Critique de « Requiem pour une République » de Thomas Cantaloube

mars 2020 | PAR Michel Gairaud

Pour son premier roman, Thomas Cantaloube, grand reporter à Mediapart, frappe fort. Il nous plonge, de juin 1959 à octobre 1961, dans les premières années de la cinquième République durant lesquelles la guerre qui ne dit pas son nom en Algérie pèse de plus en plus lourd dans la France gaulliste. Si le journaliste documente avec rigueur une époque, où s’enracinent des maux contemporains comme le racisme et la ségrégation qui pèsent toujours sur ceux issus des anciennes colonies, Requiem pour une République est avant tout un polar trépidant.

Au fil d’un récit déployé sur plus de 500 pages, le lecteur n’a de cesse de suivre les aventures d’Antoine Carrega, l’ex-résistant qui truande avec le milieu, de Luc Blanchard, jeune flic se déniaisant, et de Sirus Volkstrom, l’ex-collabo manipulé par le préfet Papon se débattant entre le SAC et l’OAS. Alors que tout les oppose, ils se retrouvent liés, entre Paris et Marseille, dans une poursuite effrénée pour découvrir une vérité que la raison d’État cherche à cacher.  Croisant, au passage, quelques noms bien connus : Jean-Marie Le Pen, François Mitterand, Charles Pasqua… Plus vrais que nature !

Requiem pour une République, par Thomas Cantaloube, éditions Gallimard, collection Série noire, 544 pages. Rencontre avec Thomas Cantaloube, animée par le Ravi, jeudi 5 mars, 19h, à la bibliothèque de Mirabeau (13) et vendredi 6 mars, 19h, à la médiathèque d’Apt (84). Infos : www.lesnouvelleshybrides.com