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Une pétition pour que le maire rempile

le 25/11/2013

Au Beausset (83), Joseph Allal ne voulait pas faire de second mandat. C’était sans compter ses administrés qui se sont mobilisés pour le faire changer d’avis.

« Une pétition pour le maire ? Je veux la signer moi aussi ! », s’empresse Antoinette, 80 ans, en se jetant sur notre stylo. Dans les allées du marché du Beausset – petite commune varoise de 9000 habitants - José se demande plutôt si ce n’est pas tout simplement de « l’esbroufe politicienne ». Il est vrai que d’habitude on fait plutôt signer une pétition pour que les élus démissionnent… Joseph Allal, retraité et fervent partisan du 1er magistrat, a réussi, lui, à récolter des signatures pour que le maire en place, Jean-Claude Richard (DVD)
-  qui dès le départ avait émis le souhait de ne faire qu’un seul mandat - se représente en 2014.
« On me dit que ce n’est pas courant comme geste, note Joseph Allal. Mais quand on a un maire qui est un homme bien et pas un fou, on a envie qu’il reste ! C’est bien simple, les qualificatifs qui reviennent le plus souvent c’est "honnête" et "intègre" ».

Des impôts qui n’ont pas augmenté en six ans, une diminution de la dette (le ratio s’élève à 495 € contre une moyenne de 874 € au niveau national), des logements sociaux qui voient enfin le jour, des comptes administratifs excédentaires : le fan-club n’est jamais à court d’arguments pour défendre le bilan positif du maire. « Bien souvent, il enfile lui même la casquette de maître-d’œuvre pour faire économiser de l’argent à la commune ! précise Joseph Allal. A la mairie, on le surnomme le Charles-de-Gaulle. » Non pas parce que le 1er magistrat tombe en panne souvent et coûte cher comme le porte-avions tricolore, mais parce qu’il a fait carrière dans la Marine. Mousse à 15 ans, il reprend ses études et devient ingénieur spécialisé dans la sécurité nucléaire, puis intègre l’Ecole navale pour finir sa carrière avec un MBA (Maîtrise en administration des affaires)… Ce self-made-man de 66 ans, breton d’origine, vit au Beausset depuis 1989. C’est par intérêt pour son village d’adoption qu’il aurait accepté de rejoindre Josette Pons (UMP) sur sa liste en 1995, devenant adjoint à la sécurité, avant de démissionner pour des divergences d’opinions.

« Dans la Marine il est de bon ton de dire qu’à la retraite, pour s’occuper, on finira conseiller municipal ! », ironise Jean-Claude Richard qui, méfiant avec la presse, accepte finalement de nous rencontrer. En 2011, il s’est senti « floué » par l’émission d’Envoyé spécial sur les décharges illégales du Var dont celle du Beausset (le Ravi N°110). Un montage de 54 secondes sur deux heures d’entretien avec, à l’arrivée, ses choix escamotés… « J’alimente régulièrement le dossier en justice pour bien montrer que cette décharge sauvage n’a en aucun cas l’aval et encore moins l’aide de la mairie », martèle-t-il. Avant de rajouter : « J’ai pour habitude d’assumer mes erreurs. Et je ne trahirai ni ma parole, ni ma conscience pour aucun strapontin que ce soit. Au risque d’être un peu différent dans le microcosme politique, cette différence je l’assume et rien ne me fera changer ! » L’homme vit dans une petite maison, « comme le simple citoyen que je suis », n’est encarté nulle part et ne vise aucun autre mandat que celui de maire. « Je suis là pour les Beaussétants et pas pour faciliter la vie des promoteurs, poursuit-il. La légalité doit s’inspirer de la légitimité grâce à laquelle on a été élu, c’est tout. »

Bien sûr, Jean-Claude Richard n’a pas que des amis au Beausset ! Il y a six ans c’est Claude Alimi (DVD) - sûr de ne pas être élu - qui est venu le chercher pour lui proposer d’être à la tête de « sa » liste. Le but n’était pas que Richard reste… C’était mal connaître un Breton ! De fait, il se retrouve face à des colistiers qui jouent les opposants. Claude Alimi lui-même s’est vu retirer son titre de premier adjoint (1) et termine dans l’opposition (lire aussi en fin d’article le courrier qu’il nous adressé). Ce dernier vient d’ailleurs d’annoncer sa candidature pour 2014, faisant campagne contre le maire actuel. Quant à Claude Richard, il a donc décidé de rempiler ! Il devrait officialiser sa candidature lors d’une réunion publique le 11 octobre. Et Joseph de sourire : « Le maire m’avait dit qu’au-delà de 300 signatures il réfléchirait, je lui en ramène plus du double ! » Et si Jean-Claude Richard rêve d’une liste d’intérêt communal plus que de sensibilité politique, il garde la tête froide : « une pétition n’a jamais fait une élection ! »

Samantha Rouchard

(1) Confirmé par le jugement de la cour administrative d’appel de Marseille le 31 janvier 2013. Claude Alimi a été condamné à payer à la commune la somme de 2000 € au « titre des frais exposés par la commune ».



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Suite à la parution, en octobre 2013, de l’article « Une pétition pour que le maire rempile », Claude Alimi nous a adressé le courrier suivant que nous publions dans son intégralité :

« Fervent lecteur de votre journal, je suis surpris par la teneur de votre article concernant le maire actuel du Beausset. Non pas par le choix éditorial qui est le votre, malgré que cette pétition soit une manœuvre politicienne qui s’inscrit dans une stratégie dont tout le monde en connaissait l’issue, mais bien parce qu’il me cite sans en avoir une connaissance des dossiers, et cela votre journal ne m’y avait pas habitué.

