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Les jeux sont faits…

le 11/04/2014

L’UMP triomphe, le FN pavoise pendant que le PS déguste sans que le Front de gauche ou les écologistes n’émergent. Petit tour d’horizon post électoral en Paca (version complète dans le Ravi daté mai chez les marchands de journaux).

La droite municipale s’incruste

Les huit mairies décrochées par l’extrême droite pourraient presque faire oublier que le grand vainqueur de ce scrutin municipal en Paca est, une fois de plus, la droite fédérée sous la bannière de l’UMP. La région faisait figure d’exception depuis 2008 : alors qu’en France les grandes villes tombaient presque toutes dans le giron du PS, Marseille, Nice, Toulon et Avignon étaient restées UMP. En 2014, mis à part Avignon qui bascule à gauche, la donne reste inchangée et Paca, sans presque bouger, se retrouve ainsi désormais raccordée avec la tendance « bleu UMP » nationale.

A Marseille, Jean-Claude Gaudin renforce son emprise pour un quatrième mandat en s’emparant de deux nouvelles mairies. Il contrôle désormais six secteurs sur les huit que comporte la ville. A Aix-en-Provence, Maryse Joissains rempile confortablement pour un troisième mandat. Dans les Bouches-du-Rhône toujours, l’UMP reprend le contrôle de Salon-de-Provence (Jacques Isnard) et un divers droite s’offre Chateauneuf-les-Martigues (Roland Mouren). Dans les cinq autres départements de la région, on assiste à une grande stabilité même si à Nice, Christian Estrosi a dû s’y reprendre à deux fois pour se faire réélire avec une large avance. Hubert Falco, adoubé à Toulon dès le 1er tour, reste le grand leader de l’UMP le mieux implanté de la région.

L’extrême droite s’implante

Vous avez aimé Toulon, Vitrolles, Marignane ? Vous allez adorer, par ordre décroissant en nombre d’habitants, le 7ème secteur de Marseille, Fréjus (83), Orange (84), Le Pontet (84), Bollène (84), Cogolin (83), Le Luc (83), Camaret-sur-Aigues (84), les 8 mairies que l’extrême droite aligne sur son tableau de chasse. Le FN espérait faire mieux (lire notre enquête page 5 et l’entretien avec Christèle Marchand-Lagier page 14) mais fait entrer plusieurs centaines de conseillers municipaux d’opposition dans un très grand nombre de villes pour préparer l’avenir. Sur les six mairies qui basculent à l’extrême droite, deux le font au dépend du PS et toutes les autres, de la droite.

Le PS prend cher

Le PS se marginalise un peu plus en Paca. A l’exception de la Seyne-sur-Mer, où Marc Vuillemot s’est fait réélire sans trop de peine dans le cadre d’une triangulaire, être socialiste dans le Var est devenu aussi exotique que dans les Alpes-Maritimes.

A Marseille, la bérézina est telle que le PS, le Front de Gauche et EELV auront à eux tous au conseil municipal le même nombre d’élus que le Front national : 20 conseillers face aux 61 de la coalition du sénateur-maire UMP (lire page 4).

Dans les départements alpins, un redressement spectaculaire entre les deux tours a permis au maire PS de Briançon de se faire élire. Digne reste aussi à gauche, Sisteron, Gap et Manosque à droite. L’addition est plus lourde dans les Bouches-du-Rhône (voir le paragraphe ci-dessus sur les victoires de l’UMP) mais aussi dans le Vaucluse où Bedarrides, Althen et Vaison-la-Romaine sont perdues pour la gauche.

Reste, bien entendu, l’exception régionale – et l’une des rares victoires des socialistes sur le plan national : la victoire de Cécile Helle à Avignon. Avec 47,47 % des voix, devant le FN à 35,2 % et une UMP balkanisée à 17,50 %, elle devient la 1er maire de gauche depuis 1995. Au premier tour, il s’en est fallu de peu que le FN ne la double. Les 12,46 % d’André Castelli pour le Front de Gauche auront été, à l’arrivée, déterminants. Reste que la gauche (et les écologistes) sera minoritaire à la communauté d’agglomération (lire ci-dessous). Les six prochaines années s’annoncent agitées…

Le parti communiste décline

Les Bouches-du-Rhône est l’un des rares départements en France où le parti communiste est encore implanté. Mais jusqu’à quand ? Bien sûr, la victoire facile de Gaby Charroux à Martigues et celle tout aussi large du moins orthodoxe Christian Schiavetti à Arles prouvent que certains bastions restent solides. Pourtant à Port-de-Bouc, Patricia Fernandez-Pedinielli ne l’a emporté qu’à 223 voix près, à Gardanne, Roger Meï (79 ans) a décroché son 7ème mandat à 69 voix près (dans une quadrangulaire face à un socialiste). Mais surtout, Daniel Fontaine, le maire PCF d’Aubagne, a été battu. L’UMP Gérard Gazay met ainsi fin à 49 ans de gouvernance communiste. Et du côté du Var, à Brignoles, la gauche a préféré se saborder, dans un réflexe de front républicain, au bénéfice de l’UMP Josette Pons, plutôt que d’offrir la ville (ex-PCF) au FN.

Grenoble n’est pas en Paca

Jacques Olivier, le maire EELV du Thor (84), a été sèchement battu par un divers droite. Il faut donc maintenant aller à Mouans-Sartoux (06), pour trouver un maire apparenté écologiste, André Aschieri, réélu au 1er tour à 70 % pour un 7ème mandat. Pour la transition énergétique… et politique, il va falloir patienter !

Michel Gairaud

Tour d’horizon post élection complet dans le numéro du Ravi, daté avril 2014, actuellement chez les marchand de journaux.

@-Leravi - http://www.leravi.org