Ce mois-ci dans le Ravi

Justice nulle part ?

L’enquête
le 3/02/2017

Alors que, partout, la police quadrille un pays toujours placé en état d’urgence, la justice, plus que jamais sollicitée, lente et inégalitaire, semble condamnée à la misère. Réclamons justice ! 5 pages d’enquête, de reportage, d’analyse et de dessins.

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Etrange paradoxe. Plus que jamais, du modeste citoyen aux personnalités les plus en vue, tout le monde réclame une justice rapide, fiable, accessible, équitable. Pourtant, sous-dotés financièrement, les tribunaux manquent à la fois de moyens matériels et humains. Le constat est connu mais notre enquête l’atteste à nouveau : en Provence Alpes Côte-d’Azur, la vétusté des bâtiments rivalise avec la lenteur de l’instruction des affaires.

Ce n’est pas tout ! Qui dit « justice » évoque, en théorie, un idéal où des règles communes s’appliquent à tous égalitairement. François Fillon a beau avoir « confiance dans la justice », espérant qu’elle le dédouanera de sa passion familiale pour les emplois fictifs, il y a quelques écarts entre la théorie et la pratique. Si sous le mandat Hollande, les juges ont moins été entravés qu’avec Sarkozy, les affaires touchant les élus sont toujours instruites au ralenti.

Surtout, alors que la prolongation à répétition de l’état d’urgence installe dans la durée un régime d’exception, le spectacle dans les tribunaux est celui d’un monde cruellement inégalitaire : une justice expéditive y sanctionne à la chaine les plus pauvres, là même où les victimes les moins fortunées peinent à faire valoir leurs droits. Et avec la multiplication des lois sécuritaires engorgeant les prisons, meilleures pépinières de la délinquance, le constat est clair : la justice est à la peine.

Michel Gairaud

Au sommaire de l’enquête « Justice nulle part ? », publiée dans le Ravi n°148, daté février 2017) Actuellement chez les marchands de journaux en Paca :
p. 10 "Abus de pouvoirs" (politiques versus magistrats)
p. 11 "Demandez le programme" (la justice dans la présidentielle)
p. 12 "Du mariage de la robe et du képi" (juges versus policiers)
p. 12 La justice au turbin (comparutions immédiates)
p. 13 "Selon que vous serez puissants ou misérable"
p. 13 Strip de Yakana : "Objectif Top Juge"
p. 14 "Des tribunaux condamnés à la misère"
p. 14 "Tout faire pour éviter la case prison" : une tribune de Amid Khallouf, de l’Observatoire international des prisons.

Les bouilleurs de cru

L’édito
le 3/02/2017

Pendant que, de Primaire en Primaire, les électeurs prennent un malin plaisir à démentir tous les pronostics des sondeurs et que François et Pénélope Fillon se débattent face aux soupçons d’emplois fictifs, une affaire révélée par Mediapart passe étonnement inaperçue. Elle met en lumière d’étranges pratiques dans les discrets couloirs du palais du Luxembourg. Les sénateurs du groupe UMP ont détourné durant douze ans plus de dix millions d’euros d’argent public. Débordants d’imagination, les élus de droite de la haute assemblée ont inventé des noms de code afin de qualifier entre initiés leurs petits arrangements : le classique « étrennes », le boutiquier « ristournes », le culinaire « pizzas », le désuet « bouilleurs de cru ».

Deux juges enquêtent, entravés par les délais de prescription et des mécanismes sciemment opaques, sur des faits de « détournements de fonds publics » et de « recel ». Parmi les bénéficiaires, au côté de l’inévitable François Fillon, l’on trouve tout en haut de la liste les débonnaires Jean-Claude Gaudin et Hubert Falco. Si tous affirment avoir ainsi financé des activités politiques, de nombreux indices attestent pourtant que l’argent a fuité sur des comptes personnels. Mais au fait, qu’est-ce qu’un bouilleur de cru ? C’était le privilège, transmis par héritage, de distiller de l’alcool sans payer de taxes : celui de s’exempter des règles communes. C’est aussi ce qu’ont fait, à Bruxelles, les élus du Front national soupçonnés « d’escroqueries en bande organisée ». Et c’est pourquoi le Parlement européen exige que Marine Le Pen rembourse 300 000 euros détournés pour des emplois fictifs…

Au sommaire du Ravi n°148, février 2017

le - 3/02/2017 -

La « grosse » enquête Justice nulle part ? Alors que, partout, la police quadrille un pays toujours placé en état d’urgence, la justice, plus que jamais sollicitée, lente et inégalitaire, semble condamnée à la misère. 5 pages d’enquêtes, de reportage, d’analyse et de dessins. Séquence enquêtes Le social à la sauce Macron Réconcilier social et économie : c’est le credo du groupe SOS et de son patron, Jean-Marc Borello, un proche de Macron qui pèse de (...)

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