Tout d’abord, vous m’identifiez comme un candidat lors de l’élection municipale de 2008 qui : « il y a 6 ans, je suis allé chercher JC Richard pour lui proposer d’être à la tête de ma liste, le but n’étant pas qu’il reste… ». En 2008, je n’étais pas tête de liste, mais l’équipe de campagne à l’époque, dont faisait partie JC Richard souhaitait que je brigue l’investiture. Fort de ce soutien, ce n’est qu’a 2 mois de l’élection, pour de graves problèmes familiaux, que j’ai proposé à tous de porter la candidature de ce dernier.

Une fois élu, il a endossé le costume de maire, me proposant le poste de 1er adjoint – à l’urbanisme – et Vice Président de la Communauté de communes Sud Sainte Baume.

«  Je ne trahirai ni ma parole, ni ma conscience »… Dixit. Là est le fond du problème, et c’est durant la première année de mandat que tout a basculé.

Nous avions lors de la campagne porté un projet pour les Beaussetans, dont la profession de foi décrivait :

1/ Protéger notre environnement,

2/ Résoudre les problèmes d’une urbanisation incohérente,

3/ Résoudre les problèmes d’une inertie municipale qui ne profite qu’a certains intérêts,

4/ Renforcer l’identité Beaussetane auprès de la communauté de communes Sud Sainte Baume.

Pour cela :

1/ Protéger notre environnement : France 2 s’en est chargé, dans son émission « Envoyé Spécial », dans laquelle le maire ignore les éléments à charge contre son ami Monsieur Goy, éléments que vous avez vous-même en votre possession et que vous développez dans ce même numéro.

2/ Résoudre les problèmes d’une urbanisation incohérente : La seule réalisation immobilière de ce mandat de 6 ans, 42 logements sociaux regroupés en une seule unité. Les travaux ont débutés en… 2013.

3/ Résoudre les problèmes d’une inertie municipale qui ne profites qu’a certains intérêts

4/ Renforcer l’identité Beaussetane auprès de la communauté de communes Sud Sainte Baume :

Ces 2 premiers points ont créé des divergences quant à la ligne directrice que nous nous étions fixée pour conduire ce mandat. Une ligne directrice qui a volé en éclat lors :

J’ai personnellement dénoncé 4 élus en infraction au code l’urbanisme dans l’exercice de leur mandat qui dérogeait à l’engagement d’intégrité que JC Richard prônait, et dont 3 dossiers de constructions illégales (sans permis) sont toujours en instruction (le jugement du 4ème dossier a conduit à la destruction de cette construction illégale).

Les convictions d’élu qui m’animent ne s’inscrivent pas dans une politique de « petits arrangements entre amis », ce n’est pas ma vision de la démocratie, cela m’aura coûté ma place de premier adjoint et vice-président de la CCSSB.

Le paroxysme de notre désaccord est atteint en 2011 lors de sa prise de décision personnelle de quitter la CCSSB pour rejoindre TPM, pour des raisons géopolitiques et stratégiques qui me paraissent encore aujourd’hui obscures.

J’ai du obliger le maire à organiser une consultation citoyenne afin que les Beaussetans puissent donner leur avis – 95 % contre.

Le point de non retour était atteint, pour lui comme pour moi, et le camouflé indigeste. Il n’a cessé depuis de me dénigrer, et il y arrive encore ce jour par votre intermédiaire, ce qui m’attriste profondément.

De plus, vous citez une condamnation au titre des « frais exposés par la Commune », alors que je n’ai fait que me défendre sur mon éviction arbitraire de 1er adjoint dans le mépris des règlements des collectivités territoriales (en décembre 2008).

L’erreur de procédure a bien été retenue au Tribunal administratif de Toulon en 2010, mais l’acharnement du Maire pour me poursuivre en cassation et le changement de législation lui ont donné raison… en janvier 2013.

Enfin, et même si ce n’est que mon avis, et celui de José dans votre article, il ne fait aucun doute que cette pétition est une totale « esbroufe politicienne » menée par le Président honoraire de l’association des anciens combattants du Beausset Joseph Allal en soutien à l’ancien Capitaine de Vaisseau – Maire du Beausset JC Richard, lui qui en fin stratège à dirigé cette opération de main de maitre.

Les manœuvres étaient claires depuis plusieurs mois et son annonce de retrait de début d’année n’aura pas dupé les Beaussetans.

Pour finir, vous me citez comme « candidat faisant campagne contre le maire actuel ». Là encore, je pense que l’on vous a trompé, et pour preuve j’ai le plaisir de vous joindre mon projet sorti le 12 septembre dernier, dans lequel il n’est fait nullement cas de quelques bilans que ce soit, ni même allusion au maire sortant.

Je porte un projet ambitieux, ouvert, intègre et résolument tourné vers l’avenir, projet qui reçoit de la part des habitants un écho favorable et je reste à votre entière disposition, si vous le souhaitez, afin que nous en discutions ou simplement vous fournir les éléments qui permettront de rétablir une certaine impartialité sur cet article. »

Docteur Claude Alimi

@-Leravi - http://www.leravi.org