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2013, la capitale désenchantée

1. Les opérateurs culturels
le 1er/12/2011

2013, la capitale désenchantée

Bernard Aubert, programmateur de la Fiesta des suds et de Babel Med (Marseille)

« Il n’y a pas de politique culturelle à Marseille depuis 15 ans. On nage en plein brouillard. Il n’y a jamais eu, par exemple, de réunion des gros opérateurs culturels de la ville pour travailler ensemble. Alors, qu’il y aurait tellement à faire pour valoriser ce qui se passe dans cette ville. Marseille aurait pu être la capitale du Rap à la fin des années 90, mais elle a laissé partir les meilleurs. De même, il y a une profusion d’écrivains, mais elle ne sait pas les valoriser. Elle maltraite ses atouts. Par exemple, la ville regorge de petites et moyennes salles, mais elles sont obligées de tirer sur la corde pour joindre les 2 bouts. Ici, rien n’a changé depuis un siècle. A l’époque, on fabriquait le savon ici, mais on n’allait pas jusqu’au bout, laissant la plus-value aux Lyonnais qui conditionnaient et commercialisaient. Aujourd’hui, on fait la même chose avec la culture. Marseille est un formidable terreau de création, mais on ne capitalise pas dessus. On préfère construire une patinoire, qui est vraiment l’équipement le plus ridicule du mandat de Gaudin. L’équipe de Gaudin a toujours eu peur de la culture. D’ailleurs, Marseille-Provence 2013, ce n’est pas la ville qui l’a voulu, c’est la CCI. Et s’il fallait une preuve pour finir de leur incurie, regardez ce qu’ils ont fait de la délégation de la culture sur ce troisième mandat de Gaudin : elle a été découpée en 12 délégations ! Comment avoir une vision claire de la culture avec cela ! »


Mireille Batby, directrice de LabelMarseille, laboratoire artistique (Marseille)

« Je suis arrivée à Marseille voici 3 ans avec l’idée de mettre en place un laboratoire artistique qui correspondait à une demande que j’avais identifiée au cours de mon parcours professionnel : entre l’idée et la concrétisation, l’artiste a souvent besoin de se confronter à d’autres pour éprouver le projet qu’il peut réaliser pendant une résidence. Marseille me semblait être le bon endroit pour le faire et je n’ai pas été déçue. J’ai rapidement trouvé dans cette ville une vitalité incroyable, beaucoup d’envie et même un lieu que nous avons rapidement investi. En deux ans, nous nous sommes faits connaître des artistes, des structures culturelles qui veulent travailler avec nous. Franchement, c’est au-delà de mes espoirs tant cela est allé vite et fort. Nous avons également reçu beaucoup de public durant nos événements et j’ai trouvé des Marseillais curieux et très intéressés par la culture, même si les pratiques se situent loin d’eux. Seulement, je me demande si je ne vais pas quitter la ville dans un an. Car, malgré le travail, malgré la reconnaissance des professionnels, personne ne suit du côté des institutions. C’est un terrible constat d’échec de s’apercevoir que les techniciens et les élus chargés de la culture présentent un certain désintérêt à toutes nouvelles formes. Manifestement, leur principale activité consiste à orienter l’argent vers les structures classiques les plus grosses et les visibles. C’est un immense gâchis. »



Marc Benzi, ex producteur de Goldman et Céline Dion, porteur du projet Marseillereve (Marseille)

« C’est un projet qui vise à faire participer les Marseillais à la réalisation de chansons dédiées à la ville, à la création de flashmob (chorégraphie dans la rue) et à des clips. Nous avons commencé à travailler dans les quartiers, notamment avec les centres sociaux. Pour ce faire, Lisette Narducci, maire du 2/3 et Samia Ghali, maire du 15/16 nous ont bien aidés. Mais notre projet a été refusé par l’équipe de Marseille-Provence 2013. Cela ne nous a pas vraiment surpris, mais ne nous a pas arrêtés non plus. Nous avons reçu le soutien décisif de Renaud Muselier et de Bruno Gilles qui nous ont ouvert d’autres portes. Aujourd’hui, nous continuons à créer, nous venons de faire la chanson et le flashmob pour Marseille-Cassis et nous préparons le spectacle d’ouverture du mondial de l’eau pour 2012. En 2013, nous visons à organiser un exposition musicale itinérante pour présenter l’ensemble des créations réalisées avec les jeunes des quartiers depuis 2 ans. »

http://www.marseillereve.com/


Dro Kilndjian, programmateur de Marsactac (Marseille)

