrosi, on allait voir ce qu’on allait voir, cela n’allait pas traîner. Fin juillet 2008, le maire confirme que le stade sera réalisé « dans les trois ans à venir ». Fin octobre, il annonce solennellement une livraison « au plus tard en 2013 ». Deux ans de retard supplémentaires en trois mois !
- Pêle-mêle des promesses pas tenues : la prolongation de la ligne 1 jusqu’au quartier de l’Ariane ; 1 500 logements sociaux par an (seulement 352 ont été réalisés en 2008) ; l’ouverture des piscines dès la première semaine suivant son élection 7 jours sur 7, de 7 heures à 22 heures ; l’interdiction de la circulation des poids lourds en transit sur l’A8 aux heures de pointe…

3ème prix : Toulon

Hubert Falco

Notre secrétaire d’Etat régional à l’Aménagement du territoire est un petit joueur par rapport aux lauréats marseillais et niçois. Hubert Falco (UMP) a beaucoup, beaucoup promis mais avec la prudence qui le caractérise : en veillant à ne pas s’engager sur un calendrier précis ou bien en restant dans le flou. Exemple typique : sa plaquette de campagne présente « le transport en commun en site propre » comme un « projet majeur ». Le maire a depuis explicitement indiqué qu’il renonçait au tramway pour un bus électrique à l’horizon… 2014 ! In fine, sur un plan général, on peut donc aussi bien considérer qu’Hubert Falco a tenu au bout d’un an toutes ses promesses. Ou aucune !

Michel Gairaud

@-Leravi - http://www.leravi.org