Un vote peut en cacher un autre…

mai 2007
Sarko versus Ségo. Le duel annoncé a donc bien eu lieu : l’homme de la « rupture » libérale, qui propose en fait d’amplifier la politique du gouvernement sortant, face à la femme du « changement » tranquille, qui veut défendre une social-démocratie à la française, un réformisme « apaisé » prônant « ordre juste » et « sécurité durable »… Sarko : porte-drapeau d’une droite dure souhaitant en finir avec « l’assistanat » et « l’étatisme » pour « libérer l’initiative ». Il se montre capable de séduire, en stigmatisant l’immigration notamment, une partie de l’électorat populaire jusqu’à lors acquis au Front national. Ségo : héroïne d’un socialisme « moderne » voulant atténuer les effets de la libre concurrence sans entraver son efficacité, au service d’un « pacte gagnant/gagnant » conciliant « désir d’entreprendre » et « justice sociale »… Elle défend une vision très « centre gauche » au final assez voisine des conceptions, très « centre droit », défendues par François Bayrou. Mais ce dernier s’appuie sur des troupes classiquement conservatrices, comme le prouve le ralliement à Sarkozy de la quasi-totalité des députés UDF. C’était juste avant le second tour dont vous connaissez peut-être déjà l’issue…

Stop ou encore ? En Paca, le 22 avril, l’extrême droite s’est effondrée partout. Ce dont on ne peut que se réjouir. Et dans un effet de balancier quasi-mécanique, la droite, désavouée en 2004 lors des élections régionales, obtient avec Sarkozy son meilleur score en France : 37 %. Le parti socialiste, avec Royal, ne réitère pas dans la région la contre performance de Lionel Jospin en 2002. Mais la logique du vote utile lamine tous les autres candidats progressistes, renvoyant à la marginalité le PCF, les Verts, et les différents courants de la nébuleuse anti-libérale. Ras-le-bol de toutes ces batailles, professions de foi, joutes oratoires ? Ec?urés par des résultats peu conformes à vos espérances ? Satisfaits à l’inverse du devoir accompli ? Ne croyez pas que l’heure a sonné de la pêche à la ligne. En ce mois de mai, une nouvelle campagne électorale commence pour désigner nos députés les 10 et 17 juin prochains. Le risque est grand, comme au lendemain d’un repas trop arrosé, que les électeurs se payent une belle gueule de bois. Certains pourraient déserter à nouveau les urnes ou négliger d’examiner le programme et la personnalité des candidats. Les enjeux du scrutin sont pourtant nombreux. Il s’agit de désigner les hommes et les femmes qui font les lois et représentent nos territoires. De plus, le nombre de voix obtenu par chaque parti détermine le montant de l’aide financière publique qui leur sera accordé. Donc la capacité de faire entendre leurs idées au cours des cinq années à venir. Leurs idées ?

le Ravi

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