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Draguignan, conseil municipal du 15 décembre 2005

le 1er/01/2006

18h05 Le dernier conseil municipal de l’année ne fait pas recette. Faible affluence côté public et nombreuses défections chez les élus (la plupart sont cependant compensées par des pouvoirs). Avec moins de la moitié des siens, l’opposition (PS) fait pâle figure face une majorité décimée mais renforcée par une douzaine de « techniciens » de la mairie.

18h08 Max Piselli (UMP), qui a récupéré son fauteuil de maire en 2001, annonce un chamboulement de l’ordre du jour. Olivier Audibert-Troin, son premier adjoint, doit rejoindre Marseille pour « défendre les dossiers dracénois » lors de la plénière du Conseil régional du lendemain. Ce bouleversement semble avoir déteint sur l’ensemble des élus de la majorité : en dehors du maire, pratiquement aucun n’est à la place qui lui a été attribuée... 18h20 Olivier Audibert-Troin achève la lecture de la délibération 33 concernant le Rapport d’activités 2004 de la Communauté d’agglomération dracénoise (CAD). Après avoir salué son « excellente présentation » et souligné que « rien n’a été oublié », Max Piselli en reprend pourtant les principaux points et prolonge l’exposé de cinq bonnes minutes !

18h26 Pas de véritable round d’observation. Claude Roux, pour l’opposition, saisit cette première occasion pour lâcher ses premières banderilles en remerciant ironiquement Max Piselli de donner à sa formation la possibilité de s’exprimer sur les activités de la CAD. « La seule », précise-t-il avant de se faire couper la parole, sans ménagement mais très sereinement, par le maire.

18h28 Créateurs de la structure intercommunale lorsqu’ils dirigeaient Draguignan, les élus socialistes s’emploient à critiquer l’ensemble du rapport et à pointer l’absence de réalisations, si ce n’est l’hôtel de l’institution, depuis 2001. Une tactique qui exaspère le premier adjoint. « Nous avons été dans l’opposition, et on peut aborder le sujet sous l’angle de la polémique », déplore-t-il avant de tenter un geste de conciliation. Mais son « j’aurais préféré... », se fait aussitôt tacler par Roger Esquier, très alerte, conseiller municipal d’opposition (PS). « Etre à la région ? », lance ce dernier à la cantonade.

18h45 Si la remarque amuse élus et public, elle laisse de marbre Richard Belkadi, 6e adjoint en charge des affaires sociales, plongé dans la lecture du dernier et tout chaud numéro (le 2) de Séduction provençale, le nouveau magazine municipal. C’est également le moment que choisit Claude Roux (PS) pour prendre une petite pause.

18h51 Max Piselli conclut ce premier débat avec beaucoup de hauteur. « Vous aboyez, mais la caravane passe », lance-t-il à l’opposition avant de la blâmer : « Nous, on croit à ce projet, on croit en notre pays et en notre territoire ! » Roger Esquier tente une réaction, mais le maire, très en forme lui aussi, se fait cinglant : « Je vous ai écouté, je refuse de me faire couper ! »

18h54 Encarnacion Martinez, adjointe à la culture, et Jean-Bernard Miglioni, adjoint à la jeunesse, apprécient en compagnie de Richard Belkadi la qualité du papier de Séduction provençale.

19h04 Claude Roux reprend sa place aux côtés de ses camarades.

19h06 La lecture de la délibération 3, sur l’extension du cimetière municipal, est laissée aux bons soins de Liliane Jeudy, conseillère municipale en charge des personnes âgées...

19h08 Les premiers élus de la majorité prennent à leur tour leur pause.

19h17 La délibération 5, relative à la création d’un poste de journaliste-photographe, est l’occasion pour l’opposition de retrouver quelques couleurs. Claude Roux, toujours prêt à en découdre, s’y colle et poursuit sa critique de l’utilisation des deniers publics par la majorité : « Après un chargé et un directeur de communication, maintenant un journaliste-photographe... Vous poursuivez votre recrutement. Je me demande quand même si c’est efficace, car votre équipe est une vraie armée mexicaine ! Nous ne voterons donc pas cette délibération. »

19h22 Alors que Max Piselli expose les raisons de ce besoin, l’élu socialiste lui coupe la parole. La sanction est immédiate : le maire avait prévenu, il éteint son micro ! Dans une indifférence qui laisse penser que ce geste d’anti-jeu n’a rien d’exceptionnel. Maître du son, le maire est également l’unique dépositaire de la parole municipale. Seul Mario Sanchez, 2e adjoint en charge de la sécurité, interviendra à deux ou trois occasions, l’œil noir, pour répondre aux remarques de l’opposition. Les autres élus de la majorité partagent leur temps entre sorties, lectures et discussions plus ou moins discrètes.