« En 2008, nous avons lancé les Mix-Up, qui consistent en une résidence d’artistes dans une ville avec production d’un Live pendant le Marsactac. Nous avions envisagé de travailler sur 5 villes en Afrique et en Méditerranée avec, pour 2013, la présentation des 5 concerts pendant Marsactac et l’édition d’une collection de disques. Ce projet, nous l’avons estimé à 400 000 Euros. Dès le début, MP2013 nous ont dit que c’était un projet qu’il soutiendrait, qu’il fallait qu’on y aille. Aussi, nous avons réalisé le premier Mix Up Bamako sur nos fonds propres. Pour le suivant, Beyrouth, nous avons eu 10 000 Euros de MP2013. Depuis, rien. Nous n’avons aucun engagement écrit. Nous n’arrivons même pas à avoir une lettre d’intention pour nous aider à trouver d’autres partenaires ! Or, MP2013 s’était engagé à mettre 40% sur les Mix Up. Ne voyant rien venir, nous n’avons pas réalisé le Mix Up 2010, et ce pour deux raisons. Nous voulions Istanbul mais MP2013 n’a pas été capable de nous ouvrir les portes. Et l’argent engagé sur les deux premiers Mix-Up a contribué à fragiliser notre association. Voilà le comble : MP2013 devait être une chance pour les acteurs culturels et pour l’instant, c’est l’inverse qui se produit ! »


Philippe Foulquié, ancien directeur de la Friche (Marseille)

« A l’annonce de la capitale européenne de la culture, j’avais déclaré que Marseille avait besoin de ce « New Deal » culturel pour rebondir après des années de marasme dû à l’absence de politique culturelle de Gaudin. Malheureusement, ça n’a pas l’air d’être le cas. »


Christophe Gantelmi, artiste sonore (Marseille)

« En général, une structure culturelle utilise 20% d’un budget artistique pour son fonctionnement, ce qui se justifie car elle s’occupe de la recherche de financement, aux questions réglementaires administratives, la logistique, la communication, les cachets. L’artiste peut facturer les coûts de production et ensuite recevoir son cachet. Mais sur ce cachet, 60% part au régime d’intermittent. »


Pierre Hivernat, responsable de la galerie le Magasin de jouet (Arles) et ancien directeur artistique de Marseille-Provence 2013

« Schiavetti, franchement, on ne peut pas vraiment lui reprocher des choses sur le plan culturel à Arles. Il y a bien deux trois trucs qui me font pester dans la ville, mais c’est ridicule par rapport au reste. D’ailleurs, à Arles, c’est difficile de trouver des gens qui disent du mal de son action. »


Sam Khebizi, directeur des têtes de l’art et président de l’association Le comptoir des Victorine (Marseille)

« Marseille-Provence 2013 est à l’image des politiques culturelles : l’argent va toujours aux opérateurs les plus gros, et les petites structures sont obligées de se contenter des miettes ; Les investissements réalisés sur un certain nombre de gros équipements en vue de 2013 engendreront obligatoirement de nouvelles dépenses de fonctionnement qui se feront sur le dos des petits opérateurs. Les lendemains de Capitale 2013 seront assurément douloureux pour de nombreuses petites structures. Aussi, j’ai décidé de revenir en arrière, à un squat artistique pour rétablir une forme de rapport de force puisque nous ne sommes pas écoutés. Et pour nous, ce sera un OUT, pour bien montrer que de trop nombreux artistes locaux se retrouvent exclus de la capitale européenne. Il est probable d’ailleurs que nous nous joignions au OFF. Pendant tout l’année 2012, nous organiserons des agoras rassemblant les structures laissées pour compte pour dénoncer les choix réalisés, et proposer des alternatives crédibles pour penser la culture différemment à Marseille. A bon entendeur… »

www.outofmp2013.org


Jean-Michel Lasserre, créateur du festival Zik Zac et patron de la Fonderie (Aix)

