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Le web-reportage est dans le pré

Avec Pépé, ça (dé)popote !
le 26/06/2018

La Popote à pépé dresse des portraits d’agriculteurs nés avant 1940 à travers une série de web-reportages.

«  J’ai grandi dans la ferme de mon arrière grand-mère, où il y avait l’étable et le pigeonnier mais aucun animal, les outils étaient là aussi mais l’activité agricole s’était arrêtée. Je ne sais pas bien l’expliquer, mais j’ai toujours eu envie de filmer des vieux et des agriculteurs », explique Justine Bonnery, journaliste réalisatrice de 29 ans originaire de l’Aude et installée à Marseille. Lui vient alors l’idée, il y a quatre ans, de la Popote à pépé qui donne la parole à des agriculteurs, nés avant 1940, à travers une série de web-reportages de 11 à 14 minutes. Elle commence par filmer Jack et Lydie, installés dans leur ferme près d’Agen depuis 60 ans. Mi-mai sortira le 4e épisode, consacré aux trufficulteurs du Minervois.

Quelques bons amis, beaucoup d’huile de coude et le site internet est lancé avec pour logo, le portrait de son arrière grand-mère. Son père compose, quant à lui, les musiques de chaque épisode. Comme modèle économique elle a choisi la forme associative : « Les vues sur Youtube génèrent des revenus et on a une bonne communauté, le conseil départemental de l’Aude nous aide aussi », explique Justine. Actuellement, seuls le monteur et la traductrice sont payés (chaque épisode est traduit en anglais et en occitan). Justine vit quant à elle de ses collaborations journalistiques avec Arte pour « Cuisine des terroirs ».

Elle accompagne chaque sortie de film, comme l’an dernier à Marseille au Vidéodrome ou à l’Équitable café. « Le public est plutôt réceptif et actif », précise la réalisatrice. Loin de faire du politiquement correct, notamment lorsque Lydie égorge son poulet et l’ébouillante pour le plumer ou que Joseph mène une battue au sanglier dans l’épisode 3. «  On reste maximum trois jours en immersion avec eux. On ne sait jamais ce que l’on va filmer, ça se fait au feeling, on a parfois des surprises, explique la journaliste. Il n’y a pas de voix off. Et les gens que l’on filme sont naturels, honnêtes, ils sont spectateurs du changement. »

Il faut dire que Justine a le don pour faire se livrer les vieux taiseux : « Autrefois nous étions libres, on n’était pas riches pour autant mais nous étions libres […] J’ai passé une vie heureuse mais dans la précarité », confie Jack dans l’épisode 1. Dans l’épisode 2, le thème de la transmission et les larmes de Jeannot émeuvent le spectateur. Justine rêve désormais de suivre des pêcheurs marseillais et des bergers en transhumance. Et promettant de beaux épisodes en perspective, de conclure : « Je rencontre quand même des papys exceptionnels ! Et je ne suis pas sûre que des collectionneurs de pigeons de race ou des gens qui donnent toute leur âme à l’ail de Lautrec, il en existe encore longtemps ! »

Samantha Rouchard

Article publié dans le Ravi n°161, daté avril 2018

Pour en savoir plus sur La popote à pépé c’est par ici

Le 5 juillet (20h00) à Marseille, avant première de la Popote à pépé à la cité de l’agriculture (37 bv national, 13001). En savoir plus sur ce rdv

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