Edito

avril 2006
Allez les jeunes !

La France refuse La Réforme. Le pays est bloqué. Incapable d’entrer dans la Modernité. Avec une fonction publique pléthorique, obsédée par la volonté de conserver ses privilèges, défendue par des syndicats Archaïques. Et une jeunesse qui a Peur, elle aussi, de s’adapter aux réalités Incontournables du monde du Travail et de l’Entreprise. Pour preuve : le spectacle désolant, durant plus de deux mois, de ces manifestations à répétition contre le Contrat première embauche. Nos voisins européens, eux, ont compris que la Flexibilité est un mal nécessaire…

C’est du moins ce que nous expliquent de subtils éditorialistes, de brillants analystes, d’élégants présentateurs de journaux télévisés.

Rien de moins figé, pourtant, que la jeunesse dans la rue. Rien de plus rafraîchissant que ces lycéens et étudiants, sous un soleil printanier, renvoyant à leurs études ces Messieurs si pressés d’institutionnaliser la précarité. Rien de plus prometteur que cette capacité, dans les classes et les amphithéâtres occupés, à redonner du sens aux mots : débat, démocratie, engagement, action collective… Rien de plus encourageant que la solidarité qu’expriment leurs aînés, prêts à donner de leur temps, de leur salaire et de leur personne, en défilant à leur côté. Loin de tout corporatisme.

Les jeunes ne veulent pas être de simples variables d’ajustement. Grand bien leur fasse ! Il va leur falloir, ainsi qu’aux générations suivantes, être opiniâtres…

En 2040, 1 Français sur 3 aura plus de 60 ans. Cette perspective a servi d’argument au gouvernement Raffarin, en 2003, pour réviser à la baisse les retraites en dépit d’imposantes manifestations. Afin de faire face au « vieillissement » de la population, il serait nécessaire de se serrer la ceinture. Pourtant le choc démographique annoncé cache une perspective positive : un immense rajeunissement de la population active, avec ses promesses de changement et de dynamisme. Cela peut être une chance à condition, entre autres, de ne pas multiplier les obstacles au début de la vie professionnelle. Avant même l’invention du CPE, l’intégration dans un emploi stable a déjà reculé de 9 ans au cours des trente dernières années.

Soyez réalistes, demandez l’impossible ! Avec ou sans CPE, il y a urgence. Quand l’espoir est en berne, quand l’utopie n’est plus de mise, on ne défile ni ne revendique plus : on casse.

le Ravi

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