« La Fonderie a fermé en 2002. Après dix ans de fonctionnement, le lieu avait besoin d’être rafraîchi et la Ville l’a préempté pour en faire une salle de spectacle. En attendant, de 2003 à 2007 nous avons géré la salle du Bois de l’Aune avec le projet d’en faire une salle de musique actuelle. Mais la demande de salle à Aix était telle, qu’on a fait des trucs associatifs, communautaires, etc. Les budgets pour la réhabilitation de La Fonderie ont été votés fin 2009 par la CPA (1,6 millions d’Euros pour une grande salle de 300 places, un cabaret de 200 places et des studios de répétition), mais le projet semble à l’arrêt. Il manque une réelle volonté politique. Certains y verraient bien un projet immobilier...La préoccupation première n’est pas les musiques actuelles. En dix ans, Aix s’est dotée d’un grand théâtre, d’un centre de chorégraphie international, ce qui est important pour son rayonnement et le tourisme. Mais il y a d’autres habitants, des étudiants notamment, qui ne sont pas pris en compte. Pour sortir il faut aller à Marseille, ou en boîte de nuit. C’est une ville assez riche qui pourrait aussi abonder les structures moyennes maintenant que les grosses sont lancées. Le festival reçoit 170 000 euros.

J’aurais aimé que MP2013 soit l’occasion de relancer le débat mais ça semble mal parti. Nous avons présenté un projet de création musicale avec des musiciens d’ici et d’Algérie (145 000 Euros), sans nouvelles. Comme on ne sait pas qui décide, on l’a déposé au comité de pilotage de la CPA et à MP2013, c’est plus sûr. Tout ça va se jouer au rapport de force, très loin au-dessus de nos têtes. Pour l’instant tout le monde se regarde un peu en chien de faïence. Comme tout est flou, il y a plein de luttes de pouvoir entre techniciens d’une communauté et d’une autre.

A l’époque où la fonderie était ouverte (dix ans), 25% du public venait de Marseille. Même chose pour Zik Zac, donc il y a déjà un territoire où les gens circulent surtout que l’offre en matière de musiques actuelles n’est pas énorme. »


Marie Leduc, Nouvelles donne production (Marseille)

« Yamina Fahir, photographe, a entamé une résidence au service neuroscience de l’hôpital de la Timone pour une durée de 8 mois pour le projet « Faites vos vœux ». C’est un projet financé par MP2013 et l’AP-HM. Nouvelles donnes production gère la production de cette résidence, ce qui représente 20% du budget total. Sur les 80% restant, l’artiste touchera 1/3 en salaires et 2/3 en présentant des factures liées aux prestations. »


Jérémy Morjane (Anticlimax), DJ et animateur sur Radio Grenouille (Marseille)

« Cet été, il y a eu une levée de bouclier du public contre la fermeture de la cabane du Roucas Blanc et de la buvette disco, ce qui était une première côté public. Même si les deux manifs n’ont pas été suivies. Surtout que les deux lieux, à la Pointe Rouge et près de l’hippodrome au bord de l’eau sans aucun riverain, ne créaient pas de nuisances sonores. Le souci c’est un arrêté de 2000 qui interdit les musiques amplifiées en intérieur ou en extérieur et que la préfecture a ressorti au printemps. Et la mairie distribue des autorisations au compte-goutte. Dans la perspective de 2013, c’est un sacré frein pour organiser des soirées en extérieur ou en dehors des lieux habituels. Alors qu’on devrait être soutenus, c’est l’inverse qui se produit et on est réduits à une activité minimale, presque dissimulée. De mon point de vue, nous ne sommes pas une nuisance mais maintenant si on veut « assainir » la ville... Le seul aspect positif de la fermeture administrative au printemps de la Dame noir sur le cours Julien est que du coup, ils ont relancé leur projet de club au Trolley Bus sur le Vieux-Port. Donc on ferme un endroit mais un autre s’ouvre car les gens ont envie de s’amuser et de faire la fête.  »


