Dans le « 13/14 », Ravier et Fillon redonnent espoir à gauche

La campagne des législatives dans la 3eme circo du "13" a déjà commencé...
le 17/02/2017

A gauche depuis 1997, la 3e circonscription du « 13 » semblait promise à la droite marseillaise ou au FN suite à la condamnation pour « détournements de fonds publics » de la députée sortante (ex-PS) Sylvie Andrieux. Mais l’affaire Fillon, comme les dissidences dans l’équipe du frontiste Ravier, pourraient changer la donne… A condition là aussi de surmonter les divisions !

« Avant l’effondrement de Fillon, je pensais que la circonscription passerait chez Miron [adjoint aux sports de Gaudin et candidat LR, Ndlr]. Maintenant, je ne sais plus. » Le constat est de Sami Joshua, élu d’opposition Front de gauche à la mairie des 13e et 14e arrondissements de Marseille, celle du sénateur FN Stéphane Ravier. La 3e circonscription, c’est aussi l’ancien fief de la sulfureuse Sylvie Andrieux, députée (ex-PS) sortante  : elle rassemble une partie du 12e arrondissement de Marseille, tout le 13e arrondissement et les noyaux villageois du 14e arrondissement.

Mais contre toute attente, la gauche bénéficie pour l’instant, d’un alignement plutôt favorable des planètes. Alors même que la condamnation définitive de la fille de l’ancien bras droit de Gaston Defferre qui a pris un an ferme de prison pour « détournements de fonds publics » et la prise de la mairie de secteur par le front national, en 2014, semblaient définitivement la disqualifier. « L’affaire Fillon est dévastatrice pour la droite, assure Stéphane Mari, conseiller d’opposition PS du secteur, proche de Sylvie Andrieux. Partout où je vais, les gens en parlent. Au-delà de la question de l’emploi fictif, ce sont les montants qui choquent. » Autre courant favorable, pour reprendre la théorie chère à Jean-Claude Gaudin, le sénateur-maire LR de Marseille : la division locale de l’extrême droite. Depuis 2014, six membres de la majorité du « dictateur nord phocéen » (le surnom donné à Ravier par les dissidents du FN) à la mairie des « 13/14 » ont déserté, dont deux adjoints. Parmi eux, Antoine Maggio se présente aux législatives face au candidat FN « de souche », qui pourrait être Ravier lui-même.

Si l’espoir renaît, la victoire est cependant loin d’être acquise pour la gauche. Depuis les affaires Guérini et Andrieux, elle y traîne une sale réputation. Et avec le basculement en 2015 du Conseil départemental et de la Région à droite, elle ne dispose plus de ressources (subventions, emplois, logements, etc.) à distribuer. De plus, le redécoupage de 2010 a sorti de la circonscription certains quartiers populaires, qui lui étaient habituellement favorables (avant ce redécoupage, elle s’appelait alors la 7e circonscription et comprenait déjà le 13e arrondissement mais aussi l’intégralité du 14e arrondissement, à l’exclusion du 12e). Surtout, la gauche part éparpillée, façon puzzle à la Audiard à la sauce Tonton Flingueurs. A la gauche du PS, en attendant le résultat des discussions avec Jean-Luc Mélenchon et/ou Benoît Hamon, le PCF présente un binôme. Mais il affrontera la candidate mélenchoniste de la « France insoumise » : Sarah Soilihi, championne du monde de kick boxing et porte-parole aux dernières régionales du socialiste, aujourd’hui macroniste, Christophe Castaner. Elle est désormais l’un des 16 « orateurs nationaux » de Jean-Luc Mélenchon.

Quant au PS, il part également divisé. Désignée lors d’un vote interne, Anne Di Marino, une conseillère départementale des 15e et 16e arrondissements, élue sur la liste du sulfureux Jean-Noël Guérini, part avec le soutien de Sylvie Andrieux et de son porte-flingue local Stéphane Mari. De son côté, le conseiller départemental PS Christophe Masse, le petit dernier d’une longue lignée d’élus de Château Gombert, ne digère toujours pas de ne pas avoir été investi. « Même si la circonscription était réservée à une femme, le parti n’a pas respecté la règle qu’il s’était imposée, désigner le candidat aux législatives par un sondage », martèle ce fils, petit-fils et arrière-petit-fils de député socialiste marseillais qui réclame toujours une enquête de popularité. Et ce soutien de Manuel Valls de menacer : « Si le parti continue de ne pas respecter les règles, je verrai ce que je fais. »

Certaines mauvaises langues le verraient bien rejoindre le camp d’Emmanuel Macron. D’autres assurent que la situation ne se décantera à gauche qu’au soir du premier tour de la présidentielle. Ça risque de faire un peu tard...

Jean-François Poupelin

Article publié sur le www.leravi.org le 17 février 2017. Le dessin de Yakana qui l’illustre est paru en décembre 2016 dans la chronique "le clin d’œil du Ravi" sur Marsactu.

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