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la Tchatche, au rapport !

Rapport d’activité de l’asso qui édite le Ravi
le 7/10/2016

Dépôt de bilan, attentats de Paris, mais mobilisation sans précédent, soirée de soutien et redressement de l’association qui édite le Ravi. Retour sur une année 2015 de la Tchatche, en tout point exceptionnelle. Et lisez ci dessous, l’intégralité du rapport d’activité présenté, le 6 octobre 2016, lors de notre AG annuelle.

2015 pour la Tchatche, l’association qui édite le Ravi, ne peut se comprendre sans prendre en compte deux événements exceptionnels qui ont eu lieu cette année-là. Le premier : la mise en redressement judiciaire de l’association en novembre 2014. Le second : les attentats de Paris de janvier 2015, qui ont soudainement et brutalement rappelé à la société française l’importance, pour la vitalité de sa démocratie, de la presse en général et de la presse satirique en particulier. Question au cœur même du projet de la Tchatche.

Deux événements qui ont eu des conséquences pour l’association, en terme budgétaire (voir ci-dessous) mais, surtout, en terme d’énergie pour le projet associatif, pour rappel « développer la vie démocratique [au moyen de] la formation à la presse, […] l’organisation de débats […] et la publication du mensuel le Ravi ». Les liens se sont en effet renforcés avec nos lecteurs et nos partenaires (financiers, médiatiques, associatifs), la Tchatche a poursuivi sa structuration et ses projets (sans oublier les nouveaux !), le Ravi a doublé son nombre d’abonnés (plus de 1500 à la rentrée 2015) et quasiment ses ventes (plus de 2 200 exemplaires vendus en moyenne chaque mois) !

Symbole de ce cru 2015, « Le Grand Pardon », la soirée de soutien au Ravi accueillie le 13 mars par le Dock des Suds. Pas loin de 1000 personnes sont venues faire la fête avec nous aux « lumières » des dessinateurs du Ravi (Trax, Moix, Red !, Charmag, Yakana, Ysope…) et au son endiablé - il faut encore les remercier - d’Imhotep (IAM), High Ku et Zé Mateo (Chinese Man), Kantes (Sporto Kantes), The Coyotes Dessert, Bon Entendeur, Walk About Sound System et DJ Big Buddha. Une première dans l’histoire du mensuel de Paca qui ne baisse pas les bras, qui n’aurait pas pu voir le jour sans la soixantaine de bénévoles, les Amis du Ravi en tête !

« Grand pardon » et bras en l’air
D’ailleurs, comme le dit la pub, sans eux rien n’aurait été possible. Que ce soit pour cet événement exceptionnel, mais aussi au quotidien : la diffusion militante du journal dans une période où l’association a été énormément sollicitée pour parler liberté d’expression, caricature et presse satirique, la gestion des abonnements, le développement des ventes et, même, pour la mise en place de la mutuelle d’entreprise pour les salariés et l’administration de l’association. Spécial big up !

Ce soutien, cette présence constante a aussi permis à l’équipe de poursuivre l’ensemble de ses activités. Bien que sous-dimensionnée (1), elle n’en a pas moins poursuivi l’ensemble de ses activités : fabrication de son mensuel d’enquête et de satire, activités d’éducation populaire (projet de journalisme participatif « Et si ? » et ateliers d’éducation aux médias) ainsi que le développement du réseau et de la reconnaissance institutionnelle des « médias pas pareils ». Un lobbying qui a débouché en 2016 sur la création d’un fonds de soutien aux médias d’information sociale et de proximité.

Redressement judiciaire oblige, l’équipe et les animateurs bénévoles de l’association ont également été très sollicités administrativement. La protection de la justice demande encore plus de temps que d’argent. D’où la tenue tardive de l’Assemblée générale annuelle 2016, consacrée aux comptes de l’année 2015, qui s’est réunie le 6 octobre 2016 à Marseille. Et puis le Ravi et la Tchatche ne seraient pas ce qu’ils sont sans un dernier coup de folie : dans cette tornade, nous avons aussi pris le temps de nous poser, pour préparer l’avenir. Parce qu’il reste encore à consolider notre projet de médias vraiment pas pareil !

1. Après le départ de la chargée d’administration de l’association, l’équipe a rassemblé 3,8 « équivalents temps plein ».

Jean-François Poupelin

Pour lire l’intégralité du rapport d’activité 2015, cliquez sur le logo ci-dessous :

Bonnes recettes…

Pour la deuxième année consécutive, la Tchatche publie ses comptes. Très bonne nouvelle, ils sont redressés !

A année exceptionnelle, résultat exceptionnel. Fin 2015, la Tchatche a en effet affiché un résultat positif de quasiment 76 000 euros pour une dette finale de quelques 64 000 euros, dont plus de 23 000 euros - principalement à l’AGS, un organisme public qui prend en charge les arriérés de salaires au dépôt de bilan - sont remboursés depuis fin août 2016. Le reste devant l’être d’ici décembre 2020.

Dans la foulée de son dépôt de bilan et des attentats de janvier 2015, mais aussi des difficultés de deux autres titres locaux (La Marseillaise et Marsactu), l’association éditrice du Ravi a en effet bénéficié d’un élan de sympathie et de solidarité sans précédent. Ses lecteurs et ses partenaires se sont mobilisés. Les premiers nous ont permis de faire passer nos abonnés de moins de 800 à plus de 1500 et de passer le seuil de 2000 exemplaires vendus par mois (2200 en moyenne par numéro sur l’année). Ils ont également répondu présents à notre soirée de soutien, qui a généré un bénéfice de plus de 8000 euros.

Partenaires particuliers
Côté partenaires, la réaction a été la même. Les « habituels », la Fondation Abbé Pierre en tête, principal soutien financier à notre projet de journalisme participatif, le Conseil régional, le Conseil départemental du Vaucluse et même celui des Bouches-du-Rhône, concomitamment à la victoire de la LR Martine Vassal sur le sortant et multi mis en examen Jean-Noël Guérini (divers gauche), ont renouvelé leur soutien. Pendant que les ventes du journal grimpaient de 13,2 % à 67 000 euros, nos subventions doublaient à 68 000 euros. La publicité, avec notamment l’arrivée du Mucem et de la Friche la Belle de Mai, a bondi à 52 000 euros, et les dons et le mécénat à 46 000 euros.

Dans le même temps, nous avons réduit nos charges - moins 20 000 euros en dépenses de personnel et autant en fonctionnement -, géré notre première année pleine d’assujettissement à la TVA et, surtout, remboursé cash de 12 120 euros de cotisations sociales à trois salariés.

Est-ce à dire que la Tchatche est définitivement à l’abri ? Bien sûr que non ! Des signes peu rassurants émanent des collectivités locales et une partie de nos abonnés post-Charlie n’ont pas encore renouvelé leur soutien. Pourtant, seuls nos lecteurs pourront nous permettre de poursuivre l’aventure. Tenez bon !

Jf. P.

@-Leravi - http://www.leravi.org