Eric Pringels, marseille2013.com, le OFF de 2013 (Marseille)

« Nous sommes en train de construire une programmation OFF pour 2013 rassemblant des acteurs culturels de la ville, principalement du tiers secteur, c’est-à-dire le plus fragile mais aussi le plus dynamique. Nous sommes également en train de construire quelques événements qui viendront ponctuer 2013, comme la Trocade qui se déroulera fin novembre pour sa première édition. L’idée, c’est de faire ce que ne fait pas le In : rassembler les forces culturelles (une vingtaine de structures pour l’instant) pour défendre une identité de la ville, bruyante, bouillante, désordonnée, mais bien plus vivante et excitante sur un plan artistique. Nous espérons également attirer les commerçants via l’exploitation de nos marques commerciales et la mise en place de notre monnaie culturelle, le Gaston. Mais tout cela est suspendu à une inconnue de taille. Jusqu’à présent, nous n’avons pas un centime en caisse. Or, si nous pouvons compter sur la mobilisation de tous pour animer un site et organiser quelques événements, ce n’est pas la même chose concernant une programmation sur une année. »


Apolline Quintrand, directrice du festival de Marseille (Marseille)

« Le festival a été créé en 1995 par la volonté de Claude Bertrand, le directeur de cabinet de Jean-Claude Gaudin : la ville subventionne à hauteur 1,5 millions d’Euros le festival de Marseille tout en me laissant la maîtrise de la programmation, de la constitution de l’équipe et de la communication. Ce contrat a toujours été respecté, même quand des remous sont apparus dans l’équipe municipale suite à certaines affiches jugées pas assez valorisantes ou des spectacles jugés trop "élitistes". Mais l’action de la ville s’est arrêtée là, alors que cela se passe autrement dans d’autres métropoles comme Lyon ou Bordeaux où les mairies ont compris l’intérêt d’accompagner les structures culturelles dans une politique globale de valorisation qui amène des retombées en terme d’images et d’économies. Cela nous a conduit à travailler au maillage de la ville avec d’autres structures culturelles, ce qui nous donne aujourd’hui notre force et notre légitimité et nous a définitivement sorti de l’étiquette "festival municipal". C’est ce qui nous a permis, lors de l’édition 2009 où nous avons été contraint de quitter le port où nous espérions nous installer, d’être accueillis par 13 lieux culturels de la ville et de sauver le festival. Depuis notre départ de la Vieille Charité en 2008, nous avons, comme le festival Marsatac, été obligés d’investir d’autres lieux, comme le parc Fabre puis la salle Vallier. Malgré cela, le public nous a toujours suivis et l’édition 2011 a accueilli 18000 spectateurs, soit 40% d’augmentation ! Notre public a d’ailleurs beaucoup évolué. A la vieille Charité, nous avions un public qui faisait sa sortie culturelle de juin. Aujourd’hui, nous avons beaucoup plus de jeunes qui viennent vraiment voir une création, et qui se déplacent, quelque soit le lieu. En soit, ces différentes implantations nous ont évité de nous endormir sur nos lauriers. Nous avons fait d’une faiblesse, une force. »

« Sur Marseille-Provence 2013, nous sommes passés de l’espoir au questionnement, puis à la déception et maintenant à l’indifférence. Comme d’autres, nous avons déposé un projet avec le Ballet National, le Ballet Preljocaj, la scène nationale le Merlan et le GMEM, mais nous n’avons jamais obtenu de réponse. Je considère que l’équipe s’est montrée hautaine par rapport aux opérateurs culturels et a provoqué une fracture. Ils sont très nombreux et semblent partis pour dépenser les 90 millions d’euros dans une programmation qu’ils veulent monter seuls dans leur coin. Ils se sont isolés dans leur tour d’ivoire et la capitale de la culture n’est plus un événement partagé. En 2013, nous ferons une édition spéciale, mais nous comptons juste sur nos forces. Et j’ai bien peur que l’argent dépensé par l’équipe de la Capitale européenne de la culture manque en 2014 au tissu culturel qui restera. Notre combat aujourd’hui, c’est de survivre à 2013 et continuer à travailler pour 2014. Quelle ironie de l’histoire ! »



