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« Une ville à faire rêver le monde »

On dépose le bilan Gaudin (3)
le 28/08/2015

Comment faire le bilan de 20 ans de règne sans partage sur la ville ? Marsactu et le Ravi passent au crible quatre compétences essentielles d’une municipalité. Aujourd’hui la promotion du territoire...

C’est sur ce slogan de Guy Philip, un de ses fidèles spin doctors, que Jean-Claude Gaudin a mené sa campagne victorieuse de 1995. Depuis, la municipalité n’a cessé de vouloir faire briller les yeux hors des frontières, avec une «  Marseille spectaculaire  » (1). Capitale de la Méditerranée, de la culture, du sport : elle est candidate à tous les titres. C’est la coupe du monde de football 1998 qui a donné le coup d’envoi de ces grands événements, suivie par le défilé de la « Massalia » en 1999 pour le 26ème centenaire de la ville et celui de la « Marscéleste » l’année suivante. «  98, c’est pour moi le tournant pour la ville. On sort des stéréotypes dans les médias, sur Spirito, une ville du tiers monde  », estime Bruno Gilles, sénateur UMP et maire des 4e et 5e arrondissements.

Si tous ces rendez-vous étaient censés être des « fêtes populaires » impliquant les Marseillais, l’objectif était bien de changer l’image de la ville et d’en faire une «  destination incontournable  » (2) pour les touristes. Les résultats sont palpables, même si Marseille n’égale pas Lyon, Toulouse ou Bordeaux : de 2,8 millions en 1995, le nombre de visiteurs annuels atteint désormais entre 4 et 5 millions. «  Le tourisme appuyé sur la culture ouvre pour Marseille une véritable activité économique  », certifiait Jean-Claude Gaudin à mi-chemin de l’année 2013.

Culture, tourisme, commerce : cette suite logique est incarnée par le boulevard du Littoral, l’une des réalisations les plus emblématiques d’Euroméditerranée. Du MuCem, on passe par les boutiques des Voûtes de la Major pour déboucher sur les Terrasses du port et le J1 où, espèrent le port et la municipalité, des yachts pourront s’installer un jour. Avec le tramway, pensé comme une opération de rénovation urbaine, c’est ce « triangle d’or » Vieux-Port-J4-Joliette qui fait dire à de nombreux acteurs que « la ville a changé ». Mais la carte postale a ses limites. Le taux de chômage refuse de passer sous la barre des 10 % voire des 8 %, ambition jugée « réaliste » par le maire en 2008. En prenant la donnée la plus favorable, qui intègre des communes autour de Marseille, il oscille entre 12 et 13 %.

«  On a pris tard le virage de l’économie touristique. C’est à travailler encore plus. Il y a une vraie manne financière pour des emplois peu qualifiés (BTP, hôtellerie...), qui correspondent plus à la population marseillaise. Mais le port ne joue pas le jeu  : il devrait nous aider sur le levier touristique, notamment pour les croisières ou le casino, qui rapporterait 8 à 10 millions de taxe annuelle  », insiste Bruno Gilles. «  Le tourisme, c’est bien mais pas à la hauteur. C’est de la mousse, balaye Jacques Boulesteix, ancien conseiller municipal d’opposition. Dire qu’il ne faut pas créer d’emplois qualifiés est une inculture politique majeure.  » Il cite l’exemple de la forme 10 du port, où l’exploitant recrute peu en local faute de main d’œuvre qualifiée.

Et « l’attractivité » n’est pas faite que de touristes de passage et de retombées médiatiques, même quand c’est le New-York Times qui officie. Étudiants, cadres supérieurs, entreprises, projets innovants réclament autre chose. Dans les palmarès de cadre de vie, Marseille doit s’incliner face à d’autres métropoles françaises sur beaucoup de plans. D’ailleurs, la statistique totem des 5000 nouveaux habitants par an est récemment tombée : selon l’Insee la population de la ville a augmenté seulement de 120 personnes sur la période 2007-2012 !

Benoit Gilles & Julien Vincent

1. Selon l’un des grands thèmes du projet de Jean-Claude Gaudin lors des municipales 2008.

2. Plan Marseille Attractive 2012-2020

Pour "célébrer" dignement les 20 ans passés par Gaudin dans le fauteuil de maire de Marseille, il n’en fallait pas moins de deux rédactions ! En juin, le Ravi a ainsi accueilli dans ses colonnes Marsactu. Nous étions ravis de soutenir ainsi le pure player phocéen, liquidé en mars, repris en avril par ses journalistes. Ils préparent pour la rentrée leur grand retour en ligne. le mensuel "pas pareille fête donc aussi la nécessaire renaissance de la presse marseillaise indépendante !

@-Leravi - http://www.leravi.org