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Sauver le climat ou stopper les crimes climatiques ?

Une tribune libre par Maxime Combes (Attac France) et Nicolas Haeringer (350.org)
le 9/11/2015

Maxime Combes et Nicolas Haeringer ont co-coordonné, avec Christophe Bonneuil et Jeanne Planche, « Crime Climatique Stop ! L’appel de la société civile », un essai publié au Seuil. Ils posent, pour le Ravi, l’enjeu de la Cop 21 qui aura lieu début décembre à Paris.

A les écouter, ils sont tous prêts à « sauver le climat ». Gouvernements, patrons de multinationales, éditocrates, rares sont ceux qui ne « climatisent » pas leurs discours, à mesure que la date de la 21ème conférence de l’Onu sur le changement climatique (Cop21) approche (30 nov - 12 déc sur l’aéroport (sic) du Bourget). Au point que le gouvernement français a décidé de confier 20 % du financement du budget de la Cop21 à EDF, Engie, Renault-Nissan, Air France, Michelin, BNP-Paribas, Suez-Environnement, etc, qui sont, comme chacun sait, des champions de la lutte contre les dérèglements climatiques. Il ne manque que Volkswagen.

Le dimanche, ils mettent des trémolos dans leurs discours publics, mais font tout le reste de la semaine comme si le business as usual pouvait perdurer. Ils se déclarent « déterminés à agir », mais n’entreprennent jamais rien de déterminant. Ces schizophrènes modernes ne nient plus le réchauffement climatique ou son origine anthropique, mais ils vivent dans le déni des seules mesures capables de stopper le réchauffement de la marmite Terre : pas question pour eux d’introduire des limites physiques aux politiques insoutenables de croissance et de compétitivité économiques. La marmite bout, menaçant de tout emporter, mais les forces économiques et financières de la planète augmentent le feu de la cuisinière.

« La folie, c’est de continuer à faire la même chose qu’avant en pensant que le résultat sera différent », disait Einstein. Ne laissons pas cette folie gagner la bataille : débusquons tous ceux qui disent qu’il suffit de repeindre en vert les façades des temples du capitalisme pour le rendre compatible avec la justice climatique. Soyons lucides et pragmatiques : il n’y a pas grand chose à attendre de la Cop21 puisqu’aucun État, multinationale ou institution internationale ne propose de limiter à la source la production de charbon, de gaz et de pétrole, à l’origine de 80 % des émissions de gaz à effet de serre.

C’est donc à nous de rendre possible une véritable lutte contre les dérèglements climatiques. Appuyons les scientifiques qui expliquent qu’il faut laisser plus de 80 % des réserves déjà connues dans le sol. Inversons le ratio espoir / déluge actuel (quand 1 euro est investi dans les énergies renouvelables, 4 le sont dans les énergies fossiles) en soutenant la campagne de désinvestissement. Bloquons les projets climaticides, à commencer par l’expansion de la frontière extractiviste et la construction d’infrastructures inutiles et insoutenables ! Enfin, « alternativons-nous » comme le propose le mouvement Alternatiba et inventons le monde de demain en l’expérimentant dès aujourd’hui ! Objectif : substituer aux crimes climatiques, « des sociétés plus agréables à vivre, plus conviviales, plus solidaires, plus justes et plus humaines ». Voilà l’enjeu autour de la Cop21. Partant-e-s ?

« Crime Climatique Stop ! L’appel de la société civile », éditions du Seuil, Collection Anthropocène, août 2015.

Maxime Combes (Attac France) et Nicolas Haeringer ont aussi initié l’appel « Laissons les fossiles dans le sol pour en finir avec les crimes climatiques »

@-Leravi - http://www.leravi.org