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Parce que Toulon

le 18/03/2014

Toulon est à droite depuis 1959 et il y a peu de chances qu’Hubert Falco ne soit pas réélu triomphalement pour un troisième mandat. A moins que…

«  Il ne faut pas galvauder le temps de la démocratie !  », s’énerve Robert Alfonsi, conseiller régional Paca, conseiller municipal d’opposition à Toulon et candidat PS pour 2014, face au mutisme du maire sortant UMP Hubert Falco. A un mois du premier tour, ce dernier n’était toujours pas déclaré candidat à sa réélection ! Par conséquent, il ne participe à aucun débat. Elu au premier tour en 2008 avec 65,20 % des voix dans un fief qui vote à droite (en passant par l’extrême) depuis 50 ans, l’édile a-t-il vraiment besoin de faire campagne ? Si on s’inquiète de voir certaines villes varoises chavirer (Brignoles, Fréjus…), pour Toulon il y a peu de chance que ça change…

Face à lui le PS Alfonsi (14 % en 2008) qui, s’il a déjà rédigé un programme de «  95 propositions pour Toulon  », appréhende tout de même qu’un électorat habituellement de gauche ne «  sanctionne la politique du gouvernement à travers [sa] candidature  ». Son lien rompu avec Michel Vauzelle (PS), ne fait pas non plus l’affaire du n°1 socialiste toulonnais. De là à affirmer que le président du Conseil régional soutiendrait Falco il n’y a qu’un pas que franchit Le Figaro (1) ! Les déçus du PS, André de Ubeda (4,30 % en 2008), tête de liste Front de gauche, espère bien les récupérer. Lui comme Olivier Lesage, tête de liste de l’Alliance écologiste indépendante (AEI), s’ils rêvent à peine d’une victoire, aimeraient surtout qu’«  une vraie opposition  » voit enfin le jour à Toulon et n’hésitent pas pour cela à tacler Alfonsi pour son opposition «  molle et silencieuse pendant dix ans  » (De Ubeda)

A tribord, l’amiral Jean-Yves Waquet qui conduit la liste FN (6,55 % en 2008) se voit déjà en nouveau Jean-Marie Le Chevallier (maire d’extrême droite entre 1995 et 2001), dopé par la venue de Marine Le Pen (dont il est le conseiller défense) à Toulon fin février. Il refuse lui aussi de débattre tant que Falco «  son véritable opposant  » ne s’est pas déclaré. Mais il risque surtout de se faire piquer une partie de son électorat par les cathos traditionalistes et leur liste «  Toulon, Famille, Avenir  » née de la mouvance des anti mariage gay. Une liste montée par Dominique Michel (ex FN, ex MNR, ex Ligue du Sud), ancien conseiller général et ancien adjoint de Le Chevallier. Bien sûr, ni lui, ni la girouette marseillaise Anna Rosso-Roig ex Front de gauche, ex FN, qui porte désormais l’étendard de la manif pour tous ne sont tête de liste. Histoire de ratisser plus large…

Hubert Falco, candidat, devra composer avec tout ce beau monde, mais aussi avec un bilan plus que mitigé que la presse nationale - moins frileuse que la presse locale - fait peser dans la balance électorale, à moins d’un mois du premier scrutin, en publiant un palmarès des maires de France (2) ! Falco y est presque au dernier rang sur la liste (31ème sur 34) et même décroche le bonnet d’âne en ce qui concerne la culture, l’environnement, la fiscalité et l’urbanisme ! Alors Falco gagnant ? Oui ! A moins que les 45,34 % d’abstentionnistes de 2008 ne décident, cette année, d’aller voter…

Samantha Rouchard

1. Le Figaro (19/02/2014)

2. Classement L’Express du 26/02/14. Le premier maire de France, lui aussi UMP, est Alain Juppé à Bordeaux.

@-Leravi - http://www.leravi.org