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Même pas mort !

Pour Pâques le Ravi aidez le Ravi à ressusciter !
le 28/03/2016

Enterré par un expert sur France Info en janvier, le Ravi est bien vivant. Il a même débattu avec Le Monde Diplomatique sur les moyens de garantir l’existence « d’une presse libre »…

« le Ravi qui avait paru à un moment a disparu. » Nos lecteurs à l’écoute de France Info, le mardi 5 janvier, ont été quelques-uns à faire un bond au plafond et à nous adresser dans l’instant des messages indignés. C’est un « expert » comme on les aime, habitué des plateaux TV et des radios, auréolé du titre de professeur des universités à Paris-Sorbonne, directeur d’un master en «  management de l’information  », qui a lâché cette perle.

Patrick Eveno, le nom de ce « spécialiste » de l’histoire des médias, était invité à faire le point sur l’état de la presse satirique. Il ignorait donc que le Ravi parait depuis treize ans - un petit «  moment  » ! - et que s’il a failli disparaître fin 2014, il sort avec succès d’un redressement judiciaire, procédure qui se termine pourtant pour une entreprise sur deux par une liquidation. Une belle performance ! Le mensuel pas pareil de Paca est en capacité de rembourser ses dettes, renforce son équipe et sa pagination, expérimente des formules de journalisme participatif dans les quartiers, intervient en milieu scolaire pour initier les jeunes à la fabrique de l’information.

Nous avons doublé notre nombre d’abonnés en 2015. Mais la mobilisation pour convaincre de s’abonner 0.01 % des 5 millions d’habitants de Paca - 5000 personnes - n’en est qu’à ses débuts. Cet objectif permettrait de placer ce journal à l’abri des pressions économiques et politiques. Mais l’enjeu immédiat est d’inviter nos 1500 abonnés à nous renouveler leur confiance. Tout en poursuivant, avec l’association des Amis du Ravi, un travail de fourmis, faute de moyens marketing, afin de donner envie à d’autres de rejoindre les rangs de ceux pour qui un journal libre ne s’achète pas mais se finance…

L’expert de France Info s’est «  excusé de (sa) bourde  » en nous envoyant un… tweet. Pour un rectificatif à l’antenne, il ne faut pas trop espérer ! Patrick Eveno, frère de l’ancien PDG de l’AFP, promoteur du «  prix du Crédit Lyonnais pour l’histoire d’entreprise  », est en effet avant tout un pourfendeur des « corporatismes » et chante les vertus d’un marché dérèglementé de l’information. Selon lui, le problème principal que rencontre la presse en France c’est sa faible capitalisation et le manque de concentration…

Des aides : pour qui ? Pourquoi ? Comment ?

Au Dar Lamifa à Marseille, le 13 janvier, d’autres constats et d’autres propositions ont été formulés lors d’une soirée «  pour une presse libre  » à l’initiative de l’Acrimed, l’Observatoire indépendant des médias. Pierre Rimbert, rédacteur en chef adjoint du Monde Diplomatique y a exposé son projet pour financer une presse indépendante avant de dialoguer avec le Ravi, Marsactu, Radio Grenouille, et une salle bien remplie. Pour faire court, il appelle au remplacement du système moribond des aides à la presse afin de mettre en place un «  service mutualisé d’infrastructures de production et de distribution de l’information  ».

En attendant le grand chantier appelé de ses vœux par Pierre Rimbert, le bricolage législatif se poursuit. Le gouvernement a élargi ses aides ciblées à la presse d’information générale à faible ressource publicitaire mais a réservé le dispositif aux titres considérés comme « nationaux » : le Diplo va toucher de nouvelles aides et le Ravi et les autres « provinciaux », une fois de plus, devront patienter. Il y a encore du nouveau du côté de l’Etat : un fonds de soutien aux «  médias d’information sociale de proximité  » va être créé. Derrière cette appellation obscure, il s’agit d’une bonne nouvelle, celle d’une première reconnaissance des médias citoyens, comme le Ravi, impliqués dans des projets d’utilité sociale, de journalisme participatif, d’actions dans les quartiers.

