Ce mois-ci dans le Ravi

Partis politiques : état de recomposition avancée

L’enquête
le 3/10/2014

Qu’ils dégagent tous ? Mais pour quoi faire ensuite et au profit de qui ? Les partis sont en crise et avec eux notre capacité à prendre en main nos affaires communes.

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A gauche, c’est la crise finale ! La défaite au Sénat n’en est qu’un épisode de plus. La Haute Assemblée avait basculé à gauche en 2011, pour la première fois dans l’histoire de la Vème République. Son retour à droite indiffère pourtant le tandem Hollande-Valls. C’est que la nouvelle majorité pourrait in fine leur apporter un soutien moins compté que la précédente, indocile, qui additionnait communistes, écologistes et radicaux de gauche.

Le Front de gauche est au bord de l’explosion, tiraillé entre des stratégies électorales qui opposent le PCF, replié sur ces rares bastions, et le petit parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, qui préfère désormais s’adresser directement au « peuple » plutôt que par l’intermédiaire de son propre parti. Le NPA est redevenu clandestin et inaudible. Les écologistes sont toujours divisés vis-à-vis des compromis utiles, ou non, à faire avec le PS. Les partisans d’une « Nouvelle Donne » se cherchent encore et il n’y a pas en France d’initiative citoyenne du type « Podemos »

A l’UMP, Nicolas Sarkozy bénéficie du goût des militants pour l’homme providentiel. Mais hors du parti, son retour en politique, alors qu’il est lié à de nombreuses affaires, enthousiasme peu. Le cœur de la droite balance entre l’envie de fraterniser avec son extrême et celle de rebâtir un projet sur des bases plus républicaines. Une franche hostilité - sur le mode « qu’ils dégagent tous ! » - est l’opinion la mieux partagée à l’égard des partis. L’horizon est donc dégagé pour un FN toujours minoritaire mais qui, lui, réussit encore à mobiliser toutes ses troupes.

Pour remonter, il faut parfois d’abord toucher le fond. Nous y sommes. La grande recomposition qui débute dépasse les cadres partisans : l’enjeu c’est notre capacité à s’associer pour prendre en main un destin commun, c’est celle à pouvoir refaire ensemble « politique ».

Michel Gairaud

Au sommaire de la grosse enquête « partis politiques : état de recomposition avancée », dans le Ravi n°122, daté octobre 2014, actuellement chez les marchands de journaux en Provence Alpes Côte d’Azur.
Page 10 & 11 Recherche gauche désespérément
Page 11 « Hollande forever »
Page 12 L’UMP mal à droite
Page 12 La gauche ? Au fond, à droite
Page 13 Le PS 13 dans tous ses états généraux

La ligne noire

le 3/10/2014

Notre région est toujours à la pointe de l’innovation. Les deux uniques sénateurs d’extrême droite de France, et de l’histoire de la Vème République, se sont fait élire en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Et encore ! Si le FN et les époux Bompard avaient réussi à s’entendre dans le Vaucluse, la Paca aurait sans peine envoyé trois frontistes sous les dorures du palais du Luxembourg. David Rachline, 26 ans, maire de Fréjus, est donc désormais le benjamin de la Haute Assemblée accompagné par Stéphane Ravier, maire du 7ème secteur de Marseille.

Cela était-il joué d’avance dans une élection indirecte où pèse pour l’essentiel le vote des conseillers municipaux et de leurs délégués ? Ce n’est jamais aussi simple lors d’une sénatoriale ! Stéphane Ravier pouvait compter sur 210 voix. Il en a recueilli 431. David Rachline a cumulé 401 suffrages là où il aurait dû en rassembler 215. Dans le Vaucluse, le FN a obtenu 137 voix au lieu des 90 attendues…

En clair, dans les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse, 444 « grands » électeurs, officiellement non affiliés au FN, ont plébiscité le parti Lepéniste. Qui sont-ils ? Probablement de nombreux « petits » élus sans étiquette. Mais aussi des élus UMP ayant franchi la ligne noire : une dérive à l’image de celle d’une partie de leurs électeurs dans une région où le vote FN capte pour l’essentiel les suffrages de classes moyennes radicalisées. L’entrée au Sénat de l’extrême droite ne bouleverse pas la donne politique. Mais elle la banalise dangereusement une fois de plus.

le Ravi

Au sommaire du Ravi n°122, octobre 2014

le - 3/10/2014 -

La grosse enquête Partis politiques : état de recomposition avancée Qu’ils dégagent tous ? Mais pour quoi faire ensuite et au profit de qui ? Les partis sont en crise et avec eux notre capacité à prendre en main nos affaires communes. 4 pages d’enquête, d’analyse, de reportage et de dessins. Les enquêtes De l’eau dans le gazoduc Le projet de gazoduc « Eridan », qui traverse Vaucluse et Bouches-du-Rhône, suscite de nombreuses oppositions, fédérant associations et (...)

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