Stephan Raffi, Live in Marseille (Marseille)

« Quand on se penche sur les financements publics (Mairie, Conseil général et Conseil régional) des musiques actuelles dans cette ville et dans la région, on ne peut qu’être impressionné par la concentration de sommes importantes entre un nombre restreint d’acteurs. Le souci principal c’est ça : préférer faire de gros chèques à une structure pour qu’elle livre un événement « clef en main » qui buzze, plutôt que du travail de fond. Car les politiques ont bien compris que le retour sur investissement en termes d’image et de notoriété est bien plus important dans ce cas. L’action culturelle en Paca se réduit souvent à ouvrir le porte-monnaie et attendre les retombées médiatiques. Une fois cela financé, les petites salles, celles qui programment toute l’année, que ce soient des groupes locaux ou des groupes internationaux avec un public de niche, ces activistes n’ont plus qu’à se contenter des miettes, voire rien du tout. »



Raphaël Sage, directeur de Seconde Nature (Aix)

« MP2013 est un beau et joyeux bazar. L’annulation du festival 2009 (faute de terrain) a marqué les esprits et cassé une dynamique. On a manqué de public pour l’édition 2010 (10 000 tickets au lieu des 13 000 espérés). Donc on a préféré imaginer une biennale pour 2013, le moment le plus judicieux pour repartir. Ce ne sera pas un festival estampillé Seconde Nature mais une dynamique associant plusieurs opérateurs (fondation Vasarelly, Ecole d’art, M2F qui organise le festival Gamerz). L’espace Seconde Nature va s’agrandir et doit faire l’objet d’une réhabilitation (estimée à 250 000 Euros entre 2012 et 2014) pour avoir une salle de concert de 400 à 500 places, une partie expo et des studios d’enregistrement. Le budget est inscrit au vote de la Ville d’Aix pour 2012. On aimerait devenir une salle conventionnée avec l’Etat en gardant la particularité de l’art numérique.

Aix, c’est un petit service culture un peu à la traîne sur les musiques actuelles. On a un certain nombre d’acteurs dans ce domaine mais pas de visibilité et de grands choix politiques. Le foncier est assez serré donc il n’y a pas de grande salle prévue. Et nous avons des équipements publics de premier plan qui ont tous des salles de diffusion (Cité du livre, futur conservatoire). Aix est un des grands atouts de MP2013 même si elle est rentrée très tardivement et dresse un objectif très important de retour sur investissement. L’association MP2013 est censée assurer la programmation mais ici ça se fait un peu différemment. Tout se passe dans les couloirs.

Je sens une bonne dynamique sur Aix même si les projets ne sont pas ficelés, qu’on ne sait ni combien, ni quand. Après, il y a tout sortes de perches qui vont permettre la circulation entre Aix et Marseille. Le territoire artistique existe, mais pas celui politique. Les publics que nous recevons (24 000 par an à l’espace) viennent de toute la CPA et de Marseille. Mais la question des transports est centrale. Aix/Marseille est une ville en train de se former. Donc on a un paysage morcelé passant de noyaux urbains en mille-feuille commercial et petits villages, le tout traversé par un axe autoroutier. »


Pierre Sauvageot, directeur de Lieux Publics (Marseille)

« Pour l’instant, nous savons que nous sommes opérateurs sur le dernier trimestre de la programmation pour les Métamorphoses, qui seront des installations géantes dans les villes du territoires. Mais nous n’avons aucune idée du budget que va dégager MP2013. Nous avons juste un accord oral. Dans le même temps, ils nous demandent une programmation précise. Ce n’est pas possible ! Du coup, nous avançons coûte que coûte en cherchant des partenariats privés, mais également en expérimentant certaines installations dans le cadre du festival Small is Beautiful. C’est clairement une situation tendue pour nous. »

@-Leravi - http://www.leravi.org