Ce fonds, dont la mise en place a été différée suite au remaniement ministériel, devrait s’inspirer du FSER (Fonds de soutien à l’expression radiophonique) qui permet l’existence des radios associatives. Mais alors que le FSER s’élève à 30 millions d’euros, ce qui est déjà peu, le fonds pour «  l’info sociale de proximité  » serait seulement doté de 1,5 millions d’euros, ce qui n’est pas grand chose. Soit 7000 euros par an et par médias si 200 d’entre eux intègrent le dispositif. Pour mémoire, l’Etat distribue annuellement 1,6 milliards d’euros à la presse au bénéfice, pour l’essentiel, des grands groupes privés. On vous le dit, on se répète, mais c’est bien vrai : le meilleur soutien qui soit, ce sont vos abonnements.

Michel Gairaud

Article paru dans le Ravi n°137, daté février 2016

On n’achète pas un journal libre, on finance son indépendance ! Abonnez-vous au Ravi pour que vive la presse pas pareille en Provence-Alpes-Côte d’Azur !

Médias Citoyens Paca paye sa tournée !

Si, au Ravi, on a l’habitude de se plier en quatre, là, pour l’association « Médias Citoyens Paca », on a tout bonnement décidé de se couper en deux ! Et de payer notre tournée ! Une tournée non pas générale (nos moyens sont limités) mais régionale !

Mais au fait, Médias Citoyens Paca, késako ? Souvenez-vous. Fin 2013, le Ravi, qui déjà était en train de danser la gigue au bord du précipice, décide d’inviter ses compagnons d’infortune en se disant que l’union fait la force : ce seront les premières rencontres de la « presse pas pareille ». Dans la foulée et à la faveur d’un micro-projet, le mensuel qui ne baisse jamais les bras réalise une étude de la presse et des médias pas pareils en Paca.

Et, cette année-là, en revenant des rencontres des médias libres à Meymac en Corrèze et en s’inspirant de l’exemple rhônalpin où existe depuis plusieurs années l’association « Médias Citoyens », une petite vingtaine de médias indépendants, libres, associatifs, participatifs décident de lancer « Médias Citoyens Paca », une association qui ambitionne de fédérer le « tiers secteur » médiatique dans la région. Une région qui se sera fendue, l’été dernier, d’une motion de soutien pour les « médias citoyens » tandis que le ministère de la Culture, dans la foulée des attentats de Charlie Hebdo et en marge de la refonte des aides à la presse, a cherché à mieux identifier les « médias d’information sociale de proximité » à la faveur d’un appel à projets auquel ont répondu, en Paca, une quarantaine de structures, soit 10 % de l’ensemble des candidats en France.

Alors que notre région vient de connaître de gros changements politiques et que la vie démocratique n’en finit pas de claudiquer, l’association « Médias Citoyens Paca » a décidé de se lancer cette année dans une tournée régionale afin de mieux identifier les acteurs de ce secteur - journaux associatifs, radios libres, télés participatives, webs pirate... - et de voir ce qu’il était possible de faire ensemble. Mieux se connaître pour mieux se faire connaître et mieux s’entendre pour mieux se faire entendre, voilà le credo d’une tournée qui fera des étapes dans chaque département (le rdv varois a déjà eu lieu !) et des crochets hors Paca comme lors des prochaines rencontres des médias libres (Meymac, 19).

Sébastien Boistel

Plus d’info sur www.mediascitoyens.eu ou en écrivant à sboistel@leravi.org Vous pouvez écrire à l’association Médias Citoyens Paca, à l’adresse de la Tchatche (l’association qui édite le Ravi) au 11 bd National, 13001 Marseille

@-Leravi - http://www.leravi.org