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On veut couper les bourses à la lutte contre le harcèlement !

Une tribune libre de Louisette Maret-Tiouchichine, directrice de Le Cap
le 27/02/2013

Le Cap, association varoise qui vient en aide aux victimes de harcèlement, pourrait disparaître faute de financements. Sa directrice interpelle avec force les pouvoirs publics.

En Afghanistan, une militante du droit des femmes a été assassinée en décembre 2012. Bien entendu, ici et là, nous avons eu des témoignages pour dénoncer cette violence à l’égard des femmes. En Afghanistan, comme dans d’autres pays on tue celles dérangent, qui réclament un peu de démocratie, de liberté, d’égalité, de justice. Mais en France, qu’en est-il ?

Non on ne tue pas physiquement, c’est vrai. On assassine autrement. Car il y a des violences qui dérangent, tout autant que des femmes... Et des associations aussi. Tel est le cas de Le Cap, association loi 1901, dont le siège social est à Toulon, créée en septembre 2004 pour lutter contre les violences au travail (69 % de ses dossiers concernent des femmes).

Car comble du malheur, cette association a eu le toupet de réclamer justice dans des dossiers d’agressions sexuelles, de harcèlement de femmes et notamment dans la fonction publique, surtout territoriale ! Et c’est la foudre dirigée contre elle qui ose croire encore que la démocratie dans ce pays existe ! L’association Le Cap est étranglée par le manque de financements. Les financements publics sont-ils octroyés dans l’intérêt général ?

Si les citoyens participaient aux décisions dans les commissions, feraient-ils toujours le même choix que nos élus ? Oui on assassine, on empêche par un boycott évident en refusant systématiquement les financements pour soutenir les victimes de violences au travail ! Et puis : dans le Var être militant est un gros mot, une injure suprême. Alors si en Afghanistan on est en droit de s’offusquer contre les violences faites aux femmes, il serait aussi bien de s’indigner de la manière dont on empêche une association d’exister et de dénoncer une violence méprisée tout autant que les victimes !

A l’occasion d’une demande de financement en décembre 2012, voilà la question posée lors d’un rendez-vous au CUCS de Toulon : quels sont vos rapports avec la justice ? Avec les élus ? Car il est très important de savoir si vous faites partie du sérail avant de s’intéresser au travail au profit des victimes. Oui en Afghanistan on tue physiquement les femmes... mais en France, on le fait autrement !

L’association Le Cap va disparaître du paysage associatif faute de moyens financiers pour répondre à la demande si sa situation était inchangée.

Ceux qui nous boycottent pour soutenir les victimes de violences au travail auront donc eu raison de nous à moins d’un miracle ! Bien entendu, nous avons toujours eu le soutien de la Région Paca, de Joël Canapa (PS) et de Robert Alfonsi (PS), du sénateur Pierre-Yves Collombat (PS). Ils se sont mobilisés pour l’association tout comme la Déléguée aux droits des femmes et de l’égalité toujours à nos côtés.

Mais, l’argent étant le nerf de la guerre, et si malgré les discours sur le droit des femmes rien de concret ne s’annonçait, cela voudra dire que le changement de gouvernement n’aura rien changé ! Mais si l’association doit mourir, elle le fera dans la dignité ! En menant un combat juste ! Sans complaisance ! Car être complaisant dans la violence c’est la pratiquer !

Contact : Le Cap, 14 rue Nicolas Peiresc, 83000 Toulon. Tél. 04 94 64 43 32

@-Leravi - http://www.leravi.org