19h24 Elisabeth Mathieu, conseillère en charge de la petite enfance, préfère, elle, quitter le conseil. La solitude devait lui peser : depuis 1h20 elle occupait seule sa rangée.

19h27 Roger Esquier annonce que le groupe socialiste s’oppose au projet de rénovation de l’hôtel de ville et à la construction d’une salle de conseil et de mariage. Nouvelle « opération de prestige », il considère que la salle de la Maison des sports et de la jeunesse, décorée d’une Marianne et d’un portrait de Jacques Chirac, remplit parfaitement ces rôles. Une économie de 1,8 millions d’euros qu’il verrait bien réaffectés à « des investissements plus productifs » (logements sociaux ou écoles). Maxi Piselli, très attaché à un projet qui sera, il l’assure, « financé à hauteur de 35 à 40 % par le Conseil général [du Var] », annonce dans la foulée que la délibération est adoptée à l’unanimité. « Nous votons contre », lui rappelle dépité Claude Roux. L’édile rectifie, sans trop savoir s’il y a cinq ou six voix dans l’opposition... L’absence de vote ne semble pas faciliter leur décompte.

19h36 Mireille Zanoti, conseillère de la majorité, tente sans succès d’allumer le chauffage.

19h42 Un « Oh ! » d’indignation, le premier et le dernier, s’élève du public lorsque Roger Esquier mouche Max Piselli.

19h48 Le maire s’accorde à son tour une pause.

19h52 Max Piselli regagne son siège en enfilant son manteau.

19h55 Constat : la moitié du public a déjà quitté le conseil.

19h59 Max Piselli lance un coup d’œil intéressé sur le postérieur de Fabienne Lemaire, qui traverse la salle pour emprunter Séduction provençale à Encarnacion Martinez. A la décharge de l’édile, la conseillère municipale est particulièrement callipyge !

20h28 Roger Esquier, désabusé et furieux, quitte définitivement le conseil. L’indifférence bon enfant affichée jusque-là par Max Piselli vis-à-vis de son opposition s’est transformée en mépris à l’occasion de la délibération 23. Prévoyant d’accorder des subventions exceptionnelles à certaines associations, l’élu socialiste souhaite que le Secours populaire soit ajouté à la liste. Ce que refuse catégoriquement Max Piselli : « Il n’en a pas fait la demande. De plus, la décision de ses membres de sortir Mme Jeudy (conseillère municipale UMP) de leur dernière assemblée générale, alors qu’elle représentait le maire, m’a fort déplu. Je veux bien reprendre contact avec eux, mais ils doivent changer d’orientation. Ce sont des gens proches de vous, voire plus à gauche ! » Réactions d’indignation dans l’opposition. Même Liliane Gitelman (PS), jusque-là totalement muette, se fend d’un « le bon donneur de leçon ! ». Mais rien ne fera revenir le maire sur sa décision.

20h32 Insensible au drame qui se joue, Isabelle Orlandini, 11e adjointe en charge du tourisme, se lève pour emprunter à son tour le magazine municipal. Quatre minutes plus tard, elle achève sa lecture.

20h40 Grand prince, Max Piselli clôt la séance en souhaitant une « sincère bonne année à l’opposition ».

FICHE TECHNIQUE / DRAGUIGNAN

- 38.000 habitants, 1ère ville de garnison de France, sous-préfecture du Var, 3e ville du département.

- Le maire : Max Piselli, réélu en 1995 après un premier mandat en 1988, vice-président du Conseil général du Var, président de la Communauté d’agglomération dracénoise.
- La majorité : 29 élus UMP, une élue UDF.
- L’opposition : Un groupe socialiste de 9 élus.

- Le conseil municipal soumis au test du Ravi :
- Durée : 2 heures 35 minutes.
- Présents : 21 élus de la majorité, 4 élus de l’opposition.
- Temps de parole cumulé de l’opposition : 52 minutes.
- Le public : une quarantaine de personnes, journalistes compris.

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