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Violence structurelle et culturelle

Une tribune libre de la coordination "Pas sans nous - 13"
le 20/04/2017

Durant les élections le Ravi propose à des collectifs, des acteurs associatifs, culturels ou à des universitaires, d’interpeller les candidats à la présidence ou aux législatives. Nous offrons ici une tribune à la coordination "pas sans nous" des Bouches-du-Rhône, "syndicat" des quartiers populaires. Elle a participé activement, le 19 mars, à la manifestation parisienne pour la justice, pour la dignité et contre les violences policières...

La Coordination "Pas sans nous" regroupe des acteurs associatifs, des habitants et des chercheurs au niveau national avec des coordinations locales comme "Pas sans nous 13" dans les Bouches-du-Rhône. Des éléments de réflexion et des constats, à l’échelle de Marseille, modestement, ont nourri le rapport Mechmache-Bacqué, « Ça ne se fera plus sans nous », remis au ministère de la Ville, en juillet 2013. Le racisme ne se dira plus sans nous.

Les violences policières sont le curseur d’une société intrinsèquement discriminatoire qui n’a pas besoin d’une montée de l’extrême droite pour s’exprimer pleinement. Se souvient-on du peu de réactions de la classe politique aux insultes visant Christiane Taubira ? Comment est-il possible qu’un membre d’un syndicat de police accède à un média et banalise une injure ? La rhétorique raciste aménage une permissivité générale : on oscille régulièrement d’une violence symbolique à une violence physique, plus souvent, sur le terrain, elles sont synchronisées. Théo en est le dernier exemple. La bataille des idées commence par la bataille des mots.

Depuis plus de trente ans on assiste au développement d’un lexique pourvu d’une idéologie insidieuse désignant, localisant et assignant le « jeune » prioritairement, la population précarisée de façon générale avec une attention particulière aux générations issues de l’immigration post-coloniale. L’emballement d’un vocabulaire renforce l’idée d’une instabilité supposée dans les zones géographiques spécifiées par les administrations : ce qu’il y a de très fort c’est la connivence volontaire (ou pas mais le résultat est le même) à une violence structurelle pour ne pas dire culturelle.

La force consensuelle d’une telle violence a été consolidée par les événements du 11 septembre et la crise de 2008 mais elle puise surtout son cadre idéologique dans une histoire construite avec un déplacement des peurs subtil et efficace. Qui a peur aujourd’hui des extrémités de droite alors même que leurs idées semblent infuser jusqu’à la gauche traditionnelle ? Dans notre localité marseillaise la traduction de cette force passe par les urnes. Les conditions permettant sa légitimité ont des précédents historiques, un vote n’est qu’une conséquence d’un ensemble de faits objectifs et subjectifs.

Il semble que la raison ne parvienne à tous nos élus qu’au moment des périodes électorales : le torchon utile est brandi et il permet aussi d’essuyer les silences et les absences quotidiennes, du politique, au débat public ordinaire. Si nous avançons la notion de violence structurelle c’est qu’elle procède d’un continuum : violence directe, violence économique, violence symbolique.

Nous condamnons implicitement et explicitement toute forme de violence, en la posant comme objet à combattre, nous faisons un choix résolument pacifiste. Nous en épuiserons les formes par la déconstruction des modes opératoires de la dite violence (de l’école à Pôle emploi), par l’analyse historique des idéologies portées depuis plus d’un demi-siècle à travers la décolonisation et l’immigration. Nous remettrons inlassablement l’esprit critique à l’œuvre, dans les cités, pour substituer le terme « prioritaire » aux mots « droit commun ».

La coordination "pas sans nous - 13"

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