Ce mois-ci dans le Ravi

Ces morts qui nous gouvernent

L’enquête
le 7/05/2016

Les fantômes de Defferre, Médecin, Arreckx hantent Marseille, Nice, Toulon. Retour vers le futur pour un exercice d’archéologie politique de décryptage des dysfonctionnements de la démocratie locale.

Qui se souvient de Gaston Defferre, de son fameux chapeau déposé sur son cercueil lors de ses obsèques nationales, il y a tout juste 30 ans, le 12 mai 1986 ? Qui se rappelle de Jacques Médecin, de ses fameuses lunettes aux verres teintés, de son exil en Uruguay pour fuir de multiples condamnations pour corruption ? Qui pourrait décrire les deux anciens hommes politiques forts du Var, le « vieux lion » de Draguignan, Edouard Soldani et l’inamovible maire de Toulon, Maurice Arreckx, qui finira sa carrière par un petit séjour aux Baumettes ? Probablement pas les lycéens qui battent le pavé en passant leurs premiers examens de citoyenneté politique !

Les fantômes de ces quatre bonshommes hantent pourtant les assemblées municipales de Marseille, Nice, Toulon et Draguignan, ville qui fut en un autre siècle la préfecture varoise. Ils ont bien sûr chacun de nombreuses spécificités mais leur point commun c’est sans doute d’avoir érigé la pratique du clientélisme au rang de discipline scientifique. L’héritage de Defferre, de Médecin et d’Arreckx, qu’il soit revendiqué ou nié, pèse toujours lourd dans le fonctionnement et le dysfonctionnement des trois grandes métropoles régionales. D’où notre petit exercice d’archéologie politique : fouiller le passé pour mieux comprendre les fondations du présent.

Michel Gairaud

Au sommaire de l’enquête « Ces morts qui nous gouvernent », publiée dans le Ravi n°140, datée mai 2016) Actuellement chez les marchands de journaux en Paca :
p. 8 "La stature du commandeur" (30 ans après sa mort l’ombre de Defferre sur Marseille...)
p. 9 Le maire, le bourgeois et la bagnole
p. 10 "Estrosi n’a pas tué le père" (l’héritage médecin à Nice)
p. 10 Au royaume du borgne (le patriarche Jean-Marie le Pen au FN)
p. 11 "Ce système n’est pas démocratique", entretien avec Pierre Tafani, auteur de "Les clientèles politiques en France"
p. 11 Strip de Yakana : "les mystères de l’île de Paca"
p. 12 Parrains varois (les fantômes d’Arreckx et Soldani)
p.12 Tribune libre de Donato Pelayo de l’Aggliorieuse : "Georges Frêche, Ubu-Roi montpelliérain"

Rêve général

L’édito
le 7/05/2016

« En période d’état d’urgence, ce devrait être interdit de manifester. » Avec la franchise qui le caractérise, Christian Estrosi a exprimé haut et fort, sur France Info, un souhait largement partagé aussi bien au sein du gouvernement socialiste, de son opposition Républicaine qu’au Front national où l’on aime les défilés mais en ordre bien serré. Ah le temps béni où, après les attentats de Paris, il était si facile de circonscrire le moindre rassemblement durant la conférence internationale sur le climat ! Les dangereux activistes, les doux rêveurs écolos, les manifestants dangereusement rêveurs, n’avaient qu’à bien se tenir au nom de l’union nationale face à la menace terroriste…

Quoi qu’on pense de Nuit Debout, de ses limites, de son avenir, de sa capacité à favoriser la « convergence des luttes », de sa prétention à réduire la fracture sociale entre le centre des villes et leurs périphéries, le mouvement a d’ores et déjà réussi son pari : réinvestir l’espace public, relancer la machine à débattre, réaffirmer le besoin de « faire politique » en commun, réinventer des utopies mobilisatrices. Du mot d’ordre de « rêve général » à celui d’une grève tout aussi « générale » pour faire obstacle à la loi travail « et à son monde », il n’y a pas de doutes : nous sommes bien en mai.

Au sommaire du Ravi n°140, mai 2016

le - 7/05/2016 -

La « grosse » enquête Ces morts qui nous gouvernent Les fantômes de Defferre, Médecin, Arreckx hantent Marseille, Nice, Toulon. Retour vers le futur pour un exercice d’archéologie politique de décryptage des dysfonctionnements de la démocratie locale. 5 pages d’enquêtes, de reportages, d’analyses et de dessins. Séquence enquêtes 50 nuances de (vert de) gris Des identitaires aux royalistes en passant par les « nostalgériques » et même d’authentiques néo-nazis, (...)

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