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Réquisition !

En janvier dernier, nous vous racontions la réquisition à Avignon par le collectif Rosmerta d’un bâtiment diocésain pour mettre à l’abri des réfugiés, particulièrement des mineurs. L’archevêque monseigneur Cattenoz vient de leur signifier leur expulsion par avis d’huissier. 26 mineurs et plusieurs familles risquent de retourner à la rue. Le collectif organise une conférence de presse lundi 20 Mai à 11h au 7 rue Pasteur à Avignon.
le 17/05/2019

A Avignon, le collectif Rosmerta hausse le ton face à l’inaction des pouvoirs publics envers les personnes à la rue, dont beaucoup de réfugiés mineurs.

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Trop c’est trop. « On cherche à interpeller aujourd’hui car nous sommes en surcharge. Les citoyens jouent le rôle de l’Etat », expliquait « Camille », l’une des membres du collectif Rosmerta d’Avignon (RESF, La Cimade, le collectif des réfugiés de Vaucluse, 100 pour 1, le MRAP…) lors d’une conférence de presse organisée le 10 décembre.

Portant le nom de la déesse celte de l’abondance, il s’est créé face à un ras-le-bol devant l’absence de prise en charge des sans-abri, particulièrement des mineurs isolés sans-papiers. Face à l’urgence hivernale et l’inertie des pouvoirs publics, une soixantaine de personnes ont réquisitionné au petit matin, le 21 décembre, un bâtiment appartenant au diocèse. « C’est une ancienne école, explique Guy Chenevier, membre du collectif. L’endroit est grand, adapté et central. Il faut maintenant prendre le temps de bien l’aménager avant de l’investir. »

S’appuyant par exemple sur le projet Coco Velten de Yes we camp à Marseille, le souhait du collectif est de voir émerger un lieu pérenne pour en faire un endroit multi usages, à vocation sociale et culturelle… Que 300 bénévoles sont prêts à animer de suite. Selon Rosmerta, qui se base sur des maraudes associatives, une trentaine de personnes dormiraient dehors tous les soirs dans la cité des Papes. Pour la plupart des mineurs, dont la mise à l’abri revient légalement à l’aide sociale à l’enfance (ASE), géré par le conseil départemental.

Or, à travers le réseau RESF, une quarantaine de familles réparties sur le département hébergent déjà une cinquantaine de mineurs, parfois depuis deux ans. Et les bénévoles, comme Kristine, critiquent vertement l’attitude de l’ASE : « Les jeunes se présentent et l’ASE évalue leur minorité en une heure et demi maximum. Normalement ils doivent les garder cinq jours. Bien souvent on leur donne un papier disant, entre autres, qu’ils n’ont pas l’apparence de leur âge.  » S’ensuivent des procédures auprès du juge des enfants qui ordonne un placement provisoire à l’ASE - dans des hôtels pour les mineurs - en attendant l’évaluation de minorité par la police. Qui bien souvent est accordée, selon RESF.

Avant cette réquisition, la Préfecture confirmait au Ravi avoir été contactée par la mairie pour organiser une réunion sur le sujet. Tout en précisant que la charge des mineurs revenait au conseil départemental… Le collectif promettait de « monter d’un cran » si rien ne se passait rapidement. On n’est jamais mieux servi que par soi même.

Clément Chassot

Article publié dans le Ravi n°169, daté janvier 2019

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